L'Esprit Éditorial
Le Berger et ses brebis : des Psaumes à Jean 10 · Semaine 1 : L'Éternel est mon berger

La confession qui déplace le regard

« L'Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien. »
Psaume 23:1

David ne commence pas par énumérer ses besoins ; il commence par nommer son Berger. Tout le Psaume 23 tient dans cet ordre : L'Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien.(Psaume 23:1). D'abord l'appartenance au Berger, ensuite seulement l'assurance de ne rien manquer. La seconde affirmation n'a rien d'un optimisme ; elle découle de la première. Le verbe hébreu qui dit ce soin, raah, n'évoque pas une garde lointaine, mais le travail patient de celui qui fait paître, mène au bon pré, reconnaît chaque bête à son allure. Dans l'Orient ancien, le berger marchait devant, exposé le premier au danger. Confesser que l'Éternel est mon berger, ce n'est donc pas se bercer d'une image tendre ; c'est reconnaître que quelqu'un marche devant moi et répond de ma route.

Nous aimerions inverser l'ordre. Être d'abord certains de ne rien manquer, et alors, seulement alors, reconnaître le Berger. La foi prend le chemin inverse : elle commence par confesser à qui elle appartient, et c'est de cette appartenance que naît la paix. Voilà pourquoi ce psaume n'est pas un poème de beau temps. David l'écrit en homme qui a traversé la vallée, connu la fuite, la trahison, la peur. Sa confiance n'a rien d'une insouciance ; elle a été éprouvée, tenue debout au milieu de ce qui aurait pu la briser.

Le péché, au fond, commence toujours par un soupçon sur le Berger : et si l'Éternel ne pourvoyait pas ? et s'il me fallait pourvoir moi-même, prendre de force ce qui me manque ? Toute l'inquiétude humaine sort de là, et bien souvent nos fautes avec elle. La Parole nous ramène en amont de cette angoisse, à la question première : qui conduit ta vie ? Tant que la réponse reste moi, quelque chose manquera toujours, car nous faisons de piètres bergers pour nous-mêmes. Le psaume ne réclame pas de nous que nous soyons forts. Il nous demande de changer de berger.

Et cette image finit par prendre un visage. Jésus le déclare lui-même : Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis.(Jean 10:11). Ce n'est pas une métaphore choisie au hasard ; il reprend à son compte le nom même de l'Éternel du Psaume 23. Le Berger que David confessait de loin s'est approché. Il a marché devant nous jusqu'à la croix, exposé le premier, pour que rien ne nous manque du seul bien nécessaire : le salut. Nous n'entrons pas dans ce parcours pour devenir de meilleures brebis à force d'efforts ; nous y venons pour reconnaître, semaine après semaine, la fidélité d'un Berger qui a déjà tout fait.

Cette semaine, une seule chose. Reprendre lentement ce premier verset, le matin, comme une confession, pas comme une formule. Ne pars pas de ton envie de ne rien manquer ; pars de ce qui ouvre le psaume : L'Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien.(Psaume 23:1). Et laisse la suite venir d'elle-même. Quand l'inquiétude monte dans ta journée, reviens à cet ordre : d'abord le Berger, ensuite le reste.

Prière

Éternel, tu es mon berger, apprends-moi à le confesser avant de compter mes manques. Là où je veux me pourvoir moi-même par crainte, ramène-moi à ta table et à ta conduite. Que ta Parole déplace mon regard, de mes besoins vers ta fidélité, au nom de Jésus, le bon Berger. Amen.