L'Esprit Éditorial
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Théologie

Archiereus : le Souverain Sacrificateur

2 septembre 2026

« Car nous n'avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché. »

Hébreux 4:15

L'épître aux Hébreux aime un titre qu'elle donne à Jésus et que l'on rencontre peu ailleurs : archiereus, le souverain sacrificateur. Le mot est fait d'archi, le chef, le premier, et de hiereus, le prêtre, celui qui offre le sacrifice. Le souverain sacrificateur, dans l'ancienne alliance, c'était le grand prêtre, le chef de tous les autres, le seul homme qui, une fois l'an, franchissait le voile du lieu très saint pour se tenir devant Dieu, portant le sang de l'expiation. Il était le pont entre le peuple et Dieu, celui qui montait vers le Très-Haut au nom de tous. Dire de Jésus qu'il est notre souverain sacrificateur, c'est dire qu'il tient désormais cette place, mais d'une manière qui bouleverse l'ancien ordre.

La première chose que l'épître souligne n'est pas sa majesté, mais sa proximité. Écoute : Car nous n'avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses; au contraire, il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché.(Hébreux 4:15) Nous n'avons pas un souverain sacrificateur incapable de compatir. Le mot compatir dit souffrir avec ; il s'agit d'un prêtre qui n'observe pas nos misères de loin, du haut de sa sainteté, mais qui les a éprouvées de l'intérieur. Il a eu faim, il a pleuré, il a connu la fatigue, la tentation, l'abandon des siens, l'angoisse d'une nuit terrible. Rien de ce que tu traverses ne lui est étranger. Notre grand prêtre a porté notre chair et nos épreuves ; il sait, non par ouï-dire, mais par expérience, ce que c'est que d'être un homme éprouvé.

Et pourtant, précise le texte, il a été tenté en toutes choses « sans commettre de péché ». Voilà ce qui le rend capable de nous sauver plutôt que de sombrer avec nous. Un médecin lui-même contaminé ne guérit personne. Christ est descendu jusqu'au fond de notre condition sans jamais y contracter la maladie du péché ; il est le seul qui pouvait à la fois nous comprendre pleinement et nous secourir vraiment. Sa sainteté n'est pas une distance qui le rend froid ; elle est ce qui lui permet de nous relever au lieu de tomber avec nous. Compatissant sans être complice, saint sans être lointain.

De cette double vérité, l'épître tire une invitation qui devrait changer notre prière : Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins.(Hébreux 4:16) Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce. Remarque : le trône, lieu de la majesté, est appelé trône de la grâce. Parce qu'un tel prêtre s'y tient pour nous, nous pouvons approcher non en tremblant comme des coupables qui redoutent le verdict, mais avec assurance, comme des enfants attendus. Nous n'avons pas à nous rendre présentables avant de venir ; c'est justement dans nos faiblesses et nos besoins que nous sommes conviés à nous approcher, pour y trouver miséricorde et secours au bon moment.

Ce sacerdoce l'emporte sur l'ancien par un trait décisif : il ne s'interrompt jamais. Les prêtres d'autrefois mouraient l'un après l'autre, et il fallait sans cesse les remplacer. Le nôtre, non. L'épître le dit : Mais lui, parce qu'il demeure éternellement, possède un sacerdoce qui n'est pas transmissible.(Hébreux 7:24) parce qu'il demeure éternellement, il possède un sacerdoce qui ne se transmet pas. Notre médiateur ne prendra jamais sa retraite, ne sera jamais remplacé, ne fermera jamais son office. Il est toujours en fonction, toujours vivant, toujours du côté de Dieu à plaider pour les siens. Voilà pourquoi notre salut ne repose pas sur une chose faite jadis et qu'il faudrait entretenir, mais sur un vivant qui, en ce moment même, veille sur nous.

Cela donne à son intercession une portée que rien n'épuise. L'épître le résume magnifiquement : C'est aussi pour cela qu'il peut sauver parfaitement ceux qui s'approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur.(Hébreux 7:25) il peut sauver parfaitement ceux qui s'approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. Sauver parfaitement, jusqu'au bout, sans laisser l'ouvrage inachevé. Tandis que tu lis ces lignes, ton souverain sacrificateur intercède pour toi. Ta prière, si maladroite soit-elle, ne monte pas seule ; elle est portée par la sienne. Et son sacrifice, contrairement à ceux d'autrefois qu'il fallait répéter, a été offert une seule fois, une fois pour toutes, avec son propre sang, obtenant une rédemption éternelle.

Cette semaine, change ta manière d'approcher Dieu. Quand tu te sentiras trop faible, trop souillé, trop las pour prier, ne fais pas l'erreur de rester à distance jusqu'à te sentir digne, ce jour ne viendra jamais. Au contraire, approche-toi précisément dans cet état, puisque le trône est un trône de grâce et que ton grand prêtre compatit. Nomme-lui ta faiblesse sans la farder ; il la connaît de l'intérieur. Puis repose-toi sur ceci : pendant que tu vaques à tes tâches, un vivant intercède pour toi, et son œuvre, achevée une fois pour toutes, tient bon.