L'Esprit Éditorial
Traverser l'épreuve avec Job · Semaine 2 : Les consolateurs maladroits et l'espérance du Rédempteur

Je sais que mon Rédempteur est vivant

« Mais je sais que mon rédempteur est vivant, Et qu'il se lèvera le dernier sur la terre. »
Job 19:25

Les trois amis de Job étaient venus avec de bonnes intentions. Sept jours durant, ils se sont tus à ses côtés, et ce silence-là était juste. Le drame commence le jour où ils ouvrent la bouche. Leur théologie tient en une phrase, et c'est là son défaut : si tu souffres, c'est que tu as péché ; repens-toi, et tout rentrera dans l'ordre. C'est faux. C'est même cruel. Voilà un innocent dont ils font un coupable, et sur des épaules déjà pliées ils ajoutent le poids d'une faute qu'ils ont inventée. Quand quelqu'un souffre devant nous, notre première envie est presque toujours d'expliquer. C'est justement elle qu'il faut apprendre à taire.

Combien de blessés ont été achevés par des paroles pieuses ? « Dieu avait besoin de lui », « tout arrive pour une raison », « aie plus de foi et tu seras guéri » : autant de sentences qui croient défendre Dieu en accusant celui qui pleure. Job, lui, refuse ce marché. Il tient à son intégrité sans se dire parfait, et il ose porter sa plainte plus haut que ses amis, jusqu'à Dieu lui-même. L'avertissement du livre nous vise aussi : envers un frère éprouvé, ne devenons pas des consolateurs qui condamnent.

Et c'est du fond de cette nuit, harcelé de tous côtés, que Job lâche la parole la plus lumineuse du livre : Mais je sais que mon rédempteur est vivant, Et qu'il se lèvera le dernier sur la terre.(Job 19:25) Le mot hébreu est go'el : le proche parent qui rachète, celui qui paie la dette du frère ruiné et prend en main la cause de celui qui ne peut plus se défendre. Job ne prétend pas comprendre. Il affirme seulement qu'il a un Défenseur vivant, et qu'à la fin ce Défenseur plaidera pour lui. L'explication lui manque encore ; l'espérance d'un Rédempteur, elle, le tient debout.

Job voyait cela de loin, comme une aube encore sous l'horizon. Nous, nous connaissons son nom. Le Rédempteur est vivant : il s'est levé le troisième jour, dans son corps, la mort n'ayant pas pu le garder. Ce que Job attendait à tâtons dans le noir, la résurrection de Christ l'a rendu sûr. Notre Défenseur ne plaide pas de loin ; il a payé notre cause de son sang, une fois pour toutes, et il vit aujourd'hui pour intercéder.

Cette semaine, commence par tes propres mots : devant un proche qui souffre, t'es-tu fait le consolateur qui explique ? Va plutôt t'asseoir près de lui, sans verdict, même en silence. Et pour ton épreuve à toi, renonce à l'explication qui ne vient pas, et accroche-toi à Celui qui vient. Redis-le, même sans tout saisir : mon Rédempteur est vivant. Cela suffit pour tenir jusqu'au matin.

Prière

Seigneur, garde-moi des paroles qui blessent ceux que tu aimes ; apprends-moi à me taire et à rester là. Quand je ne comprends rien à ma propre nuit, rappelle-moi que mon Rédempteur est vivant, qu'il a payé ma cause à la croix et qu'il vit pour moi. Je ne comprends pas tout ; toi, je te connais. Au nom de Jésus, amen.