L'Esprit Éditorial
Les Fruits de l'Esprit, un par jour · Semaine 2 : La paix et la patience du Christ en nous

Une paix que le monde ne peut donner

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s'alarme point. »
Jean 14:27

Jésus prononce ces mots la veille de sa mort, dans la chambre haute, à quelques heures de Gethsémané et de la croix. Un condamné parle de paix à des hommes qui vont bientôt trembler. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s'alarme point.(Jean 14:27) Le possessif compte : ma paix. Il ne livre pas une recette de sérénité, il lègue la sienne, comme on laisse un héritage. La paix de l'Esprit n'a rien d'une méthode antistress ; c'est la tranquillité de Christ lui-même venant habiter le disciple.

Et il prend soin de la distinguer de celle du monde : la sienne ne se donne pas à la manière des hommes. La paix du monde n'est qu'une trêve, une absence de conflit tant que tout va bien, un calme qui s'évapore dès que la mauvaise nouvelle tombe. Celle de Christ ne dépend pas des circonstances, parce qu'elle tient à une œuvre déjà accomplie. Puisque tout est achevé à la croix, puisque nous voilà réconciliés avec Dieu, plus rien ne peut nous arracher à son amour. La paix chrétienne n'est pas l'absence de tempête ; c'est une ancre jetée par-dessous.

Que votre cœur cesse de se troubler, dit-il encore. Ce n'est pas un ordre jeté à des nerfs déjà à vif, comme si l'on décidait de ne plus avoir peur. C'est une invitation : laisser cette paix prendre la place que l'angoisse occupait. Un cœur troublé ne se calme pas à force de se raisonner seul ; il s'apaise en se tournant vers Celui qui parle de sa paix. Non par volonté tendue, mais par la présence de quelqu'un.

De cette paix naît la patience. Le grec dit makrothumia, mot à mot le cœur long, l'âme qui prend son temps avant de s'enflammer. C'est la patience de Dieu lui-même, lui qui use envers nous d'une longue patience et ne veut voir personne se perdre. Qui a reçu la paix de Christ supporte les délais, les gens difficiles et ses propres lenteurs sans s'aigrir, car il n'est plus pressé de se sauver lui-même : il l'est déjà. La patience de l'Esprit n'est pas de la résignation ; c'est cette paix qui tient dans la durée.

Cette semaine, chaque fois que ton cœur se trouble, ne commence pas par bagarrer contre l'angoisse : tourne-toi vers Celui qui te lègue sa paix, et reçois-la comme un don plutôt que comme un exploit. Et là où quelqu'un t'exaspère, rappelle-toi le cœur long de Dieu à ton égard, puis laisse l'Esprit allonger le tien. On ne conquiert ni la paix ni la patience ; on les reçoit de Christ, et elles finissent par déborder.

Prière

Seigneur Jésus, tu me lègues ta paix, celle que le monde ne peut ni donner ni reprendre. Quand mon cœur se trouble, apprends-moi à ne pas lutter seul mais à me tourner vers toi. Allonge mon cœur trop court à la mesure de ta patience envers moi, pour que je supporte les autres comme tu me supportes. Au nom de Jésus, amen.