La respiration de l'enfant
« Et vous n'avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions: Abba! Père! »
Beaucoup voudraient prier et n'osent pas. Ils s'imaginent qu'il faut d'abord trouver les mots justes, prendre le bon ton, mériter en quelque sorte d'être écoutés. La prière devient alors un examen qu'on redoute de rater, et l'on remet à demain. Or l'Écriture ne présente jamais la prière comme une épreuve à réussir. Elle la présente comme le cri d'un enfant. Écoutez ce que Paul écrit aux Romains : Et vous n'avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions: Abba! Père!(Romains 8:15)
Nous n'avons pas reçu un esprit d'esclave tremblant, mais l'Esprit qui fait de nous des fils. Avant d'être une discipline, la prière est une relation déjà donnée.
Le mot que Paul place sur nos lèvres a de quoi bouleverser : « Abba ». Ce n'est pas du grec, c'est de l'araméen, la langue de la maison, le premier mot que balbutie un tout-petit, à peu près notre « papa ». L'Esprit ne commence pas par nous enseigner un vocabulaire savant ; il met dans notre bouche le mot le plus simple et le plus tendre qui soit. C'est dire à quel point Dieu tient à être approché sans façons. On ne demande pas à un enfant de préparer un discours avant de courir vers son père. On lui demande seulement de venir.
Jésus lui-même a prié ainsi. À Gethsémané, dans l'angoisse, il crie : Il disait: Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.(Marc 14:36)
Il n'a pas maquillé sa peine, il l'a portée telle quelle devant son Père. Voilà notre modèle. La prière n'est pas l'endroit où l'on fait mine d'aller bien, c'est celui où l'on peut enfin cesser de faire semblant. Le Père voit dans le secret, dit Jésus ; rien ne lui échappe, et c'est justement pour cela que nous pouvons venir sans masque.
Cette semaine, ne cherchez donc pas à devenir un expert de la prière. Cherchez seulement à venir. Si vous n'avez que trois mots, offrez trois mots ; si vous n'avez que du silence, offrez votre silence. La valeur de votre prière ne tient pas à votre éloquence, mais à la fidélité de Celui qui écoute. Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d'obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour être secourus dans nos besoins.(Hébreux 4:16)
Ce trône n'est pas celui de la sévérité, c'est celui de la grâce. Ce que Dieu attend de vous, ce n'est pas une prouesse, c'est votre présence.
Père, je ne sais pas encore très bien prier, et ce n'est pas grave. Merci de ne pas m'attendre parfait : tu m'attends, c'est tout. Apprends-moi à venir comme un enfant, sans peur et sans masque, et à croire que déjà tu m'écoutes. Au nom de Jésus, amen.
Père, apprends-moi à venir comme un enfant, sans peur et sans masque, et à croire que déjà tu m'écoutes. Au nom de Jésus, amen.