Ne pas s'appuyer sur soi
« Confie-toi en l’Éternel de tout ton cœur, Et ne t’appuie pas sur ta sagesse ; Reconnais-le dans toutes tes voies, Et il aplanira tes sentiers. »
L'approche de la rentrée réveille une vieille tentation : tout vouloir tenir par la seule force de notre tête. On refait dix fois le même calcul, on imagine chaque scénario, on se persuade qu'à force de réfléchir l'inquiétude finira par s'éteindre. Le sage d'Israël connaît ce réflexe et le désarme d'une phrase : ne t'appuie pas sur ta propre sagesse. Il ne méprise pourtant pas l'intelligence, lui qui, tout au long des Proverbes, en fait l'éloge. Ce qu'il vise, c'est l'appui qu'on se choisit. L'homme intelligent qui ne compte que sur lui bâtit sur du sable.
La solution ne consiste pas à réfléchir moins ; elle consiste à poser sa confiance ailleurs, de tout son cœur. Dans la Bible, le cœur ne se réduit pas aux émotions : c'est le centre de la personne, l'endroit d'où partent les décisions. Se confier de tout son cœur, c'est donc engager tout son être dans un appui qui n'est plus soi-même. Vient alors la promesse : Dieu aplanira tes sentiers. Il ne te dispense pas de marcher, il rend la route praticable. Il n'efface pas le chemin ; il ôte les obstacles qui le barraient.
Cette confiance repose sur un geste : reconnaître Dieu dans toutes nos voies. Ce Dieu, nous le connaissons désormais à visage découvert, en Jésus-Christ, qui s'est présenté comme le chemin. Le sentier aplani par excellence, c'est celui qu'il a ouvert par sa croix jusqu'au Père. Se confier de tout son cœur, aujourd'hui, ne revient pas à parier sur une providence vague. C'est s'appuyer sur quelqu'un qui a prouvé son amour en livrant sa vie. On lâche plus facilement le volant de sa propre sagesse quand on sait à qui l'on confie la conduite.
Voici pour cette semaine : la prochaine décision de rentrée qui te tient éveillé la nuit, cesse de la ruminer seul dans ta tête. Nomme-la devant Dieu, à voix haute s'il le faut, et demande-lui d'aplanir ce sentier-là. Puis avance, ta réflexion remise à sa juste place, comme un outil dans la main d'un cœur qui se confie, et non comme un dieu de secours.
Éternel, je pose devant toi la sagesse dont je m'entoure comme d'un rempart. Je me confie en toi de tout mon cœur. Reconnais-toi dans mes voies et aplanis mes sentiers, pour l'amour de Jésus, le chemin que tu m'as ouvert. Amen.