L'Esprit Éditorial
Traverser l'épreuve avec Job · Semaine 3 : Le Dieu qui parle enfin, et la grâce qui restaure

Maintenant mon œil t'a vu

« Mon oreille avait entendu parler de toi; Mais maintenant mon oeil t'a vu. »
Job 42:5

Après trente-sept chapitres de débats, Dieu parle enfin. Et ce qu'il ne dit pas surprend : pas un mot en réponse aux pourquoi de Job. Il ne justifie pas la perte, il ne s'explique pas sur la souffrance d'un juste. Il déploie plutôt la grandeur de sa création, l'aube qu'il commande chaque matin, les pluies, l'aigle et l'hippopotame, et il amène Job à mesurer l'écart entre la créature et son Créateur. À la souffrance, Dieu ne répond pas par un raisonnement. Il répond en venant lui-même.

On aurait pu croire Job écrasé par cette avalanche. C'est le contraire qui arrive. Mon oreille avait entendu parler de toi; Mais maintenant mon oeil t'a vu.(Job 42:5) Toute sa vie, il avait connu Dieu de seconde main : la religion reçue de ses pères, les bonnes doctrines de son milieu. L'épreuve l'a mené là où ses années heureuses ne l'avaient jamais conduit, jusqu'à voir Dieu en personne. Sa nuit aura été le lieu d'une rencontre que le plein jour lui avait épargnée. La douleur, en elle-même, ne vaut rien de bon. Ce qui compte, c'est le Dieu qu'on finit par y rencontrer.

Job n'obtient donc pas la réponse qu'il réclamait ; il reçoit plus grand que sa question. Ses pourquoi ne sont pas résolus. Ils sont débordés par une Présence qui les rend portables. Tout le livre tient là : Dieu ne nous doit aucune explication, il se donne. Et qui a vu Dieu peut vivre sans avoir tout compris. Une foi qui mûrit finit moins par tout expliquer que par connaître Quelqu'un.

Alors seulement vient la restauration. Le texte dit que l'Éternel rétablit Job et lui rendit le double de ce qu'il avait. N'en faisons pas une recette d'évangile de prospérité, du genre « sois fidèle dans l'épreuve et Dieu te remboursera tout ». Ce serait trahir le livre. Job n'a rien négocié. Il a reçu, par pure grâce, une vie neuve qu'il ne réclamait même plus. Et ses enfants perdus, eux, ne lui sont pas rendus au double : on ne remplace pas des enfants. La restauration selon la Bible n'efface pas les cicatrices. Elle greffe de la vie par-dessus, en grâce, jamais en dû.

Cette semaine, arrête d'exiger de Dieu qu'il se justifie ; demande-lui plutôt de se montrer. Ouvre sa Parole moins pour y décrocher un argument que pour l'y rencontrer. Ce que Job a entrevu de loin, nous l'avons vu en plein jour : le Dieu qui parle enfin a parlé par son Fils, et qui a vu Christ a vu le Père. Pose tes pourquoi au pied de la croix et devant le tombeau vide, puis laisse la grâce restaurer ce qu'elle voudra, à son heure.

Prière

Seigneur, je t'avais si souvent entendu de mes oreilles ; conduis-moi jusqu'à te voir du cœur. Je te remets mes pourquoi restés sans réponse et je te demande, à leur place, ta présence. Restaure ma vie comme il te plaira, par pure grâce, et apprends-moi à me contenter de te connaître, toi que Job a entrevu et que Christ m'a révélé. Au nom de Jésus, amen.