L'Esprit Éditorial
Le coin du recueillement12 octobre 2026 · Automne · le temps qui passe

Bien compter nos jours

« Enseigne-nous à bien compter nos jours, Afin que nous appliquions notre coeur à la sagesse. »
Psaume 90:12

Ce psaume porte le nom de Moïse, l'homme qui a vu passer une génération entière au désert. Il sait ce que vaut un jour, et ce que coûte de les gaspiller. Sa prière étonne : il ne demande pas des jours plus nombreux, mais un cœur qui sache les compter. Enseigne-nous à bien compter nos jours, Afin que nous appliquions notre coeur à la sagesse.(Psaume 90:12) Compter ses jours, ce n'est pas les additionner avec angoisse, comme un condamné qui voit fondre son sursis. C'est reconnaître qu'ils sont mesurés, et donc précieux, et donc à ne pas dilapider.

L'automne prêche cela sans un mot. La lumière décline plus vite, les feuilles se détachent, et l'on sent que rien ici-bas n'est éternel. Moïse le dit crûment quelques versets plus haut : nos années s'évanouissent comme un souffle, nos jours passent comme l'herbe qui le matin fleurit et le soir se fane. Ce n'est pas là un constat désespéré. C'est une invitation à la lucidité. Celui qui se croit immortel remet toujours l'essentiel à plus tard ; celui qui sait ses jours comptés apprend à vivre chaque journée pour ce qu'elle est, un don.

Remarque bien que Moïse demande à être enseigné : enseigne-nous. Bien compter nos jours n'est pas un savoir spontané. Livrés à nous-mêmes, nous les dépensons dans l'urgence et l'oubli, absorbés par mille choses qui ne resteront pas. Il faut que Dieu nous l'apprenne, qu'il nous donne ce cœur sage qui distingue ce qui compte de ce qui passe. Cette sagesse-là n'est pas une performance à conquérir ; c'est une grâce à demander.

Que ferais-tu de ta journée si tu la recevais vraiment comme un don compté ? Sans doute pardonnerais-tu plus vite, aimerais-tu plus attentivement, prierais-tu sans tant remettre à demain. Cette semaine, demande à Dieu ce cœur de sagesse. Et souviens-toi que celui qui compte tes jours a lui-même vaincu la mort : en Christ, tes jours brefs s'ouvrent sur une vie qui ne finit pas. C'est pour cela qu'on peut compter ses jours sans désespérer, mais avec gravité et joie mêlées.

Prière

Seigneur, mes jours sont comptés et je l'oublie sans cesse. Enseigne-moi à les recevoir comme un don, et donne-moi un cœur sage qui distingue l'essentiel du futile. En Christ vainqueur de la mort, apprends-moi à vivre chaque jour pour toi. Amen.