L'Esprit Éditorial
Élever ses enfants dans la foi · Semaine 3 : Les porter à Jésus

Laissez venir à moi les petits enfants

« Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. »
Marc 10:14

La scène est familière, et pourtant elle bouscule. Des parents apportent leurs enfants à Jésus pour qu'il les touche ; les disciples, persuadés de bien faire, les repoussent, comme si le Maître avait mieux à faire que de s'occuper de petits. C'est le seul endroit de l'Évangile où l'on nous dit expressément que Jésus fut indigné. Ce qui le heurte n'est pas le bruit des enfants ; c'est qu'on les écarte de lui. Retenons-le, le cœur de Jésus s'irrite quand on empêche un petit d'approcher. Aucun âge n'est trop tendre, aucune place trop encombrée, pour qu'un enfant vienne jusqu'à lui.

Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent.(Marc 10:14) Tout le rôle du parent croyant tient peut-être dans ce geste : déblayer les obstacles et conduire l'enfant jusqu'à Jésus, sans prétendre fabriquer sa foi. Nous ne sommes que ces parents anonymes qui portent leurs petits vers lui, dans les bras de la prière, et qui les déposent là où lui seul peut poser la main. Notre affaire est de transporter, la sienne de transformer. Nous amenons ; c'est lui qui touche, qui bénit, qui garde. Et jamais il ne renvoie l'enfant qu'on lui apporte.

Note aussi ce que Jésus dit du royaume : il appartient à ceux qui ressemblent à ces petits. L'enfant n'a pas d'abord à devenir un adulte religieux ; c'est plutôt l'adulte qui doit redevenir enfant pour entrer. Or qu'a un petit à offrir ? Rien, sinon des mains vides et une confiance qui reçoit tout. C'est la posture même de la grâce. Nous croyons apprendre la foi à nos enfants, et souvent ce sont eux qui nous réapprennent à recevoir sans l'avoir mérité, à faire confiance sans calculer. Dans cette classe-là, le maître se tient parfois du côté du plus petit.

Il y a dans ce texte une grande consolation pour les parents qui doutent de la maturité de leurs enfants. Jésus n'exige pas des petits une théologie achevée avant de les accueillir. Marc le note quelques lignes plus loin : Puis il les prit dans ses bras, et les bénit, en leur imposant les mains.(Marc 10:16) Le lien avec lui ne dépend pas du moment où l'enfant comprend tout ; il naît dès qu'une main plus grande le porte jusqu'à Celui qui l'attend. Notre foi peut couvrir la leur, le temps qu'elle éclose. Nous croyons, et nous les portons dans notre croyance, jusqu'au jour où ils croiront pour eux-mêmes.

Cette semaine, pose vraiment ce geste. Prends le nom de chacun de tes enfants et porte-le à Jésus dans la prière, un à un, comme on couche un petit dans des bras sûrs. Nomme devant lui ce qui t'inquiète et ce que tu espères pour eux, puis desserre les mains : ils sont plus en sûreté auprès de lui que dans ton anxiété. Élever ses enfants dans la foi, au fond, c'est passer sa vie à les conduire vers Celui qui les aime déjà, sans jamais se lasser de répéter : laissez-les venir à lui.

Prière

Seigneur Jésus, toi qui t'es indigné qu'on écarte les petits, je t'apporte mes enfants. Je ne peux pas transformer leur cœur, mais je peux les conduire à toi ; reçois-les dans tes bras, touche-les, bénis-les. Apprends-moi leur confiance d'enfant, et garde-les jusqu'au jour où ils croiront pour eux-mêmes. Amen.