L'Esprit Éditorial
Rencontrer Jésus dans l'Évangile de Jean · Semaine 2 : « Je suis la lumière du monde »

Celui qui me suit aura la lumière de la vie

« Jésus leur parla de nouveau, et dit: Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. »
Jean 8:12

Sept fois dans l'évangile de Jean, Jésus prononce ces deux mots et les fait suivre d'une image : le pain de vie, la lumière du monde, la porte, le bon berger, la résurrection, le chemin, le cep. On croirait d'abord une métaphore. C'est en réalité un écho. Ces mots, « Je suis », sont le Nom que Dieu révéla à Moïse depuis le buisson : Dieu dit à Moïse: Je suis celui qui suis. Et il ajouta: C'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël: Celui qui s'appelle je suis m'a envoyé vers vous.(Exode 3:14) En les reprenant à son compte, Jésus fait plus que bien parler de Dieu ; il se place là où seul Dieu peut se tenir. Rencontrer Jésus dans Jean, c'est tôt ou tard buter sur cette prétention qui donne le vertige, et devoir décider ce qu'on en fait.

Il choisit ici l'image de la lumière, et le moment est bien choisi. On est à la fête des Tabernacles ; on allumait alors de grands chandeliers dans le temple, en mémoire de la colonne de feu qui avait guidé Israël au désert. Devant ces feux qui n'éclairaient qu'un parvis, Jésus ose : Jésus leur parla de nouveau, et dit: Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.(Jean 8:12) Pas la lumière d'un peuple ni d'un temple, mais celle du monde entier. Cette clarté que les nations cherchaient, cette boussole que l'humanité tâtonne pour trouver, il annonce qu'elle a un visage, et que ce visage est le sien.

Cette lumière, pourtant, fait deux choses en même temps, et autant le dire franchement. Elle console, mais elle commence par dévoiler. Entrer dans sa clarté, c'est laisser paraître ce que la nuit nous permettait de cacher, à nous-mêmes autant qu'aux autres. Beaucoup, écrit Jean, ont préféré les ténèbres parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Suivre la lumière du monde réclame donc du courage : celui de ne plus vivre à couvert. Reste la douceur de l'Évangile : cette lumière ne dévoile pas pour condamner celui qui vient à elle ; elle éclaire pour guérir, pour remettre sur sa route celui qui s'était perdu dans le noir.

Remarque enfin le verbe qu'il emploie : suivre. Jésus ne parle pas de celui qui l'admire ou le comprend de loin ; il parle de celui qui marche derrière lui, un pas après l'autre. La lumière ne se possède pas comme un savoir ; on la reçoit en avançant. Le plus souvent, on ne distingue que le pas suivant, et cela suffit : la colonne de feu n'a jamais éclairé tout le désert d'un coup, seulement la marche du jour. Le suivre, c'est accepter de n'avoir de clarté que pour aujourd'hui, et de lui remettre demain.

Cette semaine, ne cherche pas à dissiper toi-même toutes tes ombres. Tu n'es pas la lumière ; lui l'est. Ta part est plus humble, et plus reposante : le suivre. Apporte-lui l'endroit de ta vie où tu avances encore à tâtons, et laisse-le t'y précéder. Jésus leur parla de nouveau, et dit: Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.(Jean 8:12) La promesse n'est pas que la route sera claire d'un bout à l'autre, mais qu'à chaque pas, Celui qui la connaît marchera devant toi.

Prière

Seigneur Jésus, lumière du monde, je viens à toi avec mes parts d'ombre. Ne me laisse pas marcher dans les ténèbres. Éclaire mon pas d'aujourd'hui, dévoile avec douceur ce qui doit l'être, et donne-moi le courage de te suivre sans voir toute la route. Sois ma colonne de feu. Amen.