L'Esprit Éditorial
Le coin du recueillement13 juin 2026 · Charnière de saison · sagesse du temps

Compter nos jours

« Enseigne-nous à bien compter nos jours, Afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse. »
Psaume 90:12

Dernier jour d'août. Demain, un mois neuf, une saison qui bascule. Ces charnières du calendrier ont quelque chose de grave ; elles nous rappellent que le temps file entre les doigts. Moïse, à qui l'on doit ce psaume, avait longuement médité la brièveté de nos vies. Quelques versets plus haut, il l'écrit ainsi : Tous nos jours disparaissent par ton courroux; Nous voyons nos années s'évanouir comme un souffle.(Psaume 90:9). De ce constat il ne tire pas de la tristesse, il en tire une prière. Et sa prière étonne : il ne réclame pas des jours plus nombreux, il demande d'apprendre à bien les compter. Devenir sage n'a rien à voir avec la durée qu'on accumule ; tout se joue dans la manière dont on reçoit et habite le temps donné.

Compter ses jours, ce n'est pas les surveiller avec angoisse ; c'est leur donner du poids, les recevoir comme un dépôt précieux et limité. Un jour qu'on sait compté devient un jour qu'on ne gaspille pas. Le psaume dit d'ailleurs vers quoi cela mène : que nous appliquions notre cœur à la sagesse. Rien d'une comptabilité morbide, donc. Celui qui se sait mortel cesse de vivre comme si tout lui était dû, et se met à préférer ce qui compte à ce qui encombre. La brièveté, bien reçue, est une école.

Cette sagesse a un nom et un visage. Le Nouveau Testament annonce que le Christ est devenu lui-même notre sagesse, celle qui vient de Dieu. Appliquer son cœur à la sagesse ne revient donc pas à collectionner des principes de bonne conduite ; c'est s'attacher à quelqu'un, Celui qui a racheté notre temps à la croix. Nos jours comptés ne débouchent pas sur le vide. En Christ ressuscité, ils s'ouvrent sur une vie qui échappe au compte. Voilà pourquoi le croyant peut prendre le temps au sérieux sans en être écrasé : il sait entre quelles mains repose l'éternité.

Au seuil de ce mois neuf, accorde-toi un petit examen : à quoi vas-tu appliquer ton cœur cette saison ? Retiens une ou deux choses qui comptent pour de bon, une relation à raffermir peut-être, une habitude de prière à retrouver, et laisse doucement filer l'accessoire qui dévore tes journées. Le psaume ne te réclame pas d'en faire davantage ; il t'invite à vivre l'essentiel. Compte tes jours. Ils te sont donnés, et celui qui les donne est bon.

Prière

Éternel, mes jours sont brefs et précieux ; apprends-moi à bien les compter. Tourne mon cœur vers ta sagesse, qui est le Christ. Cette saison qui s'ouvre, donne-moi de la vivre pour ce qui compte devant toi, sous ta grâce. Amen.