L'Esprit Éditorial
Le Berger et ses brebis : des Psaumes à Jean 10 · Semaine 3 : Personne ne les ravira de ma main

Tenus dans une main qui ne lâche pas

« Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. »
Jean 10:28

Après avoir donné sa vie, le Berger fait une promesse d'une hardiesse presque scandaleuse : Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main.(Jean 10:28). Le verbe grec, harpazō, désigne un arrachement violent, le geste de saisir de force pour emporter. Jésus ne garantit pas à ses brebis qu'elles ne verront ni loup ni tempête ; il garantit que rien ni personne ne pourra les arracher de sa main. La sécurité du chrétien ne vient pas de l'absence de dangers, mais de la fermeté de la prise. Ce qui nous tient, ce ne sont pas nos doigts crispés sur le Berger, ce sont les siens, refermés sur nous.

Voilà le passage vers lequel tout ce parcours avançait : celui de la crainte à la confiance. La brebis inquiète mesure sa sécurité à la force de sa propre poigne, et elle a de bonnes raisons de trembler, car cette poigne se fatigue. La brebis apaisée, elle, a compris que c'est la main du Berger qui la retient, et cette main-là ne faiblit pas. Reprends la promesse : Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main.(Jean 10:28). La négation de Jésus est ici sans reste : pas un « sans doute », pas un « à condition de tenir bon », mais un jamais. La vie éternelle qu'il donne n'a rien d'un prêt qu'on pourrait révoquer ; c'est un don, et le propre du don de Dieu, c'est qu'il ne le reprend pas.

Écartons tout de suite un contresens. Cette promesse n'autorise aucune nonchalance, comme si, tenus de force, nous n'avions plus rien à vivre. Une brebis certaine d'être gardée ne s'endort pas au bord du ravin ; elle broute en paix, elle écoute la voix, elle avance. Savoir qu'on est tenu ne rend pas paresseux, cela rend libre. Délivrés de la peur de tomber, nous pouvons enfin marcher droit, non plus pour être sauvés, mais parce que nous le sommes déjà. La grâce ne rend jamais indifférent ; elle attache le cœur à Celui qui a tant donné.

Cette parole console surtout ceux qui se jugent trop faibles pour tenir. À eux, Jésus ne dit pas : tiens bon et tu seras sauvé. Il dit : je te tiens, et tu ne périras jamais. Notre salut ne dépend pas de la constance de notre saisie ; il dépend de la fidélité de la sienne. Voilà le Berger que David confessait de loin et que Jean nous montre de tout près : lui qui a donné sa vie, qui donne la vie éternelle, et dont la main ne se desserre pas. De la crainte à la confiance, tout le chemin tient dans ces quelques vérités.

Cette semaine, laisse cette phrase répondre à ta plus vieille peur : Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main.(Jean 10:28). Nomme devant Dieu ce qui te fait craindre de tomber : un échec, un péché qui revient, un doute. Puis remets-le à sa juste place. Ce qui te tient, ce n'est pas ta main, c'est la sienne. Et traverse cette journée en brebis gardée, non plus en brebis traquée.

Prière

Bon Berger, ta main m'a saisi et ne me lâche pas. Quand je crains de tomber, rappelle-moi que ma sécurité est dans ta prise et non dans la mienne. Délivre-moi de la peur pour que je marche en paix, non pour gagner ce que tu m'as déjà donné, mais pour suivre ta voix avec joie. À toi seul la gloire. Amen.