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Aux Sources · Questions vives

Donner ses organes : mon corps appartient-il au Seigneur ou à la science ?

Donner ses organes : mon corps appartient-il au Seigneur ou à la science ?

Avec Élise & Emmanuel17:42

Une question entendue dans un couloir d'hôpital pousse Élise à ouvrir un sujet que beaucoup de chrétiens évitent : le don d'organes. Deux lectures fidèles de la même Bible, le corps comme temple à honorer jusque dans la mort, et le don comme dernier acte d'amour pour le prochain. Sans verdict, mais avec une certitude qui libère : la résurrection ne dépend pas de l'état du corps, elle dépend du Dieu qui ressuscite les morts.

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Chapitres & repères

  1. Élise — La question du don d'organes tombe toujours au pire moment quand on ne l'a jamais posée : il faut oser en parler avant, à la lumière de la Parole.

    Emmanuel — Il découvre le sujet honnêtement : vingt-six ans de mariage avec Rose et ils n'en ont jamais parlé, comme beaucoup de chrétiens.

  2. Élise — Les refus par fidélité qu'elle croise à l'hôpital méritent le respect, pas un procès : la révérence pour le corps est une vraie piété.

    Emmanuel — Il porte la lecture prudente au mieux de sa cause : un corps formé par Dieu, racheté par Christ, habité par l'Esprit, ne se traite pas comme un stock de pièces.

    « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes? »

    1 Corinthiens 6:19 — Louis Segond 1910

    « Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. »

    1 Corinthiens 6:20 — Louis Segond 1910

    « Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes oeuvres sont admirables, Et mon âme le reconnaît bien. »

    Psaumes 139:14 — Louis Segond 1910
  3. Élise — Elle a vu une greffe rendre les dimanches à une grand-mère : le don d'organes peut être un dernier acte de charité, posé d'avance, en écho à l'amour du Christ.

    Emmanuel — Si le corps est déjà offert au Seigneur de son vivant, le remettre au prochain prolonge le même mouvement, mais le don ne sauve personne : la croix a tout payé.

    « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »

    Jean 15:13 — Louis Segond 1910

    « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. »

    Romains 12:1 — Louis Segond 1910

    « Comme le corps sans âme est mort, de même la foi sans les oeuvres est morte. »

    Jacques 2:26 — Louis Segond 1910
  4. Élise — La résurrection n'est pas une reconstitution mais une création : elle ne dépend pas de l'état du corps, elle dépend de la puissance de Dieu.

    Emmanuel — Dieu n'est embarrassé ni par les martyrs brûlés ni par les marins perdus en mer : celui qui a tiré Adam de la poussière saura retrouver les siens.

    « Mais quelqu'un dira: Comment les morts ressuscitent-ils, et avec quel corps reviennent-ils? »

    1 Corinthiens 15:35 — Louis Segond 1910

    « puis Dieu lui donne un corps comme il lui plaît, et à chaque semence il donne un corps qui lui est propre. »

    1 Corinthiens 15:38 — Louis Segond 1910

    « Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Le corps est semé corruptible; il ressuscite incorruptible; »

    1 Corinthiens 15:42 — Louis Segond 1910

    « il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel. S'il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel. »

    1 Corinthiens 15:44 — Louis Segond 1910
  5. Élise — Le plus beau cadeau à sa famille, c'est de lui épargner d'avoir à deviner : dire sa décision, quelle qu'elle soit, et la dire sans honte.

    Emmanuel — Chacun est le serviteur de Dieu, pas le nôtre : ni traiter le donneur de matérialiste, ni la sœur qui refuse de superstitieuse.

    « Qui es-tu, toi qui juges un serviteur d'autrui? S'il se tient debout, ou s'il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l'affermir. »

    Romains 14:4 — Louis Segond 1910
  6. Élise — Là où l'Écriture ne commande pas, elle libère : décider devant Dieu, en parler à ceux qu'on aime, et porter la question avec son assemblée.

    Emmanuel — Trois certitudes tiennent tout : le corps appartient au Seigneur, la résurrection dépend de Dieu seul, et l'amour du prochain n'est pas une option.

    « En effet, nul de nous ne vit pour lui-même, et nul ne meurt pour lui-même. »

    Romains 14:7 — Louis Segond 1910

    « Car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur; et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur. »

    Romains 14:8 — Louis Segond 1910
Transcription de l'épisode

1. La question posée dans un couloir

Élise : Bonjour à tous, et bienvenue dans Aux Sources. Aujourd'hui, une question qu'on n'ose pas toujours poser à l'église… le don d'organes. Emmanuel, bonjour.

Emmanuel : Bonjour Élise. Alors là, je te le dis tout de suite : tu m'emmènes sur un terrain où je n'étais jamais allé.

Élise : Je sais. Et c'est justement pour ça qu'on en parle. Tu permets que je commence par une scène de mon travail ?

Emmanuel : Vas-y, je t'écoute.

Élise : C'était il y a quelques mois, à l'hôpital. En traversant un couloir, je suis passée devant une petite salle, la porte entrouverte. Une famille, l'équipe de coordination, et cette question posée à voix basse : savez-vous ce qu'il aurait voulu ?

Emmanuel : Mmh…

Élise : Savez-vous ce qu'il aurait voulu… Cette phrase m'a suivie toute la journée. Le soir, à table, j'ai regardé Marc et je lui ai demandé : et nous, on le sait, ce qu'on voudrait ? Silence. Dix-sept ans de mariage, et on n'en avait jamais parlé.

Emmanuel : Je crois que chez nous non plus. Vingt-six ans avec Rose, et… non, jamais. Pas une fois.

Élise : Alors voilà la question du jour : donner ses organes après sa mort… mon corps appartient-il au Seigneur, ou à la science ? Et qu'est-ce qu'un chrétien peut répondre ?

Emmanuel : Avant d'ouvrir la Bible, dis-nous comment ça se passe en France. Parce que je soupçonne que beaucoup l'ignorent, comme moi.

Élise : Alors accroche-toi, parce que ça surprend. En France, la loi nous considère tous comme donneurs. C'est ce qu'on appelle le consentement présumé : si tu n'as rien dit de ton vivant, tu es réputé d'accord.

Emmanuel : Attends… donc si je ne dis rien, je suis donneur ?

Élise : Oui. Et si tu refuses, il faut le faire savoir. Le moyen principal, c'est le registre national des refus, tenu par l'Agence de la biomédecine. On peut s'y inscrire dès treize ans. On peut aussi laisser un écrit à un proche, ou simplement le dire à sa famille, qui en témoignera.

Emmanuel : Treize ans… je ne pensais pas si tôt. Et la famille, elle est consultée ?

Élise : Toujours. Les équipes cherchent la volonté du défunt auprès des proches. Et la loi précise une chose importante : le don est gratuit et anonyme. La pire situation, celle que je vois parfois, c'est la famille qui doit deviner. En plein chagrin, deviner. D'où cet épisode, en fait.

Emmanuel : Et côté Écriture, il y a un verset qui tranche ?

Élise : Non. Aucun texte ne dit donne tes organes, aucun ne dit garde-les. C'est une vraie question vive : des chrétiens fidèles à la même Parole répondent différemment. Alors on va faire comme Romains quatorze nous l'apprend : écouter chaque lecture au meilleur d'elle-même, et laisser chacun se tenir devant Dieu.

Emmanuel : Une dernière chose pour bien voir de quoi on parle. Donner ses organes, concrètement, ça recouvre quoi ?

Élise : Après la mort, on peut donner des organes… le cœur, les reins, le foie, les poumons. Et aussi des tissus, comme les cornées, qui rendent la vue à des personnes qui l'avaient perdue.

Emmanuel : Les cornées ? Je l'ignorais complètement.

Élise : Beaucoup l'ignorent. Et il existe aussi le don du vivant… un rein, le plus souvent, donné à un proche. C'est un autre sujet, très encadré par la loi, mais je le mentionne parce que des chrétiens le vivent comme un acte d'amour immense.

Emmanuel : Et dans ton hôpital, tu les vois, ces greffes ?

Élise : Je vois surtout des vies d'après. Des gens qui respirent, qui remarchent, qui reviennent dire merci au service avec des chocolats. Quand on parle de don d'organes, on parle de ça : des visages. Pas des dossiers.

Emmanuel : Alors gardons les visages en tête, et ouvrons les Écritures. Parce que la vraie question du chrétien n'est pas technique… elle est spirituelle.

2. Ton corps est un temple

Élise : Commençons par la lecture la plus réticente au don. Emmanuel, tu veux bien la porter ? La défendre vraiment, au mieux de sa cause ?

Emmanuel : Je veux bien, d'autant qu'une partie de moi la comprend de l'intérieur. Le point de départ, c'est Paul, première aux Corinthiens, chapitre six, verset dix-neuf : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes? »

Élise : Le temple du Saint-Esprit… pas un local, un temple.

Emmanuel : Et le verset suivant enfonce le clou : « Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. » Ce corps n'est pas un sac de pièces détachées, Élise. Formé par Dieu, racheté par le sang de Christ, habité par l'Esprit. Certains croyants en concluent : je ne peux pas le traiter comme un stock d'organes.

Élise : Et le psaume cent trente-neuf, celui que j'aime tant, chante la même chose : « Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes oeuvres sont admirables, Et mon âme le reconnaît bien. » Ce corps-là a une histoire sainte.

Emmanuel : Regarde d'ailleurs comment l'Écriture traite les corps des morts. Abraham achète un champ pour ensevelir Sara. Joseph fait jurer qu'on emportera ses os. Des femmes viennent embaumer Jésus au matin de Pâques. Jamais du mépris. Toujours de l'égard.

Élise : Donc pour cette lecture, refuser le don peut être un acte de foi. Pas de l'égoïsme.

Emmanuel : Exactement. J'ai connu un frère plus âgé qui disait : ce corps, Dieu me l'a confié, je le lui rends tel quel. On peut sourire… moi, je ne souris pas. Il y avait chez lui une révérence, une crainte de Dieu très réelle.

Élise : Et je veux le dire pour l'avoir vu : à l'hôpital, quand une famille refuse, ce n'est presque jamais par dureté. C'est souvent par fidélité à quelque chose de sacré. Ces refus-là méritent le respect, pas un procès.

Emmanuel : Il faut quand même être honnête sur un point, et cette lecture le reconnaît elle-même : honorer le corps, ça ne veut pas dire croire qu'il doit rester intact. Sinon… euh, comment dire… sinon plus personne ne pourrait être opéré, ni même enterré, puisque la terre fait son œuvre.

Élise : La vraie question, c'est donc l'intention. Est-ce que je traite ce corps comme un temple, ou comme un matériau ? Et cette question-là, chaque conscience doit la porter devant Dieu.

Emmanuel : Je veux donner à cette lecture son argument le plus sérieux, parce qu'il dépasse la personne. C'est la peur d'une médecine qui deviendrait utilitaire. Si le corps devient une ressource, où s'arrête-t-on ?

Élise : La question est légitime. Notre époque sait transformer beaucoup de choses en marchandise… pourquoi pas les corps, un jour, si personne ne veille ?

Emmanuel : Voilà. Cette lecture veut tenir un garde-fou : rappeler que l'homme n'est pas un gisement d'organes, même pour une bonne cause. La fin ne sanctifie pas les moyens, jamais.

Élise : Et je peux témoigner de l'intérieur : ce garde-fou, je le vois vivre chez les soignants. Autour d'un prélèvement, il y a des gestes de respect qui m'ont marquée… on parle au défunt, on le recouvre avec soin, certaines équipes marquent un temps de silence.

Emmanuel : Mmh… ça me touche de l'apprendre.

Élise : La mort d'un être humain n'est jamais un fait divers pour Dieu. Cette lecture nous oblige à garder cette gravité-là. Et c'est un service qu'elle rend à toute l'Église, y compris à ceux qui choisiront de donner.

3. Il n'y a pas de plus grand amour

Élise : Maintenant, l'autre lecture. Et celle-là, je te préviens, je vais la porter avec un visage en tête.

Emmanuel : Raconte.

Élise : Une dame croisée dans mon service, il y a des années. Je change les détails, comme toujours. Des années de dialyse : trois demi-journées par semaine, branchée à une machine. Sa vie tenait dans une salle d'attente. Et un matin, le téléphone a sonné. Un rein l'attendait.

Emmanuel : Mmh.

Élise : Je l'ai revue quelques mois après. Elle m'a dit : quelqu'un que je ne connaîtrai jamais m'a rendu les dimanches avec mes petits-enfants. Emmanuel, ce quelqu'un a fait quoi, au fond, sinon aimer son prochain une dernière fois ?

Emmanuel : Et là, les mots de Jésus arrivent tout seuls. Jean quinze, verset treize : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »

Élise : Lui l'a fait à la croix, une fois pour toutes, et personne ne refait ce qu'il a fait. Nous, on ne sauve personne, soyons clairs. Mais donner de son corps pour que quelqu'un vive… cette lecture y voit comme un écho de cet amour-là. Un dernier acte de charité, posé d'avance.

Emmanuel : Elle a un deuxième texte fort, cette lecture. Romains douze, verset un : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. »

Élise : Offrir vos corps… Paul parle de toute la vie, bien sûr. Pas d'un formulaire.

Emmanuel : Bien sûr. Mais le raisonnement se tient : si mon corps est déjà offert au Seigneur de mon vivant, pour servir, alors le remettre à mon prochain au moment où je n'en ai plus besoin, c'est le prolongement du même mouvement. Celui qui a tout reçu peut tout donner.

Élise : Avec un garde-fou, et il est capital : personne n'est sauvé pour avoir donné ses organes. Le don ne rachète rien. La croix a tout payé. C'est parce qu'on est aimés qu'on donne… jamais pour l'être.

Emmanuel : Amen. Et j'ajoute un détail qui rassure beaucoup de familles : la loi impose au médecin d'assurer la meilleure restauration possible du corps, qui est ensuite rendu aux proches pour les funérailles. Le corps donné reste un corps honoré.

Élise : Un corps honoré jusqu'au bout… c'est important de le savoir, ça apaise de vraies peurs.

Emmanuel : Tu sais à quoi ça me fait penser ? À mon épître préférée. Jacques, chapitre deux, verset vingt-six : « Comme le corps sans âme est mort, de même la foi sans les oeuvres est morte. »

Élise : Développe… pourquoi ce texte-là, ici ?

Emmanuel : Parce que l'amour biblique n'est jamais une intention flottante. Il prend corps. Il nourrit, il visite, il répare, il donne. Alors une foi qui réfléchit jusqu'à ce qu'elle fera de sa dépouille… ce n'est pas morbide. C'est une foi incarnée jusqu'au dernier acte.

Élise : Et en même temps, Jacques ne fabrique pas une obligation de plus. Il décrit un mouvement. Si ta foi te porte vers le don, ce sera un fruit… pas une ligne ajoutée à la liste des devoirs.

Emmanuel : Un fruit, pas un tarif d'entrée. On ne le répétera jamais assez dans ce podcast : la grâce d'abord, les œuvres ensuite. Jamais l'inverse.

Élise : Et voilà nos deux lectures posées. Deux façons d'honorer le même Seigneur… l'une par la révérence, l'autre par le don. Il nous reste la grande peur à regarder en face. Celle qu'on n'ose pas dire tout haut.

4. Semé corruptible, ressuscité incorruptible

Emmanuel : La voilà, la question que beaucoup n'osent pas dire tout haut. Si je donne mon cœur, mes yeux… qu'est-ce qui ressuscite ?

Élise : Et cette question n'est pas nouvelle. Paul l'a reçue en pleine figure à Corinthe. Première aux Corinthiens, quinze, verset trente-cinq : « Mais quelqu'un dira: Comment les morts ressuscitent-ils, et avec quel corps reviennent-ils? »

Emmanuel : Et sa réponse, c'est une image de paysan. La semence. Tu mets en terre un grain nu, et ce qui sort n'est pas le grain, c'est l'épi. Verset trente-huit : « puis Dieu lui donne un corps comme il lui plaît, et à chaque semence il donne un corps qui lui est propre. »

Élise : Dieu lui donne un corps… Le sujet du verbe, c'est Dieu. La résurrection n'est pas une reconstitution, c'est une création.

Emmanuel : Alors lisons la suite, parce que tout est là. Verset quarante-deux : « Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Le corps est semé corruptible; il ressuscite incorruptible; » Et le verset quarante-quatre : « il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel. S'il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel. »

Élise : Semé corruptible, ressuscité incorruptible. Ce qui est mis en terre est de toute façon rendu à la poussière. La résurrection ne dépend pas de l'état du corps… elle dépend de la puissance de Dieu.

Emmanuel : Pense aux martyrs brûlés pour leur foi. Aux marins perdus en mer. Aux frères et sœurs morts dans des catastrophes où il ne restait rien. Est-ce que Dieu serait embarrassé ? Celui qui a tiré Adam de la poussière saura bien retrouver les siens.

Élise : Et notre garantie, ce n'est pas une théorie. C'est un tombeau vide. Christ est ressuscité corporellement, la mort n'a pas pu le retenir. Le corps de gloire, c'est lui qui le donne, à sa ressemblance.

Emmanuel : Donc, qu'on soit donneur ou non, ce point-là est réglé : donner un organe n'enlève rien, mais alors rien du tout, à la résurrection. Là-dessus, nos deux lectures disent exactement la même chose.

Élise : Et c'est précieux, parce que ça libère la décision de la peur. On peut choisir pour de bonnes raisons… pas sous de mauvaises craintes. La peur est toujours mauvaise conseillère en théologie.

Emmanuel : Retiens cette formule, elle est de toi et elle est juste. La peur, mauvaise conseillère en théologie… La foi décide les yeux levés, pas les yeux baissés.

Élise : Et j'ajoute un mot pour les soignants chrétiens qui nous écoutent, parce qu'il y en a. Votre travail autour des greffes n'est pas une zone grise de la foi… c'est un service rendu à la vie, et Dieu le voit, même quand personne ne vous remercie.

Emmanuel : Amen. Prions pour ces équipes, d'ailleurs. Elles portent des nuits difficiles dont personne ne parle jamais.

5. En parler, choisir, respecter

Élise : Bon. Concrètement. Quelqu'un nous écoute ce soir et se dit : d'accord, mais je fais quoi ?

Emmanuel : Première chose : on se décide devant Dieu, pas devant la télévision. Prends ta Bible, les textes qu'on a lus, prie, parles-en avec des frères et sœurs mûrs. Que ta conviction soit à toi, pleinement.

Élise : Deuxième chose, et j'y tiens plus que tout : dites-le à vos proches. Quelle que soit votre décision. Parce que la question du petit salon, savez-vous ce qu'il aurait voulu… elle tombe toujours au pire moment. Le plus beau cadeau à votre famille, c'est qu'elle n'ait pas à deviner.

Emmanuel : Et si ta conviction, c'est le refus ?

Élise : Alors inscris-toi au registre national des refus, ou laisse un écrit, et dis-le aussi. Sans honte. Une conviction formée devant Dieu n'a pas à s'excuser.

Emmanuel : Chez nous, ça va faire un sujet au prochain repas de famille. Rose va encore dire que je ramène le podcast à la maison.

Élise : C'est exactement le but. Trois phrases à table suffisent : voilà ce que je souhaite, voilà pourquoi, et vous, qu'est-ce que vous voudriez ?

Élise : Une situation fréquente encore : le couple qui n'est pas d'accord. Et je peux en parler… Marc et moi, on n'avait pas la même intuition au départ.

Emmanuel : Ah oui ? Raconte-nous ça.

Élise : Marc était réticent, moi plutôt favorable. Alors on a fait la seule chose sage : on n'a pas tranché en une soirée. Chacun a relu les textes de son côté, on en a reparlé des semaines plus tard, en marchant… c'est mieux, pour les sujets lourds, de marcher. Et chacun a posé sa décision. Elles ne sont pas identiques… et c'est très bien comme ça.

Emmanuel : Parce que c'est une décision de conscience personnelle. Pas un vote de ménage à la majorité.

Élise : Et avec nos deux ados, on a fait simple : on leur a dit ce que chacun souhaitait, et pourquoi. Notre fils a posé mille questions, notre fille a juste dit d'accord. L'important n'était pas leur réaction… c'était qu'ils sachent, pour n'avoir jamais à deviner.

Emmanuel : De la théologie appliquée à hauteur de table de cuisine. C'est celle que je préfère.

Emmanuel : Reste un mot sur le regard qu'on porte les uns sur les autres. Parce que dans une même assemblée, il y aura le frère donneur et la sœur qui refuse.

Élise : Romains quatorze, verset quatre : « Qui es-tu, toi qui juges un serviteur d'autrui? S'il se tient debout, ou s'il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l'affermir. »

Emmanuel : Chacun est le serviteur de Dieu, pas le mien. Je n'ai pas à traiter l'un de matérialiste, ni l'autre de superstitieuse.

Élise : Et gardons de la gratitude pour la médecine, tant qu'elle reste servante. Dieu guérit aussi par des mains humaines, je le vois chaque semaine. Mais elle n'est pas maîtresse. Le corps n'est ni une marchandise ni un gisement… un don reste un don, gratuit, ou il ne mérite plus son nom.

Emmanuel : Servante, pas maîtresse. Et voilà déjà une réponse à ta question du début. Le corps n'appartient pas à la science… il peut seulement lui être confié.

6. Nous sommes au Seigneur

Élise : Alors, Emmanuel, on atterrit où ? Parce qu'on ne va pas finir par un mou chacun fait comme il veut.

Emmanuel : Non. On finit par ce qui est sûr. Un : ton corps appartient au Seigneur, de ton vivant comme dans la mort. Il l'a créé, il l'a racheté. Deux : la résurrection ne dépend pas de l'état du corps, mais du Dieu qui ressuscite les morts. Trois : aimer son prochain n'est pas une option.

Élise : Et là où l'Écriture ne commande pas, elle libère. Romains quatorze, versets sept et huit : « En effet, nul de nous ne vit pour lui-même, et nul ne meurt pour lui-même. Car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur; et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur. »

Emmanuel : Nous sommes au Seigneur. Donneur ou pas, c'est la seule carte qui compte vraiment dans le portefeuille.

Élise : Alors cette semaine : ouvrez ces textes, priez, décidez devant Dieu… et parlez-en à ceux que vous aimez. Et si la question vous travaille encore, portez-la dans votre assemblée, auprès d'anciens. On ne décide pas ça tout seul dans son coin.

Élise : Je nous conduis dans la prière. Notre Dieu, notre bon Papa. Ce corps, c'est toi qui l'as formé, c'est toi qui l'as racheté à un grand prix. Apprends-nous à vivre pour toi et à mourir pour toi, sans peur, puisque Christ est ressuscité. Donne à chacun une pleine conviction, et garde-nous de juger un serviteur qui n'est pas le nôtre. Amen.

Emmanuel : Amen.

Élise : Merci d'avoir cheminé avec nous dans Aux Sources. Parlez-en autour de votre table… et si Dieu veut, à bientôt.

Emmanuel : À bientôt. Que le Seigneur vous garde.

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