Ne pas se lasser de faire le bien
« Ne nous lassons pas de faire le bien; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. »
Il y a une fatigue particulière, celle du bien qui semble ne rien produire. On prie pour quelqu'un depuis des années sans voir changement. On tient bon dans un foyer difficile, on sert dans l'ombre, on pardonne encore, et rien ne paraît. La tentation vient alors doucement : à quoi bon ? Paul connaît cette lassitude, et il l'affronte de face. Ne nous lassons pas de faire le bien; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas.(Galates 6:9)
Il ne nie pas que faire le bien puisse épuiser. Il redresse seulement notre regard vers la récolte que nous ne voyons pas encore.
Le verbe grec qu'il emploie ne dit pas d'abord la fatigue du corps ; il dit le découragement, cet abandon intérieur qui fait baisser les bras avant l'heure. Paul reprend l'image des champs, si parlante en cette saison. Le paysan sème au printemps et attend patiemment tout l'été avant de moissonner. Personne ne récolte le jour même où il sème. Le bien que tu fais est une semence enfouie ; sa moisson a son heure, l'heure que Dieu juge convenable, et non celle que notre impatience fixerait.
Remarque bien où repose la promesse : nous moissonnerons, si nous ne nous relâchons pas. La persévérance n'est pas une performance qui arracherait la bénédiction à Dieu, comme un salaire dû. Elle est la marque d'une foi qui tient parce qu'elle s'appuie non sur ses résultats visibles, mais sur la fidélité de celui qui a promis. Nous persévérons parce que Christ a d'abord persévéré pour nous jusqu'au bout, jusqu'à la croix, sans se lasser de nous aimer quand nous ne produisions rien de bon.
Cette semaine, ne mesure pas ta fidélité aux fruits que tu vois. Là où tu es tenté de renoncer, dans une relation, un service, une prière obstinée, tiens encore un peu. Demande à Dieu la force de semer un jour de plus sans exiger la récolte tout de suite. Le temps convenable lui appartient, et il ne l'oublie pas. Celui qui fait lever le blé des champs saura faire lever, en son heure, le bien que tu auras semé dans la patience.
Seigneur, je me lasse parfois de faire le bien quand rien ne paraît. Garde-moi du découragement, affermis ma main pour semer encore, et fixe mes yeux sur ta fidélité plutôt que sur mes résultats. À toi appartient le temps de la moisson. Amen.