L'Esprit Éditorial
Le coin du recueillement24 mai 2026 · Été · présence

Le silence de son amour

« L'Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, comme un héros qui sauve; Il fera de toi sa plus grande joie; Il gardera le silence dans son amour; Il aura pour toi des transports d'allégresse. »
Sophonie 3:17

Ce verset dort dans un petit prophète qu'on ouvre rarement, et il porte pourtant une des révélations les plus renversantes de l'Ancien Testament. Nous imaginons d'ordinaire un Dieu qu'il nous faudrait réjouir à force d'efforts. Sophonie retourne la scène : c'est Dieu qui se réjouit de nous. L'Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, comme un héros qui sauve; Il fera de toi sa plus grande joie; Il gardera le silence dans son amour; Il aura pour toi des transports d'allégresse.(Sophonie 3:17) Nous nous épuisons à lui plaire, et pendant ce temps c'est lui qui déborde de joie à notre sujet. Que Dieu tienne à nous, on l'admet sans peine ; qu'il exulte de nous, voilà qui dépasse nos catégories. Le texte le dit pourtant, et il le dit d'un peuple qui n'avait rien fait pour le mériter.

L'Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, comme un héros qui sauve; Il fera de toi sa plus grande joie; Il gardera le silence dans son amour; Il aura pour toi des transports d'allégresse.(Sophonie 3:17) La présence de Dieu n'a rien de celle d'un spectateur lointain qui observe et juge de haut. Il est au milieu, engagé, tout proche, et il est fort : un héros, un sauveur puissant. Cela répond à nos deux peurs les plus tenaces, celle d'être seul et celle d'être trop faible pour ce qui vient. Dieu n'est pas seulement là ; il est là pour sauver. Sa présence agit. Au cœur de nos étés comme de nos hivers de l'âme, il se tient au milieu, capable d'agir, et son bras n'est pas raccourci.

Vient ensuite la ligne la plus tendre : L'Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, comme un héros qui sauve; Il fera de toi sa plus grande joie; Il gardera le silence dans son amour; Il aura pour toi des transports d'allégresse.(Sophonie 3:17) Il existe un amour qui n'a plus besoin de mots, qui se contente d'être là et de regarder. Comme un parent penché sur son enfant endormi et qui se tait pour ne rien rompre, Dieu se tait parfois par amour, et non par indifférence. Nous lisons souvent son silence comme un abandon. Sophonie propose autre chose : certains silences de Dieu seraient l'expression de sa tendresse, un amour trop plein pour tenir dans des paroles. Un silence peut n'être pas vide ; il arrive qu'il soit habité.

Et l'émotion finit par déborder : L'Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, comme un héros qui sauve; Il fera de toi sa plus grande joie; Il gardera le silence dans son amour; Il aura pour toi des transports d'allégresse.(Sophonie 3:17) Le verbe hébreu dit une joie qui tourne, qui danse presque, une allégresse incapable de se retenir. Ce Dieu qui exulte est celui qui, en Christ, est venu chercher ce qui était perdu et qui a parlé de la joie du ciel pour un seul pécheur qui se repent. Cette allégresse tient à quelque chose de précis : la croix, où il a sauvé en héros. Cette semaine, laissez cette vérité déranger l'image que vous vous faites de Dieu. Vous n'avez pas à gagner son sourire ; il se réjouit déjà de vous en Christ. Tenez-vous au milieu de son amour, et parfois de son silence, et laissez-vous aimer.

Prière

Éternel, tu es au milieu de moi, héros qui sauve, et tu te réjouis de moi bien au-delà de mon mérite. Apprends-moi à recevoir un amour que je n'ai pas gagné. Quand tu te tais, fais-moi entendre la tendresse de ton silence. Merci de danser de joie pour un racheté comme moi, en ton Fils. Amen.