L'Esprit Éditorial
L'Avent : Préparer le Cœur à Noël · Semaine 2 : Le oui qui accueille

Qu'il me soit fait selon ta parole

« Marie dit : Je suis la servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon ta parole. Et l'ange la quitta. »
Luc 1:38

Entre la promesse des prophètes et la crèche, il y a une jeune femme qui dit oui. L'Avent nous conduit maintenant à Nazareth. Une vie obscure, sans poids aux yeux du monde, et c'est là que Dieu frappe. Le détail devrait nous arrêter : le Très-Haut ne cherche pas d'abord un palais, il vient dans le quotidien d'une inconnue. La grâce choisit les petits, et elle ne force personne. Elle attend un cœur qui s'ouvre.

Marie ne comprend pas tout, loin de là. Elle a d'abord été troublée, et elle a posé sa question : Marie dit à l'ange: Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme?(Luc 1:34) La foi n'est pas l'absence de questions ; c'est la confiance qui tient bon au milieu d'elles. Puis vient sa réponse, où chaque mot pèse : « Je suis la servante du Seigneur. » Le terme grec, doulê, dit une disponibilité entière, celle de qui remet sa vie entre les mains d'un autre. Marie ne se met pas au centre. Elle se range au service d'un dessein plus grand qu'elle.

Marie dit : Je suis la servante du Seigneur ; qu'il me soit fait selon ta parole. Et l'ange la quitta.(Luc 1:38) Voilà le cœur de tout accueil de Dieu. Elle ne dit pas : « Voici mon plan, bénis-le. » Elle dit : que ta parole s'accomplisse en moi. C'est l'inverse exact de notre réflexe, qui voudrait plier Dieu à nos projets. Ce oui lui coûte : il l'expose au soupçon des siens et au scandale d'une grossesse que nul n'expliquera. Recevoir Dieu bouscule toujours nos calculs. Et c'est par le consentement d'une servante que le Sauveur du monde entre dans notre histoire.

Il y a là un écho impossible à manquer. Le consentement de Marie annonce de loin celui de son Fils à Gethsémané : Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne.(Luc 22:42). La mère consent à recevoir la vie ; le Fils consentira à donner la sienne. Ce second oui, celui de la croix, est celui qui sauve. Non le mérite de Marie, mais l'œuvre de Celui qu'elle a porté. Noël nous invite à recevoir un don, pas à fabriquer notre propre salut.

Cette semaine, cherchez l'endroit de votre vie où Dieu attend un oui. Pas un exploit héroïque : un consentement concret, tout simple. Renoncer à vouloir tout tenir, ou ouvrir une porte que vous gardiez close, ou laisser Dieu écrire une ligne que vous n'aviez pas prévue. Reprenez la parole de Marie et faites-en votre prière : « qu'il me soit fait selon ta parole. » C'est ainsi que le Sauveur trouve à naître. Pas dans une vie déjà parfaite, mais dans un cœur qui s'ouvre.

Prière

Seigneur, comme Marie, je ne comprends pas tout de tes chemins, et j'ai mes questions. Pourtant je veux apprendre à te dire oui. Délivre-moi du besoin de tout maîtriser, de ramener tes desseins à la taille des miens. Que ta parole s'accomplisse en moi, là où je ne l'attendais pas. Je suis ton serviteur ; qu'il me soit fait selon ta parole. Amen.