L'Esprit Éditorial
Lire Toute l'Épître aux Romains · Semaine 2 : Aucune condamnation (Romains 5 à 8)

Aucune condamnation

« Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. »
Romains 8:1

À la fin du chapitre 7, Paul avait crié sa misère : Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort?(Romains 7:24). Il ne s'enfonce pas pour autant ; il éclate en libération. Tout tient dans ce petit « donc » : puisque Christ a fait ce que la loi ne pouvait pas faire, il n'y a plus, maintenant, aucune condamnation. Le mot grec katakrima ne dit pas un simple sentiment de culpabilité ; il dit la sentence, le verdict prononcé contre un coupable. Et ce verdict, pour le croyant, est déjà tombé. Non qu'il soit devenu innocent : la sentence a frappé un Autre à sa place, à la croix.

Paul appuie sur le présent : maintenant. La condamnation n'est pas levée dans un avenir lointain, le jour où nous aurions enfin assez progressé. Elle l'est aujourd'hui, pour ceux qui sont en Christ. Voilà ce qui sépare l'Évangile de toute religion de l'effort : le verdict ne dépend pas de nos performances à venir, il est déjà rendu en notre faveur. Le chrétien ne travaille pas pour être acquitté, il travaille parce qu'il l'est déjà. C'est de ce renversement que naît la liberté du chapitre 8.

Les chapitres 5 à 8 forment une montée. La paix avec Dieu par la justification, la grâce qui règne là où le péché avait abondé, la mort de l'ancien homme, enfin la vie dans l'Esprit qui nous fait crier « Abba, Père ». On y respire. Le pasteur aime rappeler cette confiance filiale : Dieu n'est pas d'abord un juge à apaiser, il est un Père qui nous a adoptés. Et Paul culmine dans une certitude, celle qu'aucune chose créée ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ. La condamnation ôtée ne procure pas qu'un soulagement ; elle ouvre sur une appartenance qui ne se perd plus.

Cette semaine, en lisant ces chapitres, mesure la place que la condamnation occupe encore en toi. Tu portes peut-être un verdict que Dieu, lui, a déjà annulé. Chaque fois que la voix de l'accusation reviendra, réponds-lui par le texte : Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ.(Romains 8:1). Non parce que tu as bien fait, mais parce que Christ a tout accompli. Laisse cette parole descendre du raisonnement jusqu'au cœur. Un enfant qui sait son Père désarmé de toute condamnation ne vit plus de la même manière ; il aime et il sert autrement.

Prière

Père, merci : en Christ, le verdict contre moi est déjà tombé sur lui. Délivre-moi de vivre encore en condamné alors que tu m'as fait fils. Que l'Esprit me fasse crier vers toi avec confiance, et que rien ne me sépare de ton amour. Amen.