Comme pour le Seigneur
« Tout ce que vous faites, faites-le de bon coeur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, »
La rentrée, c'est le retour aux tâches ordinaires, et beaucoup d'entre elles n'ont rien d'exaltant. Des dossiers qui se ressemblent, un ménage qui recommence chaque jour, des devoirs à faire relire, des trajets répétés. Paul écrit cette parole d'abord à des esclaves, à des gens dont le travail était le plus humble et le moins reconnu qui soit. Et il leur dit une chose renversante : faites-le comme pour le Seigneur. Le travail le plus obscur change de nature quand il change de destinataire.
Voilà qui transfigure le quotidien sans rien y ajouter d'extérieur. La même tâche, faite pour être vue des hommes, devient une course à l'estime, et elle épuise. Faite pour le Seigneur, elle devient une offrande, et elle libère. Peu importe alors que personne ne remarque, que le chef soit injuste, que le mérite aille à un autre : le vrai spectateur de mon travail, c'est Dieu, et lui voit tout. De bon coeur, dit Paul, littéralement du fond de l'âme. Non les bras traînants, mais l'âme engagée, parce que celui pour qui je le fais en vaut la peine.
Gardons-nous d'un contresens. Bien travailler pour le Seigneur n'est pas un moyen de gagner sa faveur ou d'ajouter à notre salut. Paul dira, quelques lignes plus loin, que nous servons Christ le Seigneur parce que nous avons déjà reçu de lui l'héritage. Notre labeur n'achète rien, il répond à une grâce. On ne travaille pas pour être aimé de Dieu, on travaille parce qu'on l'est déjà. Cela ôte toute anxiété du résultat et met dans la tâche la joie tranquille de la reconnaissance.
Choisis, cette semaine, la corvée que tu redoutes le plus, la plus ingrate de tes obligations. Et fais-la une fois, consciemment, comme pour le Seigneur. Non pour impressionner, non pour te sentir méritant, mais comme un service rendu à Celui qui t'a tout donné. Tu découvriras qu'aucun travail n'est vraiment petit quand il est offert à un grand Maître, et que l'ordinaire de ta rentrée peut devenir un lieu d'adoration.
Seigneur, tu vois le travail que personne ne remarque. Apprends-moi à l'accomplir de bon coeur, comme pour toi et non pour l'estime des hommes. Que mes tâches les plus ordinaires deviennent une offrande, dans la joie d'avoir déjà tout reçu de ta grâce. Amen.