La joie devant sa face
« Tu me feras connaître le sentier de la vie; Il y a d'abondantes joies devant ta face, Des délices éternelles à ta droite. »
Nous cherchons la joie un peu partout, souvent là où elle laisse, au bout du compte, un goût de trop peu. Un bel été, un plaisir attendu, une réussite : cela réjouit un temps, puis s'évapore, et la soif revient. David, lui, montre une source qui ne tarit pas : Tu me feras connaître le sentier de la vie; Il y a d'abondantes joies devant ta face, Des délices éternelles à ta droite.(Psaume 16:11)
Remarquez où il la situe : non d'abord dans les dons de Dieu, mais devant sa face, dans sa présence même. La nuance décide de tout. La joie la plus pleine ne tient pas à ce que Dieu accorde ; elle tient à ce qu'on se trouve devant lui. C'est ce qui sépare les plaisirs qui nous divertissent de la joie qui nous comble.
David sait qu'il ne trouve pas seul le sentier de la vie ; il demande à Dieu de le lui faire connaître. Certains chemins nous paraissent prometteurs et débouchent sur une impasse ; nous nous trompons souvent de route en croyant courir vers la vie. Sur ce point la Bible est franche : le cœur humain se ment à lui-même sur ce qui le rendra heureux. Nous avons besoin qu'on nous montre le chemin, qu'une main plus sûre que la nôtre nous oriente. Et la prière de David reste humble. Il ne dit pas qu'il trouvera par ses propres moyens ; il demande à être conduit. La vraie vie se reçoit d'un guide, on ne l'invente pas soi-même.
Le psaume parle encore de délices éternelles à la droite de Dieu. Le mot dit une plénitude qui dure, à rebours de nos joies qui s'usent vite. Tout ce que ce monde propose porte une date de péremption, et même les plus beaux étés finissent par s'achever. David entrevoit une joie qui échappe à cette usure, parce qu'elle est ancrée en Dieu lui-même, aussi solide et durable que lui. Ce n'est pas une rêverie d'évasion pour supporter le présent ; c'est une espérance qui rend au présent sa juste mesure. Quand on sait où mène le chemin, on avance autrement, allégé, sans réclamer de chaque instant qu'il porte un bonheur qu'il ne peut pas tenir.
Le Nouveau Testament reprend ce psaume à propos de la résurrection du Christ : c'est lui qui a réellement traversé la mort et l'a franchie, ouvrant devant nous le sentier de la vie. La joie devant la face de Dieu n'est plus un espoir lointain, mais une porte que sa victoire a ouverte. Nous n'entrons pas dans sa présence par nos mérites ; nous y entrons par son œuvre. Alors cette semaine, au milieu de vos joies d'été, un repas, un rire, un paysage, laissez-les vous mener plus haut, jusqu'à leur source. Rendez grâce pour le don, sans oublier de chercher celui qui le donne. La joie la plus pleine ne naît pas quand on fuit sa présence ; elle naît quand on choisit d'y demeurer.
Seigneur, tant de fois je cherche la joie là où elle ne tient pas. Fais-moi connaître le sentier de la vie et garde mes pas sur lui. Que mes joies passagères me ramènent toujours à toi, leur source. Merci pour ton Fils qui a ouvert le chemin de ta présence, où sont les joies abondantes et les délices éternelles.