L'Esprit Éditorial
Le coin du recueillement23 août 2026 · Fin d'été · affermir son cœur

Veiller et tenir ferme

« Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes, fortifiez-vous. »
1 Corinthiens 16:13

Paul termine sa longue lettre aux Corinthiens par quelques mots serrés, comme un capitaine qui lance ses dernières consignes avant la marche. Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes, fortifiez-vous. Quatre verbes brefs, énergiques, qui sonnent comme un réveil. Après une saison de détente, ce ton nous secoue utilement. La foi n'est pas seulement affaire de repos et de consolation ; elle demande aussi de la vigilance et de la fermeté, surtout quand une nouvelle saison s'ouvre avec ses combats.

Le premier verbe, veillez, suppose qu'on avait peut-être fermé les yeux. Veiller, c'est rester éveillé là où le danger guette, garder l'œil ouvert quand tout invite à l'assoupissement. Le relâchement spirituel ne s'annonce jamais bruyamment ; il s'installe dans la somnolence, dans l'inattention. Puis vient demeurez fermes dans la foi : non pas fabriquer une foi nouvelle chaque matin, mais tenir bon dans celle qu'on a reçue, sans se laisser emporter par tous les vents. La fermeté n'est pas de la rigidité, c'est un enracinement.

On pourrait croire ces appels épuisants, comme s'ils reposaient tout sur nos épaules. Mais le dernier mot corrige cette impression : fortifiez-vous. Le verbe grec est à une forme qui signifie littéralement « soyez fortifiés », c'est-à-dire laissez-vous rendre forts. La force ne vient pas de nous, elle nous est communiquée. Paul ne nous demande pas de puiser dans nos propres réserves, toujours limitées, mais de recevoir la vigueur de Celui qui la donne. La fermeté chrétienne est une force reçue, non une performance arrachée.

Ce dimanche, entends ces quatre verbes comme adressés à toi. Où t'es-tu assoupi cet été ? Sur quel point ta foi a-t-elle vacillé ? Ne réponds pas par un serrement de dents, mais par un retour à la source de la force. Cette semaine, reprends un appui concret, la prière, la Parole, l'assemblée, et demande à Dieu de te fortifier là où tu te sens faible. Veiller et tenir ferme n'est pas rester crispé ; c'est rester relié à Celui qui, seul, nous garde debout.

Prière

Seigneur, réveille-moi de mes assoupissements et affermis ma foi. Je ne peux pas me tenir debout par mes seules forces ; fortifie-moi toi-même. Que je veille et demeure ferme, non en serrant les dents, mais en m'appuyant sur ta puissance. Amen.