L'inquiétude déposée
« Ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. »
La seconde quinzaine d'août a un goût à part. Le repos dure encore, mais la rentrée approche, et avec elle toute une file de « il faudra ». Reprendre le travail. Remettre la maison en ordre. Rouvrir les dossiers laissés de côté. L'inquiétude s'installe sans bruit. Paul écrit depuis une prison, et voilà qu'il ose dire : Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces.(Philippiens 4:6)
Ce n'est pas l'insouciance d'un homme que la vie aurait épargné. C'est la paix de quelqu'un qui a fini par apprendre où déposer ce qui l'accable. Il ne nie pas les besoins, il les réoriente. L'inquiétude tourne en rond dans la tête ; la prière, elle, porte ces mêmes besoins jusqu'à Dieu.
Le remède qu'il donne est précis : faire connaître à Dieu chacun de nos besoins, par des prières et des supplications, en toute chose. En toute chose : rien n'est trop petit ni trop grand pour la prière. Nous croyons souvent devoir régler nos affaires nous-mêmes et ne déranger Dieu que dans les grandes crises. Paul renverse cette habitude et nous invite à tout lui dire, jusqu'aux détails de la rentrée qui nous pèsent. Prier, ce n'est pas informer un Dieu ignorant. C'est reconnaître, besoin après besoin, que nous ne portons pas notre vie tout seuls. C'est faire glisser le poids de nos épaules vers les siennes.
Un mot mérite qu'on s'y arrête : avec des actions de grâces. La prière chrétienne n'est pas qu'une file de demandes anxieuses ; la gratitude l'accompagne. Remercier avant même d'avoir reçu, c'est dire sa confiance : le Dieu à qui je demande est celui qui m'a déjà tant donné en Christ. La reconnaissance désamorce l'inquiétude, parce qu'elle rappelle un long passé de fidélité. On ne peut pas compter les bienfaits reçus et se croire abandonné dans le même souffle. C'est sur ce sol de gratitude que la paix prend racine.
Alors vient la promesse : Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ.(Philippiens 4:7)
Une paix qui ne s'explique pas et qui pourtant monte la garde, comme une sentinelle postée à la porte du cœur. Cette semaine, dès qu'une inquiétude de rentrée te saisit, fais-en tout de suite une prière : nomme le besoin, remercie pour un bienfait précis, remets le tout à Dieu. Tu n'as pas à fabriquer ton calme ; il t'est donné en Jésus-Christ. Dépose, et laisse sa paix prendre le tour de garde à ta place.
Père, je dépose devant toi mes inquiétudes de rentrée, sans rien te cacher. Reçois mes demandes et ma reconnaissance ensemble, et que ta paix garde mon cœur en Jésus-Christ. Je m'appuie sur toi. Amen.