L'Esprit Éditorial
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Aux Sources · Questions vives

Le racisme : un seul sang, une seule image

Avec Élise & Emmanuel23:43

Un épisode grave et fraternel sur le racisme : l'Écriture tranche : un seul Créateur, une seule image, un seul sang; et nomme le favoritisme comme un péché, pas comme une maladresse. Emmanuel ouvre avec le récit d'un frère de l'assemblée la veille d'un entretien d'embauche, et confesse sa propre tentation de minimiser ; Élise porte les questions du quotidien et la douceur envers les blessés comme envers ceux qui découvrent leurs angles morts. Ton : netteté biblique sans trembler, respect absolu des personnes, aucune politique, l'examen renvoyé à chaque cœur, et l'espérance concrète de l'assemblée multiculturelle comme maquette d'Apocalypse 7.

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Chapitres & repères

  1. Élise — Bouleversée par le récit, elle refuse qu'on classe ça dans les « sujets de société » : c'est un frère, un banc de l'église, une vie concrète. Elle pose la question qui cadre l'épisode : qu'est-ce que la Bible dit vraiment, au-delà de nos réflexes et de nos gênes ?

    Emmanuel — Il raconte, puis il confesse : sa première réaction intérieure a été de minimiser. C'est cette réaction-là, autant que le récit du frère, qui l'a mis à genoux. Il veut un épisode où l'Écriture parle plus fort que le malaise.

    « Et l'Éternel dit à Samuel: Ne prends point garde à son apparence et à la hauteur de sa taille, car je l'ai rejeté. L'Éternel ne considère pas ce que l'homme considère; l'homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l'Éternel regarde au coeur. »

    1 Samuel 16:7 — Louis Segond 1910

    « Par elle nous bénissons le Seigneur notre Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à l'image de Dieu. »

    Jacques 3:9 — Louis Segond 1910
  2. Élise — Elle s'émerveille de la précision du texte : dès la première page, l'image de Dieu est donnée à L'HOMME : pas à un peuple, pas à une teinte. Elle souligne que la Bible ne connaît qu'une seule race humaine : la génétique moderne n'a fait que rattraper Actes 17:26.

    Emmanuel — Il tient le socle sans trembler : ce n'est pas une opinion chrétienne parmi d'autres, c'est le récit fondateur. Et il raconte Pierre chez Corneille : il a fallu une vision de Dieu, répétée trois fois, pour faire tomber le mur dans le cœur d'un apôtre; donc personne ne doit s'étonner que le mur résiste dans le nôtre.

    « Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme. »

    Genèse 1:27 — Louis Segond 1910

    « Il a fait que tous les hommes, sortis d'un seul sang, habitassent sur toute la surface de la terre, ayant déterminé la durée des temps et les bornes de leur demeure; »

    Actes 17:26 — Louis Segond 1910

    « Alors Pierre, ouvrant la bouche, dit: En vérité, je reconnais que Dieu ne fait point acception de personnes, »

    Actes 10:34 — Louis Segond 1910

    « mais qu'en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable. »

    Actes 10:35 — Louis Segond 1910
  3. Élise — Elle porte l'examen du quotidien, avec douceur mais sans échappatoire : près de qui je m'assieds « naturellement » au culte, qui j'imagine spontanément responsable quand quelque chose disparaît, ce que je ressens quand ma fille me parle de ses amitiés. Les préjugés discrets sont les plus tenaces parce qu'ils ne se voient pas.

    Emmanuel — Jacques est son épître, et il ne l'adoucit pas : « vous commettez un péché ». Pas une maladresse, pas un héritage culturel excusable : un péché contre l'image de Dieu. Mais il tient l'autre bout aussi fort : là où le péché est nommé, la grâce est ouverte ; on ne nomme pas pour écraser, on nomme pour guérir.

    « Mais si vous faites acception de personnes, vous commettez un péché, vous êtes condamnés par la loi comme des transgresseurs. »

    Jacques 2:9 — Louis Segond 1910

    « Car devant Dieu il n'y a point d'acception de personnes. »

    Romains 2:11 — Louis Segond 1910

    « Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton oeil, et alors tu verras comment ôter la paille de l'oeil de ton frère. »

    Matthieu 7:5 — Louis Segond 1910
  4. Élise — Elle pose la question douloureuse qu'on n'ose pas poser : comment des hommes qui lisaient la même Bible que nous ont-ils pu justifier l'esclavage ? Elle refuse les deux fuites : réécrire l'histoire, ou salir l'Église que Christ aime. Dire les deux vérités, posément.

    Emmanuel — Il démonte la torsion pied à pied, texte ouvert : la prétendue « malédiction de Cham » est une lecture fausse : la parole de Noé vise Canaan, et le texte ne dit RIEN d'une couleur de peau. L'Écriture n'a jamais enseigné de hiérarchie des races ; des hommes l'ont trahie. Et le même Évangile a armé les abolitionnistes.

    « Les fils de Noé, qui sortirent de l'arche, étaient Sem, Cham et Japhet. Cham fut le père de Canaan. »

    Genèse 9:18 — Louis Segond 1910

    « Et il dit: Maudit soit Canaan! qu'il soit l'esclave des esclaves de ses frères! »

    Genèse 9:25 — Louis Segond 1910

    « Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. »

    Galates 3:28 — Louis Segond 1910
  5. Élise — Elle apporte la question telle que ses ados la reçoivent : les tableaux, les films, les images d'illustration : un Jésus blond aux yeux clairs. Elle trouve beau que chaque peuple le peigne à son image (il s'est fait homme pour tous) et juste d'en dire la limite (aucun peuple ne le possède).

    Emmanuel — Réponse historique nette et sobre : Jésus est un Juif du Proche-Orient du premier siècle; ni l'Européen des tableaux, ni aucune autre projection. L'iconographie est de la culture, pas de l'Écriture. Et il élève : 2 Corinthiens 5:16 : ce qui sauve n'est pas sa carnation, c'est sa croix.

    « Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. »

    Jean 1:14 — Louis Segond 1910

    « Ainsi, dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair; et si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière. »

    2 Corinthiens 5:16 — Louis Segond 1910

    « Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant: Tu es digne de prendre le livre, et d'en ouvrir les sceaux; car tu as été immolé, et tu as racheté pour Dieu par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation; »

    Apocalypse 5:9 — Louis Segond 1910
  6. Élise — Elle est saisie par l'ironie du texte de Nombres 12 : Marie critique la femme éthiopienne de Moïse, et elle est frappée d'une lèpre « blanche comme la neige » : le texte lui-même retourne le mépris. Elle aime que la Bible ne théorise pas seulement : elle raconte, avec des visages.

    Emmanuel — Il déroule la pédagogie de Jésus : le héros de sa parabole est un Samaritain : celui que l'auditoire méprisait ; au puits, il enjambe le mur que Jean 4:9 décrit ; et en Actes 8, l'eunuque éthiopien est baptisé sans qu'on lui demande rien d'autre que sa foi. À chaque fois, Dieu place la grâce exactement là où le mépris régnait.

    « Marie et Aaron parlèrent contre Moïse au sujet de la femme éthiopienne qu'il avait prise, car il avait pris une femme éthiopienne. »

    Nombres 12:1 — Louis Segond 1910

    « La nuée se retira de dessus la tente. Et voici, Marie était frappée d'une lèpre, blanche comme la neige. Aaron se tourna vers Marie; et voici, elle avait la lèpre. »

    Nombres 12:10 — Louis Segond 1910

    « La femme samaritaine lui dit: Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine? -Les Juifs, en effet, n'ont pas de relations avec les Samaritains. - »

    Jean 4:9 — Louis Segond 1910

    « Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu'il le vit. »

    Luc 10:33 — Louis Segond 1910
  7. Élise — Elle ramène l'espérance au concret du dimanche matin : une assemblée où des dizaines d'origines chantent le même Agneau n'est pas un détail sociologique : c'est une démonstration de l'Évangile que le monde ne sait pas produire. Et elle garde un mot pour ceux qui portent des blessures reçues dans des églises : le mur détruit par Christ n'autorise personne à en rebâtir dans sa maison.

    Emmanuel — Il boucle la boucle : Actes 17:26 à la source : un seul sang ; Apocalypse 7:9 à l'arrivée : toutes les langues devant le trône. Entre les deux, l'Église locale est la maquette de cette foule. Il termine par la prière : pour l'assemblée arc-en-ciel, pour le frère du CV, et pour ceux dont les blessures ne se voient pas.

    « Car il est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, et qui a renversé le mur de séparation, l’inimitié, »

    Éphésiens 2:14 — Louis Segond 1910

    « et de les réconcilier, l'un et l'autre en un seul corps, avec Dieu par la croix, en détruisant par elle l'inimitié. »

    Éphésiens 2:16 — Louis Segond 1910

    « Après cela, je regardai, et voici, il y avait une grande foule, que personne ne pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple, et de toute langue. Ils se tenaient devant le trône et devant l'agneau, revêtus de robes blanches, et des palmes dans leurs mains. »

    Apocalypse 7:9 — Louis Segond 1910

    « A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. »

    Jean 13:35 — Louis Segond 1910