Neuves chaque matin
« Les bontés de l'Éternel ne sont pas épuisées, Ses compassions ne sont pas à leur terme; Elles se renouvellent chaque matin. Oh! que ta fidélité est grande! »
Les matins de fin d'août portent déjà une fraîcheur qui annonce la rentrée. On se réveille parfois le cœur lourd, la tête encombrée de listes, de reprises et d'inconnues. Dans ce petit matin fatigué, Jérémie, assis au milieu des ruines de Jérusalem, ouvre une fenêtre de lumière. Tout s'est effondré autour de lui, et pourtant il ose écrire que les compassions de Dieu ne sont pas à leur terme. Cet homme ne va pas bien ; simplement, il regarde ailleurs que vers ses ruines. Il regarde vers Celui dont la fidélité tient quand tout le reste cède.
Le mot hébreu que la Louis Segond traduit par « bontés », c'est hesed : la bonté fidèle, l'amour qui tient parole, l'attachement d'un Dieu qui ne lâche pas les siens. Chez lui, rien d'une humeur passagère ; c'est une alliance. Et le texte ajoute une image d'une grande douceur : ces compassions se renouvellent chaque matin. Chaque aube apporte sa livraison fraîche de miséricorde, jamais reprise sur la veille, jamais réchauffée. Ta réserve du jour n'est pas celle d'hier ; elle est neuve, déposée devant ta porte avant même que tu ouvres les yeux.
Cette fidélité a un visage, et ce visage est celui de Christ. À la croix, la bonté de Dieu a fait plus que se renouveler : elle s'est donnée jusqu'au bout, une fois pour toutes. Si nos matins sont neufs, ce n'est pas parce que nous serions devenus meilleurs pendant la nuit, mais parce que le sang de Jésus a payé chaque dette et ouvre chaque jour un libre accès au Père. La rentrée que tu redoutes commence donc sur un terrain déjà gracié. Tu n'entres pas dans septembre sous le poids de tes échecs, mais sous la couverture d'une compassion qui te précède.
Alors, cette semaine, prends l'habitude toute simple d'ouvrir la journée par cette parole avant d'ouvrir ton téléphone. Un verset, une minute, les yeux levés. Il ne s'agit pas de te fabriquer une bonne conscience, mais de recevoir ce qui est déjà là. Si hier a été raté, ce matin ne l'est pas encore : il t'attend, neuf. Laisse la fidélité de Dieu donner le ton de ton premier pas, plutôt que ton humeur.
Père fidèle, je te bénis pour ta bonté qui se renouvelle chaque matin sans jamais s'épuiser. Précède mes journées de ta compassion, en Jésus, ton Fils. Apprends-moi à recevoir ce jour neuf comme un don, non à le gagner. Amen.