L'Esprit Éditorial
Le coin du recueillement31 mai 2026 · Fin d'été · force renouvelée

Renouveler sa force

« Mais ceux qui se confient en l'Éternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles; ils courent, et ne se lassent point, ils marchent, et ne se fatiguent point. »
Ésaïe 40:31

Drôle de paradoxe : c'est souvent au retour des vacances que la fatigue guette le plus, rien qu'à penser à tout ce qui reprend. Ésaïe parle à un peuple épuisé, découragé, persuadé que Dieu l'a oublié. À ces gens à bout, il n'annonce pas d'abord un regain d'énergie ; il leur montre Quelqu'un à qui se confier : Mais ceux qui se confient en l'Éternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles; ils courent, et ne se lassent point, ils marchent, et ne se fatiguent point.(Ésaïe 40:31) La force promise ne monte pas de nous, de réserves qu'on aurait refaites ou d'un surcroît de volonté. Elle est renouvelée, redonnée d'ailleurs, dans un échange : nous remettons notre faiblesse, et Dieu communique sa force.

Le verbe hébreu rendu par « se confier », qavah, dit aussi l'attente : une corde tendue vers son point d'ancrage. Se confier en l'Éternel, c'est attendre de lui, poser sur lui tout son appui, laisser tout son poids basculer de son côté. Rien d'une passivité paresseuse. C'est l'attente de celui qui sait d'où lui viendra le secours. Notre époque célèbre l'autosuffisance et la performance ; Ésaïe prend le contre-pied. Ceux qui tiennent ne sont pas les plus robustes, mais ceux qui ont appris à attendre en Dieu. L'endurance qui dure n'est pas affaire de muscles ; elle pousse sur la confiance.

Le prophète déploie l'image en trois mouvements : l'aigle qui prend son vol, puis la course, puis la marche. On attendrait qu'il aille du plus modeste au plus éclatant ; il fait l'inverse. Après l'envol et la course, il finit par la marche, l'allure la plus humble, la plus quotidienne. Le plus dur, ce n'est pas l'exploit d'un jour, c'est de marcher fidèlement, un jour après l'autre, sans s'effondrer. Dieu donne aussi sa grâce pour les tâches sans éclat, celles de la rentrée qui recommence.

Cette semaine, avant de miser sur ton énergie retrouvée, apprends d'abord à te confier. Là où tu redoutes de ne pas tenir (un rythme, une charge, une relation compliquée), remets ta faiblesse à Dieu et attends de lui la force. Rappelle-toi que Christ lui-même a connu la fatigue et t'invite à venir puiser en lui. Tu n'as pas à trouver au fond de toi de quoi affronter l'automne. Tu as à te confier en Celui qui renouvelle la force. Marche, et ne te fatigue point, par ses forces et non par les tiennes.

Prière

Éternel, je me confie en toi et j'attends de ta main la force qui me manque. Renouvelle-moi pour la marche ordinaire des jours qui viennent. Que je m'appuie sur ta grâce en Christ, non sur mes réserves. Amen.