L'Esprit Éditorial
Gérer l'argent selon la Parole · Semaine 1 : Tout appartient à Dieu

À l'Éternel la terre

« La terre est à l'Éternel avec tout ce qu'elle renferme, Le monde et ceux qui l'habitent. »
Psaume 24:1

Tout ce que la Bible dit de l'argent part d'une affirmation qui donne le vertige : rien ne nous appartient en propre. Le psaume de David ne se contente pas de réserver à Dieu quelques biens sacrés, mis à part pour lui. Il affirme que la terre entière et ce qu'elle contient, jusqu'à ceux qui l'habitent, sont à l'Éternel. Mon salaire, ma maison, mes économies, mes dons, mon souffle : rien de tout cela n'est sorti de moi. Tout m'a été confié. Avant d'être une affaire de gestion, l'argent est une affaire de propriété, et le propriétaire n'est pas moi.

Ce mot, « confié », commande tout le reste du parcours : nous sommes des intendants. L'Écriture emploie ailleurs le terme grec oikonomos, l'administrateur d'une maison qui ne lui appartient pas. Un intendant gère avec sérieux sans jamais se prendre pour le maître ; il aura des comptes à rendre. Regarder mes biens de cette façon ne me rapetisse pas, cela me soulage. Si tout est à Dieu, le poids de tout porter ne repose plus sur moi : j'administre ce qui, de toute manière, ne dépend pas de moi en dernier ressort. L'angoisse du propriétaire cède la place au calme du gérant.

Disons-le clairement, pour écarter deux malentendus. Cette vérité n'accable pas ceux qui possèdent peu ; un intendant se juge à sa fidélité, jamais au montant qu'on lui a confié. Elle ne promet pas non plus la fortune aux bons gestionnaires, comme si Dieu payait nos calculs en prospérité selon un tarif fixe. La Parole ne fait du pauvre un coupable ni du riche un béni d'office. Elle change seulement le centre de gravité : ma sécurité ne tient plus à ce que je détiens, elle tient à Celui qui possède tout et prend soin des siens.

Reconnaître que tout est à Dieu, c'est déjà relâcher l'emprise de l'argent sur le cœur. Jésus dira qu'on ne peut pas servir deux maîtres ; ce psaume nous indique lequel des deux est le vrai. Cette semaine, prends un moment pour nommer devant Dieu ce que tu appelles « à moi », un compte, un objet, un projet, et pose-le entre ses mains comme un dépôt que tu as reçu. Il ne s'agit pas de t'en séparer, seulement d'arrêter de t'y cramponner. L'intendant en paix ouvre la main : ce qu'il tient lui vient d'un Autre, et cet Autre veut son bien.

Prière

Éternel, à toi la terre et tout ce qu'elle renferme, et moi-même je suis à toi. Pardonne-moi de m'être cru propriétaire de ce que tu me confies seulement. Apprends-moi à ouvrir la main et à gérer sans me cramponner. Que ma sécurité ne loge plus dans ce que je possède, mais en toi qui possèdes tout et prends soin des tiens. Fais de moi un intendant paisible et fidèle. Amen.