Si l'Éternel ne bâtit
« Cantique des degrés. De Salomon. Si l'Éternel ne bâtit la maison, Ceux qui la bâtissent travaillent en vain; Si l'Éternel ne garde la ville, Celui qui la garde veille en vain. »
Ce psaume est attribué à Salomon, l'homme qui a bâti plus que quiconque, un palais, un temple, des villes entières. Et voilà que le grand bâtisseur pose une réserve sur toute construction humaine : si l'Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain. Ce n'est pas un appel à la paresse. Le psaume ne dit pas qu'il est inutile de bâtir, il dit qu'il est inutile de bâtir sans Dieu. Toute notre énergie de rentrée, tous nos projets de maison, de carrière, de famille, reposent sur cette question première : qui bâtit avec nous ?
Le mot vain revient deux fois, et il fait mouche. On peut travailler dur, veiller tard, s'agiter du matin au soir, et que tout cela soit vain, c'est-à-dire vide, sans consistance, si Dieu n'y est pas. Ce n'est pas la quantité d'effort qui fonde une oeuvre, c'est la présence de Dieu en elle. Combien de maisons somptueuses, de réussites éclatantes se sont révélées creuses, faute d'avoir été bâties avec lui. À l'inverse, l'ouvrage le plus modeste, s'il est confié au Seigneur, tient et porte du fruit. La différence ne se voit pas dans les matériaux, mais dans le fondement invisible.
Le psaume enchaîne d'ailleurs sur une image tendre : c'est en vain que vous vous levez matin, que vous vous couchez tard, car il donne du pain à son bien-aimé pendant son sommeil. Loin de l'anxiété qui croit tout tenir sur ses épaules, le croyant peut travailler sérieusement puis dormir en paix, parce que ce n'est pas lui, en dernier ressort, qui fait tenir sa vie. Il y a un repos de la foi, celui de qui a remis son chantier à un maître d'oeuvre plus grand et plus fidèle que lui.
Cette maison que Dieu bâtit, c'est finalement lui qui en pose la pierre angulaire, et cette pierre, l'Écriture le dit, c'est Christ. On ne bâtit rien de durable qu'à partir de lui. En ce jour, examine le grand projet de ta rentrée, et pose-lui cette question : est-ce que je le bâtis pour Dieu et avec lui, ou seulement pour moi et par moi seul ? Puis remets-le-lui, en lui demandant d'en être le maître d'oeuvre. Alors ton travail cessera d'être vain : il reposera sur celui qui ne bâtit jamais en vain.
Éternel, sans toi je bâtis en vain, je veille en vain. Sois le maître d'oeuvre de ma maison, de mon travail, de mes projets. Apprends-moi à besogner avec sérieux puis à me reposer en paix, parce que c'est toi, et non ma seule force, qui fais tenir ma vie. Amen.