Un ouvrier appliqué
« Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n'a point à rougir, qui dispense droitement la parole de la vérité. »
Paul écrit à Timothée, un jeune homme sans doute tenté par le découragement, et il lui donne une image de travail : sois un ouvrier qui n'a point à rougir. Le christianisme n'est pas fait que de contemplation, il a aussi son labeur, sa discipline, son application. Efforce-toi, dit Paul, littéralement mets-y du zèle, de l'ardeur. Il y a une paresse spirituelle qui laisse tout aller, qui attend que la foi grandisse toute seule, sans effort. Paul y oppose la figure de l'ouvrier consciencieux, qui met du soin à son ouvrage.
Quel est cet ouvrage ? Dispenser droitement la parole de la vérité. Le verbe grec employé ici est concret et frappant : il évoque quelqu'un qui trace un sillon droit, ou qui coupe droit une route, une pièce d'étoffe, un morceau de bois. Manier la Parole, ce n'est pas la tordre à sa convenance ni la couper de travers, c'est la traiter avec droiture, la comprendre pour ce qu'elle dit vraiment. Voilà un travail qui demande de l'application : lire la Bible attentivement, chercher son sens réel, ne pas se contenter d'à-peu-près. La Parole mérite un ouvrier soigneux, non bâcleur.
Notons devant qui se fait ce travail : se présenter devant Dieu. Là est le juge de notre ouvrage, non le regard des hommes ni notre propre satisfaction. Un ouvrier qui n'a point à rougir, c'est celui qui peut présenter son travail à son maître sans honte, parce qu'il l'a fait avec droiture et sérieux. Et remarquons bien : Paul ne dit pas que ce travail nous sauve. Timothée est déjà en Christ. L'effort de l'ouvrier n'achète pas la faveur de Dieu, il répond au don reçu. On travaille bien la Parole non pour être aimé, mais parce qu'on l'est.
Cette parole de vérité, au fond, a un centre, et ce centre est une personne. Christ a dit qu'il était la vérité, et toute l'Écriture, droitement dispensée, conduit à lui. Dispenser droitement la Parole, c'est finalement bien montrer Christ, ne pas le manquer. Cette semaine, sois un ouvrier appliqué : prends un passage, même court, et travaille-le vraiment, cherche ce qu'il dit, non ce que tu voudrais qu'il dise. La discipline de la Parole n'est pas une corvée aride ; c'est le soin d'un ouvrier heureux de bien manier ce que son Maître lui a confié.
Seigneur, fais de moi un ouvrier appliqué de ta Parole, qui la manie avec droiture et non de travers. Délivre-moi de la paresse spirituelle et de l'à-peu-près. Que je travaille sous ton seul regard, non pour gagner ton amour, mais par reconnaissance, et que ma lecture me conduise toujours à Christ. Amen.