L'Esprit Éditorial
Le coin du recueillement6 octobre 2026 · Automne · gratitude pour la moisson

L'année couronnée de biens

« Tu couronnes l'année de tes biens, Et tes pas versent l'abondance; »
Psaume 65:12

L'automne est la saison où l'on récolte ce qu'on a semé au printemps. Les vergers ploient, les greniers se remplissent, et le regard, en balayant les champs moissonnés, découvre soudain tout ce qui a été donné. Le psalmiste met des mots sur cette évidence discrète : l'année ne s'est pas faite toute seule. Tu couronnes l'année de tes biens, Et tes pas versent l'abondance;(Psaume 65:12) Dieu la couronne, comme on pose une couronne sur une tête. Chaque saison, chaque pluie tombée au bon moment, chaque épi mûri est un bienfait déposé par une main que nous ne voyons pas, mais qui n'a pas cessé de travailler pendant que nous dormions.

L'image que David emploie est belle et concrète. Il parle des pas de Dieu qui versent l'abondance, comme si le Créateur traversait ses champs et que, sur son passage, la fertilité débordait. Nous avons vite fait d'attribuer la récolte à notre seul travail, à notre habileté, à nos calculs. La Parole nous ramène à plus de justesse. Nous labourons et nous semons, mais c'est Dieu qui donne la croissance. Le pain sur ta table ce matin a une longue histoire, et au bout de cette histoire il y a un Père qui pourvoit.

La gratitude n'est pas un supplément d'âme pour les jours faciles. Elle est le regard juste sur la réalité, celui qui reconnaît d'où vient tout ce que nous tenons. L'orgueil dit : j'ai produit cela. L'inquiétude dit : et si demain je manquais ? La reconnaissance, elle, se tient entre les deux et rend grâce pour aujourd'hui, en confiant demain à celui qui a déjà couronné cette année de ses biens. Compter ses bienfaits, ce n'est pas se mentir sur ce qui pèse ; c'est refuser d'oublier ce qui a été donné.

Cette semaine, avant de te plaindre de ce qui manque, arrête-toi devant ce qui abonde. Une table, un toit, un corps qui tient debout, des visages aimés. Et remonte plus haut encore : le plus grand bien versé sur notre année, ce n'est pas la moisson des champs, c'est le Fils donné pour nous. Celui qui n'a pas épargné son propre Fils ne nous refusera pas le nécessaire. Reçois donc ta journée comme une couronne posée par lui, et que ta première parole, ce matin, soit un merci.

Prière

Père, tu couronnes l'année de tes biens et tes pas versent l'abondance. Garde-moi de croire que je me suis nourri moi-même. Ouvre mes yeux à tout ce que tu donnes, et par-dessus tout au Fils que tu m'as donné. Que ma vie devienne action de grâces. Amen.