Non la purification du corps, mais une bonne conscience
« Cette eau était une figure du baptême, qui n'est pas la purification des souillures du corps, mais l'engagement d'une bonne conscience envers Dieu, et qui maintenant vous sauve, vous aussi, par la résurrection de Jésus-Christ. »
Voici un verset qu'on croit d'abord favorable à l'idée que le baptême sauve, avec ces mots : qui maintenant vous sauve. Lu jusqu'au bout, il affirme l'inverse. Dans la même phrase, Pierre prend soin de fermer la porte au malentendu. Ce n'est pas, dit-il, la purification des souillures du corps : l'eau ne lave pas l'âme comme elle nettoie la peau. Nul pouvoir magique dans ce liquide. Ce qui sauve, précise-t-il aussitôt, c'est la résurrection de Jésus-Christ. Le baptême sauve à la manière d'une alliance : pas par la cérémonie elle-même, mais par Celui auquel elle nous lie.
L'expression que choisit Pierre est saisissante. Le baptême est l'engagement d'une bonne conscience envers Dieu. Le mot grec qui porte le sens d'« engagement », eperôtêma, désignait dans le monde ancien la question et la réponse d'un contrat, l'appel solennel par lequel on prenait parole. Le baptême relève donc de la réponse : Dieu s'est avancé le premier dans la grâce, et l'homme lui répond, du fond d'une conscience que le pardon a apaisée. Ce n'est pas l'homme qui met la main sur Dieu par un rite ; c'est l'homme déjà saisi par Dieu qui dit oui. Cette bonne conscience n'est pas une conscience rendue irréprochable par ses propres œuvres, c'est une conscience lavée par le sang de Christ et enfin en paix.
Cette précision est un cadeau pour tous ceux que le doute assaille. Si le baptême sauvait de lui-même, notre assurance dépendrait de la validité d'un geste : l'ai-je reçu comme il fallait, au bon moment, avec assez de foi ? On n'en finirait pas de trembler. Mais puisque ce qui sauve, c'est la résurrection de Jésus-Christ, notre certitude prend appui ailleurs qu'en nous. Elle repose sur un tombeau vide et sur un Vivant. Le baptême n'est pas la planche à laquelle je m'agrippe ; il est le doigt tendu vers la vraie planche. Fixer l'eau pour se rassurer sur son salut, c'est regarder le panneau au lieu de la route.
Comprendre cela n'abaisse pas le baptême, cela le remet à sa juste et belle place. Il reste un engagement bien réel, un oui prononcé en public, une réponse que Dieu honore. Aux jours de doute, celui qui a été baptisé peut se rappeler qu'il a répondu à l'appel de la grâce, et surtout que la grâce, elle, ne se reprend jamais. La bonne conscience dont parle Pierre n'est pas un capital que nous produirions ; c'est une paix reçue, renouvelée chaque fois que nous revenons à la croix. Le baptême nous rappelle le jour de la réponse ; la résurrection de Christ garantit qu'elle tient encore.
Cette semaine, relis ton baptême, ou ton désir d'être baptisé, sous cet angle. La question n'est pas : ai-je fait ce qu'il fallait ? Elle est : à qui ai-je répondu ? Fais reposer ta conscience sur la victoire de Christ sur la mort, plus que sur la réussite de ton geste. Si une vieille culpabilité te poursuit encore, porte-la à la croix, et laisse le sang de Jésus faire ce qu'aucune eau ne peut : rendre ta conscience bonne. Puis traverse ta semaine en homme réconcilié, libre de servir parce que tu es déjà sauvé, et non pour le devenir.
Seigneur Jésus, tu es ressuscité, et c'est ta résurrection qui me sauve, non la propreté de mes gestes. Lave ma conscience par ton sang, là où l'eau ne peut rien. Fais de ma vie une longue réponse à ta grâce première, et garde-moi dans la paix de ceux qui savent tenir leur salut de toi seul, et non d'eux-mêmes. Amen.
Seigneur Jésus, c'est ta résurrection qui me sauve, non la propreté de mes gestes. Lave ma conscience par ton sang, là où l'eau ne peut rien. Fais de ma vie une longue réponse à ta grâce première. Amen.