L'Esprit Éditorial
Le combat contre l'anxiété · Semaine 3 : Venir à Lui pour le repos

Venez à moi, et je vous donnerai du repos

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. »
Matthieu 11:28

Après avoir appris à décharger nos fardeaux et à échanger l'inquiétude contre la prière, le parcours arrive là où il devait finir : sur une Personne, pas sur une technique. Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos.(Matthieu 11:28), dit Jésus. Il ne dit pas venez à ma méthode, ni appliquez mes principes. Il se donne lui-même. L'anxiété, au fond, trahit une fatigue de l'âme qu'aucun sommeil ne répare, celle de qui porte sa vie à bout de bras sans jamais pouvoir la déposer. À cette lassitude-là, Jésus n'ajoute pas un conseil de plus à exécuter ; il s'offre comme lieu de repos.

Vois à qui il s'adresse : les fatigués, ceux qui ploient sous une charge. Il ne réclame pas qu'on arrive reposé, fort, en règle. Le mot qu'il emploie pour dire chargés évoque un poids qu'on a posé sur nos épaules, un fardeau reçu plus que choisi. Beaucoup de nos inquiétudes sont de cet ordre : des charges déposées sur nous par la vie, les responsabilités, les attentes de tous, et que nous n'avons jamais su comment poser à terre. C'est à ceux-là qu'il dit de venir, pas aux plus performants.

Remarque ensuite la gratuité de ce qu'il ajoute : il donnera lui-même le repos. Il ne le vend pas contre nos mérites, il ne le prête pas sur garantie ; il le donne. Comme le salut, le repos de l'âme ne s'achète pas à force d'efforts ; il se reçoit des mains de Christ. Pour qui lutte contre l'anxiété, c'est décisif : le repos n'est pas une récompense au bout d'un long entraînement spirituel, c'est un don offert à qui vient les mains vides. Là encore, on quitte le registre de l'œuvre pour celui de la grâce.

Ce repos n'est pourtant pas l'inaction. Jésus poursuit, dans les versets suivants, en parlant d'un joug, le sien, qui est doux, et d'un fardeau, le sien, qui est léger. Le repos qu'il donne n'est donc pas l'absence de toute charge ; c'est l'échange de nos fardeaux écrasants contre le sien, porté à deux, sous sa conduite. On ne cesse pas de marcher, on cesse de tirer seul. Le repos chrétien n'est pas un hamac, c'est un attelage où Christ prend le poids à nos côtés et règle le pas. L'âme trouve la paix non parce qu'elle ne porte plus rien, mais parce qu'elle ne porte plus seule.

Au terme de ce combat, entends cette invitation comme t'étant adressée à toi. Tu n'as pas à vaincre ton anxiété d'abord pour avoir le droit de venir. Tu viens tel que tu es, fatigué et chargé, et c'est en venant que le repos t'est donné. Cette semaine, chaque fois que la lassitude te submerge, fais un geste très simple : tourne-toi vers Christ et dis-lui je viens. Non pour te vider, mais pour te remettre à Celui qui veille sur ce que tu ne peux plus tenir. Le combat contre l'anxiété ne s'achève pas quand tu trouves enfin ta force, mais dans ce repos reçu auprès de lui.

Prière

Seigneur Jésus, je viens à toi tel que je suis, fatigué et chargé, sans attendre d'avoir d'abord vaincu mon inquiétude. Donne-moi le repos que tu promets, non comme un salaire mais comme un don. Prends ma charge à tes côtés, sous ton joug qui est doux, et apprends à mon âme à se reposer en toi seul. Amen.