Réellement libres
« Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. »
Il existe des libertés de façade qui ne changent rien au fond. On va où l'on veut tout en restant prisonnier de soi-même : d'une habitude plus forte que nous, d'une rancune qui travaille en sourdine, d'un besoin d'être approuvé qui commande jusqu'à nos gestes. Jésus met le doigt sur cette servitude qu'on ne voit pas. À des interlocuteurs qui se jugeaient libres parce que fils d'Abraham, il répond qu'ils sont en fait esclaves du péché. Et il ouvre une porte : Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres.(Jean 8:36)
Le mot est fort : réellement. Pas seulement en apparence ou sur le papier, mais jusqu'au fond de l'être. La liberté que donne le Christ ne se pose pas comme un vernis sur une âme restée enchaînée ; elle descend jusqu'à la racine. Il ne cherche pas à rendre notre esclavage plus supportable, à nous offrir une cellule un peu plus confortable. Il casse la chaîne. Lui seul peut donc affranchir pour de bon : il agit là où nos résolutions et nos efforts n'arrivent jamais, au coeur de ce qui nous retient.
Note bien que c'est le Fils qui affranchit, et lui seul. Nous ne nous délivrons pas nous-mêmes du péché, pas plus qu'un prisonnier ne desserre ses propres fers. Nos efforts pour nous améliorer, si sincères soient-ils, viennent buter sur ce mur. La liberté nous arrive du dehors, d'en haut, de celui qui peut rendre libre parce qu'il est en personne la vérité. Se reconnaître incapable de se sauver n'a rien d'humiliant ; c'est la première porte de la délivrance.
Cette liberté a jailli d'un tombeau ouvert. Le Fils qui affranchit, c'est le Ressuscité, vivant, vainqueur de tout ce qui nous tenait captifs. Sa liberté n'est pas une belle idée à contempler ; c'est une personne à qui se lier. En cette saison où l'on fête la liberté des nations, laisse le Christ toucher la tienne, jusque dans ce qu'elle a de plus caché. Dis-lui la chaîne que tu portes encore, et demande-lui, à lui qui seul le peut, de te rendre réellement libre. Il en a le pouvoir. Et il le désire pour toi.
Seigneur Jésus, toi seul peux m'affranchir vraiment. Je te remets la chaîne que je n'arrive pas à briser. Rends-moi réellement libre, pas en surface mais au fond du coeur, par la puissance de ta croix et de ta résurrection. Amen.