La soif au désert
« O Dieu! tu es mon Dieu, je te cherche; Mon âme a soif de toi, mon corps soupire après toi, Dans une terre aride, desséchée, sans eau. »
David écrit ce psaume alors qu'il se trouve réellement au désert, fuyant, exilé, privé du sanctuaire où il aimait rencontrer Dieu. La terre aride autour de lui devient l'image de son âme. O Dieu! tu es mon Dieu, je te cherche; Mon âme a soif de toi, mon corps soupire après toi, Dans une terre aride, desséchée, sans eau.(Psaume 63:2)
Il ne dit pas d'abord sa peur ni sa fatigue; il dit sa soif de Dieu. Au milieu de tout ce qui lui manque, c'est la présence de Dieu qui lui manque le plus, et il la cherche de tout son être, corps et âme confondus dans le même élan.
Il y a quelque chose de sain dans cette soif avouée. David ne feint pas d'être comblé; il reconnaît son manque et l'oriente vers la bonne source. Nos déserts intérieurs, ces saisons de sécheresse spirituelle où la prière semble sans écho, ne sont pas forcément un mal. Ils réveillent la soif que le confort endort. Celui qui a tout à portée de main ne sait plus qu'il a soif; celui que le désert dépouille se remet à chercher Dieu pour lui-même.
Remarque comme David cherche. Il ne reste pas passif à attendre que la soif passe; il se met en quête, il tend tout son être vers Dieu. Chercher Dieu, ce n'est pas une technique pour se remplir de vagues sensations; c'est le désir tendu vers une personne, l'attente de sa présence réelle. Et cette quête n'est jamais déçue, car Dieu se laisse trouver par qui le cherche ainsi. La soif elle-même est déjà un début de rencontre.
Si ton été traverse un désert, si Dieu te semble loin et ta prière aride, ne fuis pas cette soif, nomme-la. Dis comme David: mon âme a soif de toi. Puis souviens-toi que Celui que tu cherches est venu te chercher le premier. Au désert de la croix, Jésus a connu la soif extrême pour que la tienne soit un jour comblée. Cherche-le, et tu le trouveras; ton désert deviendra le lieu même où sa présence se révèle.
O Dieu, tu es mon Dieu, et mon âme a soif de toi comme une terre aride. Dans mes déserts, apprends-moi à te chercher plutôt qu'à fuir ma soif. Viens combler ce manque de toi, toi qui, le premier, es venu me chercher en Jésus-Christ. Amen.