L'Esprit Éditorial
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Ne pas se lasser de faire le bien

3 août 2026

Photographie abstraite et minimaliste d'un épi de blé sec aux tons dorés sur fond crème

« Ne nous lassons pas de faire le bien; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. »

Galates 6:9

Il y a une fatigue plus sournoise que celle de l'effort : c'est la fatigue de l'effort sans résultat visible. On donne, on aide, on fait ce qui est juste, et rien ne semble changer. Le collègue qu'on soutient ne s'améliore pas, le service rendu n'est pas reconnu, la bonté qu'on sème paraît tomber dans le sable. Peu à peu, une question amère monte : à quoi bon continuer ? Ce n'est pas l'échec qui use ici, c'est l'absence de retour. On se sent bête de persévérer dans le bien quand tout autour semble récompenser le contraire. Paul connaît cette lassitude, et il ne la balaie pas d'un revers de main ; il la prend au sérieux avant d'y répondre.

Sa parole est à la fois tendre et ferme : Ne nous lassons pas de faire le bien; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas.(Galates 6:9) Commence par entendre le réalisme du verbe « ne nous lassons pas ». Paul reconnaît que faire le bien fatigue, qu'il existe une usure du cœur généreux, un découragement du semeur. Le mot grec qu'il emploie évoque le fait de perdre courage, de faiblir intérieurement. Il ne fait pas la morale à des gens pleins d'entrain ; il encourage des gens fatigués. Et à ces fatigués, il ne dit pas « forcez-vous encore ». Il ouvre devant eux un horizon : une moisson est promise, mais à son heure, pas à la nôtre.

Tout se joue dans ces mots : « au temps convenable ». Le semeur ne récolte pas le jour où il sème. Entre la semence et la moisson, il y a une saison d'attente où il ne se passe apparemment rien, où la graine travaille en secret sous la terre. Notre découragement vient souvent de ce que nous exigeons la moisson à l'heure des semailles. Nous voulons voir tout de suite le fruit de notre bien. Mais Dieu a ses saisons, et le fait qu'on ne voie rien ne signifie pas qu'il ne se passe rien. Le bien semé pour lui n'est jamais perdu ; il mûrit à un rythme que nous ne maîtrisons pas.

Il y a pourtant une condition, et Paul la souligne : « si nous ne nous relâchons pas ». La moisson est promise à celui qui ne lâche pas trop tôt. C'est souvent juste avant la récolte que la tentation d'abandonner est la plus forte, quand la fatigue est à son comble et que rien encore ne paraît. Combien renoncent à la veille du fruit ? La persévérance n'est pas une performance héroïque ; c'est une fidélité tranquille qui continue à faire ce qui est juste sans exiger de résultat immédiat. Et cette persévérance, nous ne la puisons pas en nous : elle nous est donnée par Celui qui, le premier, n'a jamais cessé de nous faire du bien.

Car voilà le fondement qui tient tout : notre bien n'est pas la cause de la grâce, il en est le fruit. Nous ne faisons pas le bien pour être aimés de Dieu ; nous le faisons parce que nous le sommes déjà. Christ a fait le bien jusqu'au bout, jusqu'à la croix, sans en recevoir sur le moment autre chose que l'ingratitude et la mort. Et pourtant sa moisson est venue, immense, au troisième jour. Celui qui a semé sa vie pour nous nous assure que rien de ce que nous semons en son nom ne restera stérile. Nous faisons le bien à sa suite, portés par sa grâce, et non pour l'acheter.

Cette semaine, si tu es tenté d'abandonner un bien qui ne rapporte rien, ne prends pas la décision de renoncer sur le coup de la fatigue. Fais encore un geste, un seul, dans la même direction, et confie la moisson à Dieu. Écris peut-être quelque part cette phrase : « au temps convenable, si je ne me relâche pas. » Le fruit ne dépend pas de toi ; il dépend de Celui qui donne la croissance. Ton rôle n'est pas de récolter, il est de semer fidèlement. Alors continue de faire le bien, non parce que tu en vois le résultat, mais parce que tu connais le Maître de la moisson.