Le juste vivra par la foi
« parce qu'en lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi, selon qu'il est écrit: Le juste vivra par la foi. »
En ce jour où l'on fait mémoire de la Réforme, revenons à la parole qui en fut l'étincelle. Un moine tourmenté, il y a plus de cinq siècles, cherchait désespérément comment se tenir juste devant un Dieu saint. Il multipliait les efforts, les jeûnes, les pénitences, et la paix le fuyait toujours. Puis il buta sur ce verset, et sa vie bascula. parce qu'en lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi, selon qu'il est écrit: Le juste vivra par la foi.(Romains 1:17)
La justice dont il avait besoin, il ne pouvait pas la produire ; elle était révélée, donnée, reçue par la foi. Ce n'était pas une justice à conquérir, mais une justice à accueillir.
Tout tient dans la citation que Paul reprend au prophète Habacuc : le juste vivra par la foi. Non par ses œuvres, non par ses mérites, non par l'accumulation de ses efforts religieux, mais par la foi. Dès que le salut repose, même en partie, sur ce que nous faisons, ce n'est plus la grâce. Voilà le cœur de ce que la Réforme a voulu rappeler à l'Église : nous sommes sauvés par la grâce seule, par le moyen de la foi seule, en Christ seul. Non que la foi soit une œuvre supérieure qui remplacerait les autres ; la foi n'est que la main vide qui reçoit ce que Dieu offre gratuitement.
Il faut le redire aujourd'hui sans esprit de division, mais avec joie, car cette vérité reste vivante et libératrice. Le mot grec que Paul emploie pour justice évoque une déclaration : Dieu déclare juste le pécheur qui croit, non parce qu'il l'a trouvé bon, mais parce qu'il lui impute la justice de Christ. Le croyant n'est pas juste par lui-même ; il est revêtu d'une justice qui n'est pas la sienne, celle du Fils qui a tout accompli à la croix. C'est pourquoi la certitude du salut ne repose jamais sur nos performances fluctuantes, mais sur l'œuvre achevée d'un autre.
Fêter la Réforme, ce n'est pas se glorifier d'une étiquette ni mépriser quiconque. C'est rendre grâce pour une redécouverte de l'Évangile qui a rendu la paix à tant d'âmes épuisées de vouloir se sauver elles-mêmes. Si tu portes encore le poids de vouloir mériter l'amour de Dieu, entends ce verset comme le moine l'a entendu. Tu ne vivras pas par tes efforts, mais par la foi en celui qui t'a déjà tout donné. À Dieu seul en revient la gloire. Reçois cette justice, et vis, enfin libre.
Dieu saint, je ne peux pas produire la justice que tu exiges. Merci de me la donner par la foi en ton Fils, qui a tout accompli. Délivre-moi de vouloir me sauver moi-même, et que ma vie repose sur ta grâce seule. À toi seul la gloire. Amen.