L'Esprit Éditorial
Le coin du recueillement13 mai 2026 · Été · la création loue Dieu

Tout fait avec sagesse

« Que tes œuvres sont en grand nombre, ô Éternel ! Tu les as toutes faites avec sagesse, La terre est remplie de tes biens. »
Psaume 104:24

Le Psaume 104 est un long émerveillement devant la création : la lumière comme un manteau jeté sur les épaules du monde, les sources qui filent dans les vallées, les oiseaux nichés dans les branches, la lune qui règle le cours des saisons. Au bout de cette contemplation, le psalmiste laisse échapper un cri : Que tes œuvres sont en grand nombre, ô Éternel ! Tu les as toutes faites avec sagesse, La terre est remplie de tes biens.(Psaume 104:24) L'été, avec ses vergers lourds de fruits et ses prairies bourdonnantes, rend ce cri plus facile à reprendre. Devant tant d'abondance, la main s'ouvre pour louer plutôt que pour saisir. Chaque détail porte la trace d'une intelligence aimante qui a tout pensé d'avance.

Le psalmiste précise : tu les as faites avec sagesse, hokmah en hébreu. Le mot dit plus que la puissance ; il dit un savoir-faire, un art, la justesse d'un artisan qui agence bien les choses. C'est la hokmah que les Proverbes mettent en scène comme une personne, déjà présente lorsque Dieu posait les fondements de la terre. Le monde ne sort pas d'un hasard aveugle ni d'une force brute, mais d'une pensée ordonnée et bonne. Regarder la création avec les yeux du psalmiste, c'est y lire l'œuvre d'un artisan sage plutôt qu'un chaos, un ouvrage où chaque geste a son sens, même là où nous ne voyons encore que du désordre.

Cette louange n'a pourtant rien de naïf. Le même psaume parle des lions qui rugissent et de la mort qui reprend le souffle des créatures (Psaume 104:29). La création est splendide et blessée à la fois, soumise à la vanité en attendant d'être délivrée (Romains 8:20-21). Louer Dieu pour ses œuvres ne revient pas à fermer les yeux sur la souffrance du monde ; c'est reconnaître, en plein cœur d'elle, la sagesse et la bonté qui tiennent encore toutes choses. Et le Nouveau Testament donne un nom à celui par qui tout subsiste : le Christ, en qui tout a été créé et en qui tout subsiste (Colossiens 1:16-17). La création chante, et elle attend son Rédempteur.

Cette semaine, laisse un fruit de l'été, une pêche, une grappe, une tomate cueillie au jardin, devenir une occasion de louer. Avant d'y mordre, remercie celui qui l'a pensé avec sagesse. Le geste est minime, mais il rééduque le cœur : il le détourne de l'avidité et l'ouvre à la reconnaissance. La terre est remplie de ses biens, et nous n'en sommes pas les propriétaires, seulement les hôtes qui disent merci. Que l'abondance de l'été te conduise, jour après jour, à joindre ta voix au grand psaume de la création, dans l'attente du jour où tout sera renouvelé en Christ.

Prière

Éternel, que tes œuvres sont nombreuses, et toutes faites avec sagesse ! Ouvre mes yeux à ta bonté répandue dans la création. Garde-moi de l'avidité, donne-moi un cœur reconnaissant, et fais de ma vie une louange, en attendant que tout soit renouvelé en Christ. Amen.