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Aux Sources · Questions vives

Manger les animaux ? Viande, végétarisme et la question du sang

Avec Élise & Emmanuel21:11

Une ado annonce à table qu'elle ne mangera plus de viande, Bible à l'appui — et toute la famille découvre que l'Écriture parle vraiment de nos assiettes. De la domination de Genèse 1 au sang de Genèse 9, du concile de Jérusalem à Romains 14, l'épisode démêle trois questions sans en moquer aucune : dominer, le sang, le végétarisme par conviction. Ton fraternel, netteté biblique là où le texte tranche, deux lectures présentées au mieux là où des chrétiens fidèles divergent.

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Chapitres & repères

  1. Élise — L'annonce de sa fille n'est ni un caprice ni une mode : c'est une vraie question de conscience, posée Bible ouverte, et elle mérite mieux qu'une moquerie de table familiale.

    Emmanuel — Surpris que la Bible parle littéralement de nos assiettes — Romains 14:2 décrit exactement cette scène de famille — et d'accord pour prendre le sujet au sérieux, sans en faire un drame.

    « Tel croit pouvoir manger de tout: tel autre, qui est faible, ne mange que des légumes. »

    Romains 14:2 — Louis Segond 1910

    « Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d'une fête, d'une nouvelle lune, ou des sabbats: »

    Colossiens 2:16 — Louis Segond 1910
  2. Élise — Le « dominez » de Genèse 1 a servi d'alibi à bien des brutalités ; or l'homme domine EN TANT QU'image de Dieu — il gouverne comme Dieu gouverne : en prenant soin. Et le détail qui l'a saisie : au commencement, le menu donné est végétal.

    Emmanuel — Un patron d'atelier sait ce qu'est une autorité reçue : on rend des comptes au propriétaire. Dominer, c'est gérer le bien d'un Autre — « tous les animaux des forêts sont à moi », dit Psaumes 50:10 — pas consommer sans compter.

    « Puis Dieu dit: Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. »

    Genèse 1:26 — Louis Segond 1910

    « Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. »

    Genèse 1:28 — Louis Segond 1910

    « Et Dieu dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture. »

    Genèse 1:29 — Louis Segond 1910

    « Car tous les animaux des forêts sont à moi, Toutes les bêtes des montagnes par milliers; »

    Psaumes 50:10 — Louis Segond 1910
  3. Élise — Elle reçoit Genèse 9:3 sans le contester — c'est un don explicite de Dieu — mais elle tient les deux bouts : le même Dieu qui donne les animaux en nourriture dit que le juste prend soin de son bétail. La souffrance animale ne peut pas laisser un chrétien indifférent.

    Emmanuel — Genèse 9:3 est son texte de liberté : après le déluge, Dieu élargit explicitement le menu — « je vous donne tout cela comme l'herbe verte ». Manger de la viande n'est pas un péché ni une tolérance honteuse, c'est un don reçu. Mais Proverbes 12:10 le touche : le respect de la bête est biblique.

    « Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture: je vous donne tout cela comme l'herbe verte. »

    Genèse 9:3 — Louis Segond 1910

    « Le juste prend soin de son bétail, Mais les entrailles des méchants sont cruelles. »

    Proverbes 12:10 — Louis Segond 1910

    « Tu n'emmuselleras point le boeuf, quand il foulera le grain. »

    Deutéronome 25:4 — Louis Segond 1910
  4. Élise — Le « seulement » de Genèse 9:4 la frappe : au moment même où Dieu donne la viande, il pose une réserve — la vie n'est pas à consommer. Elle y entend une pédagogie : chaque repas de viande rappelait que la vie appartient à Dieu.

    Emmanuel — Lévitique 17:11 est pour lui une ligne droite vers la croix : le sang fait l'expiation parce que la vie est dedans — et c'est pourquoi le sang de Christ, sa vie donnée, expie une fois pour toutes. L'interdit du sang n'est pas une bizarrerie alimentaire, c'est une flèche vers l'Agneau.

    « Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang. »

    Genèse 9:4 — Louis Segond 1910

    « Car l'âme de la chair est dans le sang. Je vous l'ai donné sur l'autel, afin qu'il servît d'expiation pour vos âmes, car c'est par l'âme que le sang fait l'expiation. »

    Lévitique 17:11 — Louis Segond 1910
  5. Élise — Elle expose au mieux la lecture « abstention toujours valable » : l'interdit du sang précède Moïse (il est donné à Noé, donc à toute l'humanité), et le concile le réaffirme précisément à des NON-Juifs — deux indices sérieux qu'il ne s'agit pas d'une simple coutume juive.

    Emmanuel — Il expose au mieux la lecture « mesure de communion circonstancielle » : dans Actes 15, l'enjeu est que juifs et païens convertis puissent manger à la même table ; lu avec Marc 7:19 — Jésus déclarant purs tous les aliments — et 1 Timothée 4, l'interdit relèverait de l'égard fraternel du moment, pas d'une loi perpétuelle.

    « mais qu'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles, de l'impudicité, des animaux étouffés et du sang. »

    Actes 15:20 — Louis Segond 1910

    « savoir, de vous abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et de l'impudicité, choses contre lesquelles vous vous trouverez bien de vous tenir en garde. Adieu. »

    Actes 15:29 — Louis Segond 1910

    « Car cela n'entre pas dans son coeur, mais dans son ventre, puis s'en va dans les lieux secrets, qui purifient tous les aliments. »

    Marc 7:19 — Louis Segond 1910
  6. Élise — Être végétarien ou végane par conviction est pleinement légitime — Romains 14 est littéralement écrit pour ce cas. Sa fille n'a donc rien à prouver ni à se faire pardonner. Mais Élise assume l'autre versant devant elle : sa conviction ne lui donne pas le droit de culpabiliser ceux qui mangent.

    Emmanuel — 1 Timothée 4 est son texte : tout ce que Dieu a créé est bon, reçu avec actions de grâces, sanctifié par la parole et la prière — le danger n'est pas l'abstinence, c'est d'ÉRIGER l'abstinence en doctrine, comme si elle rapprochait de Dieu. Et le carnivore moqueur tombe sous le même Romains 14:3 que le végane accusateur.

    « Que celui qui mange ne méprise point celui qui ne mange pas, et que celui qui ne mange pas ne juge point celui qui mange, car Dieu l'a accueilli. »

    Romains 14:3 — Louis Segond 1910

    « Car tout ce que Dieu a créé est bon, et rien ne doit être rejeté, pourvu qu'on le prenne avec actions de grâces. »

    1 Timothée 4:4 — Louis Segond 1910

    « parce que tout est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière. »

    1 Timothée 4:5 — Louis Segond 1910

    « Et pour la seconde fois la voix se fit encore entendre à lui: Ce que Dieu a déclaré pur, ne le regarde pas comme souillé. »

    Actes 10:15 — Louis Segond 1910
  7. Élise — L'appétit de paix avec la création que porte la génération de sa fille est un écho légitime du Royaume qui vient — Ésaïe 11 le promet : le loup avec l'agneau. On peut l'honorer comme une espérance sans le transformer en loi présente.

    Emmanuel — Ce qui est sûr dans l'Écriture : la liberté donnée en Genèse 9, la conscience de chacun devant son Maître, et Romains 14:17 — le royaume n'est pas le menu. Alors on garde la table commune : chez lui, avec Rose, il y aura toujours une place et un plat pour chacun, végane compris.

    « Le loup habitera avec l'agneau, Et la panthère se couchera avec le chevreau; Le veau, le lionceau, et le bétail qu'on engraisse, seront ensemble, Et un petit enfant les conduira. »

    Ésaïe 11:6 — Louis Segond 1910

    « Il ne se fera ni tort ni dommage Sur toute ma montagne sainte; Car la terre sera remplie de la connaissance de l'Éternel, Comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. »

    Ésaïe 11:9 — Louis Segond 1910

    « Celui qui distingue entre les jours agit ainsi pour le Seigneur. Celui qui mange, c'est pour le Seigneur qu'il mange, car il rend grâces à Dieu; celui qui ne mange pas, c'est pour le Seigneur qu'il ne mange pas, et il rend grâces à Dieu. »

    Romains 14:6 — Louis Segond 1910

    « Car le royaume de Dieu, ce n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint Esprit. »

    Romains 14:17 — Louis Segond 1910