Ne point se relâcher
« Jésus leur adressa une parabole, pour montrer qu'il faut toujours prier, et ne point se relâcher. »
Il y a un mot dans ce verset qui semble écrit pour la fin de l'été : se relâcher. Luc nous dit que si Jésus a raconté une parabole, c'est précisément pour montrer qu'il faut toujours prier et ne point se relâcher. Le relâchement n'est pas un gros péché spectaculaire ; c'est un ralentissement lent, une prière qui s'espace jusqu'à se taire, une confiance qui se refroidit sans bruit. Jésus connaît ce mouvement du cœur. Il ne le condamne pas d'un ton dur ; il nous en avertit avec la tendresse de celui qui sait de quoi nous sommes faits.
Le verbe grec traduit par « se relâcher » évoque le fait de perdre courage, de baisser les bras, de se laisser gagner par la fatigue au point de renoncer. Ce n'est pas d'abord une question de discipline, c'est une question d'espérance. On cesse de prier quand on cesse, au fond, de croire que cela change quelque chose. La parabole que Jésus raconte ensuite, celle de la veuve qui revient sans se lasser devant le juge, dit exactement l'inverse : si un juge injuste finit par répondre, combien plus notre Père répondra-t-il à ses enfants qui crient vers lui.
Prier toujours ne veut pas dire réciter sans fin ni transformer la prière en corvée qui nous mettrait en règle avec Dieu. La prière n'achète rien ; elle est le souffle de qui sait dépendre. C'est le geste de l'enfant qui revient vers son Père non parce qu'il a réussi sa journée, mais parce qu'il a besoin de lui. Christ a tout accompli à la croix pour que ce chemin vers le Père reste ouvert en permanence, sans mérite à présenter, sans rendez-vous à mériter.
Reprendre la prière après le relâchement de l'été n'exige pas un grand programme. Cette semaine, commence par une seule habitude concrète : un temps fixe, court, chaque jour, ne serait-ce qu'au réveil ou avant le coucher. Ne vise pas la perfection, vise la constance. Et le jour où tu sens que tu baisses les bras, souviens-toi que Celui à qui tu parles ne se relâche jamais de son côté. Sa fidélité soutient la nôtre quand elle vacille.
Seigneur, tu sais comme mon cœur se relâche sans que je m'en aperçoive. Ranime en moi le désir de te parler chaque jour. Apprends-moi à prier sans me lasser, non pour te forcer la main, mais parce que je dépends de toi. Merci d'avoir gardé le chemin ouvert. Amen.