L'Esprit Éditorial
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Des projets de paix pour ton avenir

22 août 2026

Photographie abstraite et minimaliste d'un épi de blé sec aux tons dorés sur fond crème

« Car je connais les projets que j'ai formés sur vous, dit l'Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l'espérance. »

Jérémie 29:11

L'avenir professionnel a de quoi angoisser. Le monde du travail change vite, les métiers se transforment, les sécurités d'hier s'effritent. On se demande si son poste existera encore demain, si l'on saura s'adapter, si l'on tiendra jusqu'à la retraite qu'on nous promet toujours plus lointaine. La peur du lendemain a ceci de particulier qu'elle se nourrit d'inconnu : on redoute non un mal présent, mais un mal possible, imaginé, qui prend dans notre esprit des proportions que la réalité aura peut-être démenties. Face à ce brouillard de l'avenir, la Parole vient poser une certitude, non pas sur ce qui arrivera, mais sur Celui qui tient ce qui arrivera.

Il faut d'abord savoir à qui Dieu adresse la promesse que nous lisons, car cela en garde tout le poids. Jérémie l'écrit à un peuple déporté à Babylone, arraché à son pays, à ses repères, à son avenir. Ce n'est pas une parole dite du haut d'une vie tranquille ; c'est une parole lancée dans l'exil, à des gens dont l'avenir semblait effondré. Et c'est là, précisément là, que Dieu déclare : Car je connais les projets que j'ai formés sur vous, dit l'Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l'espérance.(Jérémie 29:11) Le mot traduit par « avenir » évoque en hébreu une issue, une fin, ce vers quoi tout débouche. Dieu ne promet pas la fin des difficultés ; il promet qu'au bout du chemin, même le plus obscur, il y a une issue qu'il a lui-même préparée.

Remarque le contraste entre deux savoirs. Toi, tu ne connais pas ton avenir professionnel, et c'est bien ce qui te tourmente. Mais Dieu, lui, dit : « je connais les projets que j'ai formés sur vous. » Ce que tu ignores, il le sait déjà. Ton avenir n'est pas un vide livré au hasard ; il est un projet déjà pensé par un Dieu qui t'aime. Voilà qui déplace l'angoisse : la question n'est plus « que va-t-il m'arriver ? » mais « à qui mon avenir est-il confié ? » Et la réponse change tout, car il est confié à Celui qui forme des projets de paix, et non de malheur.

Il faut ici se garder d'un usage abusif de ce verset. On l'a parfois transformé en promesse de réussite personnelle garantie : suis Dieu, et ta carrière décollera. Ce n'est pas ce que le texte dit. Le peuple à qui il est adressé va rester soixante-dix ans en exil ; la promesse ne supprime pas l'épreuve, elle l'habite d'une espérance. La paix promise n'est pas l'absence de difficultés, c'est la présence d'un Dieu qui tient bon jusqu'au bout. Confondre cela avec l'évangile de prospérité, c'est vider la promesse de sa vraie force et préparer d'amères déceptions. Dieu promet sa fidélité, pas ta réussite.

Cette fidélité a trouvé sa preuve la plus éclatante non dans une carrière, mais dans une croix. Le meilleur projet que Dieu ait formé pour toi, il l'a déjà réalisé : te réconcilier avec lui par la mort et la résurrection de son Fils. Un Dieu qui est allé jusque-là pour ton salut ne va pas te lâcher sur les questions plus petites de ton emploi. Comme dit l'apôtre, celui qui a donné son Fils nous donnera aussi tout le reste avec lui. Ton avenir professionnel est tenu par la même main qui a été percée pour toi. Cette main-là ne te conduira jamais là où sa grâce ne serait plus.

Cette semaine, quand la peur de l'avenir viendra serrer, ne cherche pas à deviner ce qui va arriver ; tu n'y arriveras pas et cela ne fera qu'augmenter ton angoisse. Fais plutôt ce que tu as à faire aujourd'hui, un pas, une démarche, une compétence à travailler, et remets le reste à Celui qui connaît la suite. Prie peut-être ainsi : Seigneur, je ne connais pas mon avenir, mais toi tu le connais, et il est entre tes mains ; cela me suffit. Tu n'as pas besoin de voir la route entière. Il te suffit de connaître Celui qui la trace, et qui n'y a mis, pour les siens, que des projets de paix.