L'Esprit Éditorial
Le coin du recueillement21 mai 2026 · Été · abandon

L'âme apaisée d'un enfant

« Loin de là, j'ai l'âme calme et tranquille, Comme un enfant sevré qui est près de sa mère; J'ai l'âme comme un enfant sevré. »
Psaume 131:2

Le psaume 131 compte parmi les plus courts et les plus désarmants du psautier. David y confesse d'abord ce qu'il ne fait pas : il ne se mêle pas de choses trop grandes, trop élevées pour lui. Vient ensuite une image d'une tendresse rare : Loin de là, j'ai l'âme calme et tranquille, Comme un enfant sevré qui est près de sa mère; J'ai l'âme comme un enfant sevré.(Psaume 131:2) Le mot est choisi : pas le nourrisson qui pleure au sein pour réclamer son dû, mais l'enfant déjà sevré, qui ne vient plus rien chercher et se blottit, simplement. Il ne réclame plus, il repose. C'est le portrait d'un désir apaisé, d'une présence goûtée pour elle-même.

Calmer son âme est un travail, David le laisse entendre. Le verbe qu'il emploie dit un effort, un apaisement qu'il a fallu conquérir. On n'atteint pas la tranquillité de l'enfant sevré sans passer par le sevrage, c'est-à-dire par un renoncement. Il faut lâcher l'exigence que Dieu comble tel désir, tel projet précis, pour apprendre à le vouloir, lui, plus que ses cadeaux. Sur le moment, le sevrage fait mal ; il ouvre pourtant sur une paix plus large. Aussi longtemps que nous venons à Dieu seulement pour ce qu'il donne, notre âme reste agitée. Le jour où nous venons pour lui, elle se pose enfin.

Il y a aussi, dans ce verset, l'humilité de qui accepte de ne pas tout comprendre. David renonce à ce qui est trop grand pour lui. Combien de nos tourments naissent de cette prétention à saisir ce qui nous dépasse : le pourquoi d'une épreuve, le sens d'un silence de Dieu, ce que sera demain. L'enfant sevré ne comprend rien aux affaires de sa mère, et cela ne l'empêche pas de reposer contre elle. Notre paix tient moins à ce que nous comprenons qu'à la confiance que nous accordons. On peut se reposer sur quelqu'un dont on ne perce pas les intentions, du moment qu'on connaît son cœur.

Ce cœur, c'est en Christ que nous le connaissons. Il nous a fait voir Dieu comme un Père, et non comme un maître lointain, et il nous invite à venir à lui comme de petits enfants. Le repos de l'âme n'est pas un exploit spirituel réservé aux plus avancés ; c'est la posture toute simple de celui qui se laisse aimer sans avoir rien à prouver. Cette semaine, essayez une prière sans paroles : tenez-vous quelques minutes devant Dieu sans rien demander, sans requête ni liste à cocher. Soyez seulement là, comme un enfant contre sa mère. Vous découvrirez peut-être que le plus grand repos ne consiste pas à recevoir quelque chose, mais à demeurer auprès de lui.

Prière

Père, apaise et calme mon âme agitée. Sèvre-moi doucement de tout ce que je réclame, pour que j'apprenne à te vouloir toi, plus que tes dons. Je renonce à ce qui est trop grand pour moi et je me blottis contre toi. Merci de m'accueillir comme un petit enfant, sans que j'aie rien à te prouver.