L'Esprit Éditorial
La Sainteté au Quotidien · Semaine 1 : La sainteté reçue avant d'être vécue

Saints parce qu'appelés, non pour être appelés

« Mais, puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite, selon qu'il est écrit : Vous serez saints, car je suis saint. »
1 Pierre 1:15-16

Le mot sainteté effraie plus qu'il n'attire. On l'imagine réservé à quelques figures lointaines et inaccessibles, auréolées, et l'on se range d'avance parmi les spectateurs. Pierre, lui, écrit à des gens ordinaires, dispersés et éprouvés, et il ne leur demande pas de devenir extraordinaires. Il leur rappelle d'abord qui les a appelés. Tout repose sur ce petit mot : « puisque ». La sainteté à laquelle nous sommes conviés n'est pas une hauteur à escalader ; elle descend de Dieu vers nous.

Le mot grec rendu par « saint » est hagios. Il dit d'abord la mise à part, la consécration, un usage qui n'est plus banal. Avant de nommer une perfection morale, il nomme une appartenance. Un objet consacré au temple n'était pas devenu meilleur par ses qualités propres : il avait changé de propriétaire. C'est le renversement que Pierre opère. Nous ne devenons pas saints pour obtenir que Dieu nous appelle ; il nous appelle, et de là seulement nous devenons ce qu'il nous déclare être.

Cet ordre est vital ; l'inverser ruine l'Évangile. Faites de la sainteté la condition de l'amour de Dieu, et elle cesse d'être grâce pour devenir salaire, un salaire que nous n'aurions jamais fini de payer. L'Écriture, elle, ne varie pas : Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu.(Éphésiens 2:8). La sainteté n'est pas le prix d'entrée dans la famille de Dieu, elle en est le climat. On ne se lave pas avant d'oser s'approcher du Père ; c'est en s'approchant, par le sang de Christ, que l'on est lavé.

Jésus lui-même a vécu cet ordre. Il n'a pas attendu que les hommes soient purs pour s'asseoir à leur table : il a mangé avec les publicains, touché les lépreux, appelé Zachée avant le moindre changement. Sa sainteté ne fuyait pas le pécheur, elle marchait vers lui pour le relever. C'est cette sainteté qui nous a été communiquée à la croix, où Christ a tout accompli, une fois pour toutes. Nous ne fabriquons pas notre consécration ; nous la recevons de lui, vivant et ressuscité.

Cette semaine, avant d'aligner la liste de ce qu'il faudrait corriger, laisse cette parole redescendre en toi : tu es mis à part par un Autre. Le matin, plutôt que de te demander « suis-je assez bon aujourd'hui ? », rappelle-toi à qui tu appartiens. La conduite suivra, non pour mériter l'appel, mais pour répondre à un amour déjà reçu. La grâce se porte ainsi, d'un poids léger.

Prière

Père saint, tu m'as appelé avant que je te cherche, et tu me déclares tien par le sang de ton Fils. Apprends-moi à ne plus courir pour mériter ce que tu me donnes. Que ma vie tout entière devienne la réponse reconnaissante d'un enfant mis à part. Au nom de Jésus, amen.