La patience du laboureur
« Soyez donc patients, frères jusqu'à l'avènement du Seigneur. Voici, le laboureur attend le précieux fruit de la terre, prenant patience à son égard, jusqu'à ce qu'il ait reçu les pluies de la première et de l'arrière-saison. »
Jacques va chercher sa leçon dans les champs, là où le paysan connaît une science que nous avons perdue : celle de l'attente. Le laboureur ne déterre pas la semence chaque matin pour vérifier qu'elle pousse. Il a confié le grain à la terre, et il attend Soyez donc patients, frères jusqu'à l'avènement du Seigneur. Voici, le laboureur attend le précieux fruit de la terre, prenant patience à son égard, jusqu'à ce qu'il ait reçu les pluies de la première et de l'arrière-saison.(Jacques 5:7)
, sachant qu'entre les semailles et la moisson doivent tomber les pluies de la première et de l'arrière-saison. Sa patience n'a rien d'une résignation. Il a travaillé sa confiance, et il tient déjà pour précieux un fruit qu'il n'a pas encore vu.
Le mot grec que Jacques emploie pour la patience, makrothumia, dit littéralement la « longueur d'âme » : une âme qui ne se rétracte pas, qui tient dans la durée sans se briser. Notre époque pressée voudrait la récolte le jour même des semailles. Jacques ne nous demande pas de désirer le fruit avec moins de force ; il nous demande de ne pas l'arracher avant l'heure, en laissant à Dieu le temps qu'il met à faire mûrir.
Cette patience a un horizon précis : Soyez donc patients, frères jusqu'à l'avènement du Seigneur. Voici, le laboureur attend le précieux fruit de la terre, prenant patience à son égard, jusqu'à ce qu'il ait reçu les pluies de la première et de l'arrière-saison.(Jacques 5:7)
. Le laboureur attend les pluies ; le croyant attend le retour de Christ, ressuscité et vivant, qui reviendra achever ce qu'il a commencé. Notre attente ne flotte pas dans le vide, elle est tendue vers une venue certaine. Le fruit ne tient pas à notre endurance, il tient à la fidélité de Celui qui vient, qui n'a jamais manqué une seule de ses promesses.
Y a-t-il, dans ta vie, une semence enfouie qui te fait perdre patience : un enfant qui s'éloigne, une prière restée sans réponse, un caractère lent à changer ? N'exhume pas le grain. Arrose-le de prière, laisse tomber sur lui les pluies de Dieu, et attends avec cette longueur d'âme que donne l'Esprit. Le fruit précieux vient en son temps, à qui apprend à attendre son Seigneur.
Seigneur, donne-moi la longueur d'âme du laboureur. Je remets entre tes mains les semences qui tardent à lever et les prières encore sans réponse. Fais tomber tes pluies en leur temps, et garde mon cœur en paix jusqu'à ton retour. Amen.