Courir les yeux fixés sur lui
« Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d'une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l'ignominie, et s'est assis à la droite du trône de Dieu. »
L'auteur de l'épître aux Hébreux compare la vie de foi à une course, une longue course d'endurance. Il ne parle pas d'un sprint, où l'on donne tout d'un coup, mais d'une carrière à parcourir avec persévérance. La distinction est précieuse pour qui reprend après un temps de relâche. La vie chrétienne ne se gagne pas dans un élan spectaculaire vite retombé, mais dans une constance patiente, un pas après l'autre, sur la longueur. Ce qui compte n'est pas la vitesse du départ, c'est de tenir jusqu'au bout.
Avant de courir, il faut alléger la charge. Le texte invite à rejeter tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement. Un coureur ne s'élance pas avec un manteau lourd sur les épaules. En reprenant la course de la foi, il est bon de nommer ce qui nous alourdit, ces poids inutiles accumulés pendant l'été, ces habitudes qui ralentissent, et de les déposer. On ne court pas bien encombré. La liberté du croyant, c'est de laisser tomber ce qui n'ajoute rien pour avancer plus léger.
Mais tout le secret tient dans une direction du regard : ayant les regards sur Jésus. Un coureur qui fixe ses pieds ou regarde les concurrents trébuche ; celui qui garde les yeux sur le but tient sa ligne. Jésus est appelé le chef et le consommateur de la foi, c'est-à-dire celui qui l'a inaugurée et qui la mènera à son terme. Il n'est pas seulement notre modèle, il est notre force. Il a lui-même couru jusqu'à la croix, en vue de la joie qui lui était réservée, et il nous attend au bout, assis à la droite de Dieu.
Cette semaine, reprends la course sans regarder en arrière, vers les jours où tu as ralenti. Fixe plutôt tes regards sur Jésus. Concrètement, chaque fois que le découragement te dit que tu es trop en retard, trop lent, trop faible, ramène ton attention sur lui, sur ce qu'il a accompli, sur le but où il t'attend. La persévérance ne vient pas de la crispation sur soi, mais de ce regard tourné vers Celui qui a couru le premier et qui court avec toi.
Seigneur Jésus, tu es le chef et le consommateur de ma foi. Aide-moi à déposer ce qui m'alourdit et à courir avec persévérance. Quand je faiblis, ramène mes regards vers toi, qui as couru jusqu'à la croix et m'attends au but. Amen.