Confier avant d'entreprendre
« Recommande à l'Éternel tes œuvres, Et tes projets réussiront. »
Septembre est la saison des projets. On rouvre les cahiers des charges, on se fixe des objectifs, on se promet de mieux faire cette année. L'énergie est bonne, l'élan légitime. Mais le Proverbe glisse un geste tout simple avant l'action : recommande. Avant de bâtir, remets ; avant de courir, confie. Il ne s'agit pas de renoncer à agir, ni de poser un vernis pieux sur des plans déjà décidés. Il s'agit de placer vraiment nos œuvres entre des mains plus sûres que les nôtres, et d'y consentir du cœur.
Le verbe hébreu employé, gôl, dit littéralement le fait de rouler un fardeau, de le faire basculer sur un autre. On roule une pierre trop lourde pour l'épaule. Recommander ses œuvres à l'Éternel, c'est faire rouler sur lui le poids qu'on porte : l'incertitude du résultat, la peur de l'échec, jusqu'à l'orgueil du succès. Ce mouvement délie les mains crispées et rend au travail sa juste place, sérieux sans être écrasant.
La promesse que tes projets réussiront n'est pas une formule magique de prospérité. La Bible ne garantit pas que tout aboutira comme nous l'avions rêvé. Elle promet que des pensées remises à Dieu seront affermies, redressées, orientées vers un bien que nous ne voyons pas encore. Il arrive que la vraie réussite soit un projet corrigé, ralenti, transformé. Celui qui confie apprend à vouloir ce que Dieu affermit, au lieu d'exiger ce qu'il avait lui-même arrêté.
Prends aujourd'hui l'un de tes projets de rentrée, le plus lourd sans doute, et fais-le rouler sur le Seigneur par une prière nommée, précise. Puis remets-toi au travail, les mains libres. La grâce ne te dispense pas de l'effort ; elle t'en retire l'angoisse, parce que Christ tient déjà ce que tu lui remets.
Seigneur, je fais rouler sur toi le poids de mes projets. Prends-les, corrige-les, affermis ce qui vient de toi et défais ce qui n'en est pas. Que mes mains travaillent libres, confiantes en ta bonté. Amen.