L'Esprit Éditorial
Redécouvrir la Sainte Cène · Semaine 3 : Jusqu'à ce qu'il vienne

Vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne

« Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne. »
1 Corinthiens 11:26

La table du Seigneur ouvre sur trois horizons. Elle regarde en arrière, vers la croix où Christ a tout accompli. Elle regarde le présent, la communion avec lui et entre frères. Et elle regarde plus loin, vers le jour de son retour. Paul le résume d'une phrase : chaque fois que nous mangeons ce pain et buvons cette coupe, nous annonçons la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne. La Cène n'est pas un adieu qu'on répéterait indéfiniment. C'est une promesse tendue vers son accomplissement. Ce n'est pas un absent que nous commémorons ; c'est un vivant que nous attendons, ressuscité dans son corps, et qui a promis de revenir.

Ces quatre mots, jusqu'à ce qu'il vienne, posent une date de fin sur la Cène elle-même. Un jour, il n'y aura plus de pain rompu pour faire mémoire, car Celui dont on se souvient sera là, en personne, à la table. Jésus l'avait dit le soir même : il ne boirait plus du fruit de la vigne avant de le boire nouveau dans le royaume de son Père. Chaque coupe partagée ici-bas est donc une avance, un avant-goût des noces de l'Agneau. Nous mangeons en voyageurs, debout, le visage tourné vers la maison. Déjà la table d'aujourd'hui reçoit un reflet du festin qui vient.

Cette espérance déteint sur toute la semaine, et pas seulement sur le moment de la Cène. Qui attend le retour du Seigneur ne s'installe pas dans ce monde comme s'il devait durer. Nos larmes ne sont pas niées, car la Bible ne promet aucune vie sans deuil ni combat ; elles sont datées, elles ont un terme. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu.(Apocalypse 21:4) L'espérance chrétienne ne ferme pas les yeux sur la souffrance ; elle la traverse en sachant qui aura le dernier mot. La coupe que nous buvons dit à la fois une mort déjà subie pour nous et une joie encore promise.

Il faut le redire : cette espérance ne tient pas à nos forces ni à l'intensité de notre attente. Ce n'est pas notre fidélité qui fait revenir le Seigneur, c'est la sienne qui garantit sa venue. En prenant la coupe, nous n'annonçons pas notre mérite, mais la mort du Seigneur, son œuvre à lui et non la nôtre. L'espérance logée dans la Cène est aussi gratuite que le salut qu'elle célèbre. Elle ne se gagne pas, elle se reçoit, comme le pain qu'on nous dépose dans la main. Et c'est pour cela qu'elle tient : ce qui repose sur Dieu seul, personne ne peut nous l'arracher.

Cette semaine, laisse l'horizon du retour éclairer tes journées. Devant une épreuve qui paraît sans issue, souviens-toi que la coupe dit : jusqu'à ce qu'il vienne. Devant la lassitude d'être fidèle, rappelle-toi que tu n'attends pas dans le vide, mais un Sauveur qui s'est engagé. Pose un geste d'espérance bien réel : encourage un frère qui ploie, tiens une promesse que tu avais faite, refuse le cynisme qui cherche à s'installer. Et la prochaine fois que tu prendras le pain et la coupe, prends-les en voyageur qui sait où il va, cette vieille prière au cœur : Celui qui atteste ces choses dit: Oui, je viens bientôt. Amen! Viens, Seigneur Jésus!(Apocalypse 22:20)

Seigneur Jésus, tu es mort pour moi, tu es ressuscité, et tu as promis de revenir. Ancre mon espérance dans ta fidélité plutôt que dans mes forces. Quand la nuit s'allonge, rappelle-moi que ma peine a une date et que ta joie m'est promise. Garde-moi en marche vers ta table éternelle. Viens, Seigneur Jésus. Amen.

Prière

Seigneur Jésus, tu es mort pour moi, ressuscité, et tu as promis de revenir. Ancre mon espérance dans ta fidélité plutôt que dans mes forces. Quand la nuit s'allonge, rappelle-moi que ma peine a une date et ta joie m'est promise. Viens, Seigneur Jésus. Amen.