L'Esprit Éditorial
Retour à la Parole pour la rentrée · Semaine 1 : La lampe pour la route

Une lumière pour le pas suivant

« Ta parole est une lampe à mes pieds, Et une lumière sur mon sentier. »
Psaume 119:105

La rentrée disperse. Les emplois du temps se remplissent, les décisions s'accumulent, tout redémarre d'un coup, et l'on se surprend à avancer sans trop savoir vers quoi. À ce moment-là, le Psaume 119 tend une image d'une rare justesse : Ta parole est une lampe à mes pieds, Et une lumière sur mon sentier.(Psaume 119:105). Le psalmiste ne parle pas d'un projecteur qui balaierait l'horizon d'une année entière, mais d'une lampe tenue bas, à hauteur de pieds, pour éclairer le pas suivant. En Orient, on marchait de nuit avec une petite lampe posée au ras du sol ; elle ne dévoilait pas le bout du chemin, seulement l'endroit où poser le pied maintenant. La Parole nous est donnée ainsi, suffisante pour aujourd'hui.

Le mot hébreu rendu ici par « parole », *dabar*, désigne à la fois la parole prononcée et ce qu'elle produit : chez Dieu, dire et faire tiennent ensemble. Sa parole ne se range pas parmi les opinions ; elle agit, elle est une lumière qui accomplit ce qu'elle éclaire. Le psalmiste écrit « ta parole » et non « tes idées », et le choix compte. Rouvrir la Bible à la rentrée ne revient pas à glisser une lecture inspirante entre deux activités. C'est laisser entrer dans notre nuit une lumière venue de Dieu même, qui ne nous égarera pas.

Il faut lâcher une illusion tenace : celle de vouloir tout voir avant de bouger. Nous aimerions que la Parole nous montre l'année d'un coup, l'issue de nos choix, le terme de nos épreuves. Elle nous accorde rarement autant, et c'est une grâce. Si nous voyions tout, nous marcherions par la vue et non par la foi, et nous n'aurions plus à tenir la main du Seigneur d'un pas à l'autre. La lampe qui n'éclaire que le pas suivant nous maintient dépendants, et cette dépendance est justement le lieu où se vit la vie avec Dieu.

Cette lumière a une direction : tout le Psaume 119 sait qu'elle conduit quelque part, et vers quelqu'un. La Parole écrite ne se suffit pas à elle-même ; elle nous mène à Celui qui est la Parole faite chair, Jésus, lumière du monde. Éclairer nos pieds, au fond, revient à nous tenir sur le sentier qui mène à lui, et à nous y ramener quand nous en sortons. Reprendre l'Écriture à la rentrée n'ajoute pas un devoir sur nos épaules ; c'est consentir à être conduit, jour après jour, vers le seul qui ne nous égarera pas.

Cette semaine, allège tes prétentions et rallume la lampe. Ne pars pas en quête d'un plan pour l'année ; ouvre chaque jour un court passage et pose une seule question : pour le pas d'aujourd'hui, qu'éclaire ta Parole ? Un mot obéi pèse plus qu'un chapitre survolé. Laisse la lumière venir à hauteur de pieds, et marche.

Prière

Seigneur, ta parole est une lampe à mes pieds. Dans l'agitation de la rentrée, garde-moi de courir dans le noir. Je renonce à tout voir d'avance : éclaire seulement mon pas prochain, et rends-moi dépendant de toi jour après jour. Que ta lumière me ramène toujours à Jésus, le sentier et le terme de ma route. Amen.