L'Esprit Éditorial
Bâtir un couple sur le Roc · Semaine 2 : Aimer comme Christ a aimé

Comme Christ a aimé l'Église

« Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle, »
Éphésiens 5:25

Quand Paul explique aux maris comment aimer, il ne les renvoie pas à leurs émotions, ni à ce que vaut leur épouse, ni même à ce qu'ils espèrent recevoir en retour. Il lève leur regard vers une mesure qui donne le vertige : Maris, aimez vos femmes, comme Christ a aimé l’Église, et s’est livré lui-même pour elle,(Éphésiens 5:25). L'amour d'un mari ne tient pas sa source de lui-même. Il est appelé à refléter un amour plus ancien et plus grand, celui du Christ pour son peuple. Cela change la question qu'on se pose. On ne demande plus si l'on ressent encore quelque chose, mais si l'on est prêt à se livrer. Ce qui le mesure n'est pas l'intensité d'un sentiment. La croix, elle, en donne l'étalon.

Le mot que Paul choisit pour « aimez » est agapè. Le Nouveau Testament l'a rempli d'un sens neuf : l'amour qui donne et se dépense plutôt que celui qui convoite et prend. L'agapè ne calcule pas ce que l'autre mérite ; elle décide de vouloir son bien, et cela jusqu'au sacrifice. Tel fut l'amour du Christ pour l'Église. Il l'a aimée sans qu'elle soit irréprochable, alors même qu'elle ne l'était pas, et s'est livré lui-même pour elle. Aimer son conjoint de cette façon ne consiste pas à patienter qu'il devienne aimable. C'est se livrer le premier, à la manière dont nous avons nous-mêmes été aimés d'abord.

Ce commandement écraserait s'il n'était qu'un ordre. Se livrer comme Christ s'est livré, qui en serait capable par ses seules forces ? Aucun mari, aucune épouse. Voilà pourquoi on ne peut jamais séparer l'exhortation de ce qui la fonde. Avant de commander quoi que ce soit, Paul rappelle ce qui a déjà eu lieu : Christ s'est livré. L'amour qu'on nous demande de donner, il faut l'avoir reçu d'abord. On n'aime son conjoint de cet amour qu'en puisant sans relâche à celui dont on est soi-même l'objet. Un couple chrétien, ce n'est pas deux personnes qui se suffisent à elles-mêmes ; ce sont deux aimés du Christ qui se transmettent l'un à l'autre ce qu'ils reçoivent de lui.

Attention à un contresens courant : ce passage n'est pas une arme pour reprocher à l'autre de mal nous aimer. Paul s'adresse d'abord à chacun, sur sa propre part de responsabilité. Aimer comme Christ, c'est arrêter de compter ce que je reçois pour regarder ce que je donne. Cette semaine, ne demande pas à ton conjoint de changer. Demande plutôt au Christ de t'apprendre, toi, à te livrer. Choisis un geste concret qui coûte quelque chose, un peu de temps offert, un service rendu, ou simplement un renoncement, et fais-le sans rien attendre en retour. Pas pour gagner l'amour de l'autre, encore moins celui de Dieu, mais parce que tu as déjà été aimé jusqu'à la croix, et qu'un amour ainsi reçu finit par déborder.

Prière

Seigneur, tu as aimé ton Église sans qu'elle l'ait mérité, et tu es allé jusqu'à te livrer toi-même pour elle. Par mes seules forces, je ne sais pas aimer de cette manière. Remplis-moi de l'amour que tu m'as donné le premier, pour que je le transmette à celle, à celui que tu m'as confié. Apprends-moi à me livrer sans rien compter. Je n'ai pas à mériter d'être aimé en retour : par toi, je le suis déjà. Amen.