Un temps pour tout
« Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux : »
Nous voici au milieu du mois, à ce point de l'été où le temps paraît suspendu et déjà en fuite. Les vacances battent leur plein, et la rentrée pointe à l'horizon comme une ligne qu'on préfère ne pas fixer. L'Ecclésiaste, ce livre lucide et parfois rude, pose une parole d'une grande paix : Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux :(Ecclésiaste 3:1)
On aurait tort d'y entendre du fatalisme ; c'est de la sagesse. Chaque saison a sa raison d'être. Le temps du repos n'est pas volé au temps du travail, il lui répond. Dieu a réparti les moments, et rien de ce qu'il donne n'est de trop.
Le sage égrène ensuite les temps de la vie : naître et mourir, planter et arracher, pleurer et rire, se taire et parler. Il ne les classe pas du meilleur au pire, il les accueille. Notre époque voudrait tout tenir ensemble et ne jamais rien lâcher. L'Écriture nous apprend plutôt à habiter le moment que Dieu donne, sans regretter celui qui passe ni dévorer d'avance celui qui vient. Vivre sous les cieux, c'est reconnaître qu'un Autre tient le calendrier. Cela ne réduit pas notre responsabilité ; cela l'allège du poids écrasant de vouloir être maître du temps.
Le mot hébreu employé ici pour temps, *êt*, désigne le moment juste, l'occasion opportune. Il ne pointe pas la durée qui s'écoule, plutôt l'instant qui tombe juste. Dieu ne se contente pas de laisser filer les heures : il donne à chaque chose son heure propre. Il existe donc un temps béni pour se reposer, et déjà s'approche un temps pour reprendre. Aucun des deux n'est plus spirituel que l'autre. Le croyant n'est pas plus près de Dieu au travail qu'au repos, ni l'inverse ; il est près de Dieu quand il reçoit de sa main le moment présent comme un don.
En cette mi-août, accueille le temps que tu vis sans chercher à le fuir. Si c'est encore un temps de repos, repose-toi vraiment, sans culpabilité, comme devant Dieu. Si la rentrée t'inquiète déjà, rappelle-toi que son heure viendra le moment venu, et que la grâce qui te porte aujourd'hui te portera aussi demain. Le Christ est venu lorsque les temps ont été accomplis : il connaît le prix de l'heure juste. Remets-lui ton calendrier, et savoure le jour qu'il te donne.
Seigneur, maître des temps et des saisons, apprends-moi à recevoir de ta main l'heure présente. Que je ne fuie ni le repos ni le devoir, mais que je marche avec toi dans chacun. Merci pour ta grâce qui suffit à chaque jour. Amen.