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Aux Sources · Quotidien

L'argent : prudence ou confiance ?

L'argent : prudence ou confiance ?

Avec Élise & Emmanuel13:45

Épargner, prévoir, tenir ses comptes : fidélité de l'intendant ou manque de foi ? Emmanuel, qui a connu la faillite, défend la sagesse qui calcule ; Élise cherche la frontière où la prudence devient inquiétude. Une conversation franche, loin de l'évangile de prospérité, qui conduit du grenier de la fourmi jusqu'au Royaume à chercher premièrement.

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Chapitres & repères

  1. Élise — L'argent est un sujet intime qu'on évite à l'église ; sa vraie question est celle de la frontière entre sagesse et inquiétude.

    Emmanuel — L'argent n'est jamais seulement des chiffres : c'est de la peur, de la honte, de l'espérance ; il faut oser en parler en chrétiens.

  2. Élise — Elle reconnaît la valeur de l'intendance, mais observe que les gens très prévoyants sont parfois très angoissés : le tableau de comptes ne rassure pas le fond du cœur.

    Emmanuel — Gérer, épargner, prévoir, c'est la fidélité de l'intendant : rien ne nous appartient, tout nous est confié, et tenir ses comptes honore Celui qui confie.

    « Car, lequel de vous, s'il veut bâtir une tour, ne s'assied d'abord pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi la terminer, »

    Luc 14:28 — Louis Segond 1910
  3. Élise — Jésus n'interdit pas le travail ni la prévoyance : il vise le cœur divisé. La prudence agit puis dépose ; l'inquiétude refait dix fois le même calcul et ne dépose jamais.

    Emmanuel — Il reçoit le diagnostic : sa propre épargne d'après faillite était devenue une manière de porter demain à la place de Dieu.

    « C'est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement? »

    Matthieu 6:25 — Louis Segond 1910

    « Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux? »

    Matthieu 6:26 — Louis Segond 1910

    « Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie? »

    Matthieu 6:27 — Louis Segond 1910

    « Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. »

    Matthieu 6:32 — Louis Segond 1910

    « Ne vous inquiétez donc pas du lendemain; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. »

    Matthieu 6:34 — Louis Segond 1910

    « En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard, Et mangez-vous le pain de douleur; Il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil. »

    Psaumes 127:2 — Louis Segond 1910
  4. Élise — La foi n'est pas un placement : l'Écriture ne promet ni la richesse ni la misère, elle apprend la prière d'Agur, le pain nécessaire et la reconnaissance.

    Emmanuel — L'évangile de prospérité est un faux évangile qui fait des ravages : Dieu n'est pas un distributeur, et l'envie de s'enrichir est un piège que l'entrepreneur connaît de l'intérieur.

    « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. »

    Matthieu 6:24 — Louis Segond 1910

    « Mais ceux qui veulent s'enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. »

    1 Timothée 6:9 — Louis Segond 1910

    « Car l'amour de l'argent est une racine de tous les maux; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments. »

    1 Timothée 6:10 — Louis Segond 1910

    « Recommande aux riches du présent siècle de ne pas être orgueilleux, et de ne pas mettre leur espérance dans des richesses incertaines, mais de la mettre en Dieu, qui nous donne avec abondance toutes choses pour que nous en jouissions. »

    1 Timothée 6:17 — Louis Segond 1910

    « Eloigne de moi la fausseté et la parole mensongère; Ne me donne ni pauvreté, ni richesse, Accorde-moi le pain qui m'est nécessaire. »

    Proverbes 30:8 — Louis Segond 1910

    « De peur que, dans l'abondance, je ne te renie Et ne dise: Qui est l'Éternel? Ou que, dans la pauvreté, je ne dérobe, Et ne m'attaque au nom de mon Dieu. »

    Proverbes 30:9 — Louis Segond 1910
  5. Élise — La fourmi amasse dans la saison que Dieu donne, sans ruminer la nuit ; Matthieu 6:33 ne supprime pas la gestion, il lui donne son rang : deuxième, derrière le Royaume.

    Emmanuel — Convergence : compter comme un intendant, dormir comme un enfant ; trois gestes concrets cette semaine et des projets écrits avec « si Dieu veut ».

    « Va vers la fourmi, paresseux; Considère ses voies, et deviens sage. »

    Proverbes 6:6 — Louis Segond 1910

    « Elle n'a ni chef, Ni inspecteur, ni maître; »

    Proverbes 6:7 — Louis Segond 1910

    « Elle prépare en été sa nourriture, Elle amasse pendant la moisson de quoi manger. »

    Proverbes 6:8 — Louis Segond 1910

    « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. »

    Matthieu 6:33 — Louis Segond 1910

    « Vous devriez dire, au contraire : Si Dieu le veut, nous vivrons, et nous ferons ceci ou cela. »

    Jacques 4:15 — Louis Segond 1910
Transcription de l'épisode

1. Une pile d'enveloppes

Emmanuel : Bienvenue dans Aux Sources. Élise, aujourd'hui on parle d'argent. Et je vais commencer par un aveu.

Élise : Vas-y, je t'écoute.

Emmanuel : À l'époque où mon entreprise a déposé le bilan, il y avait une pile d'enveloppes sur la table de la cuisine. Des lettres de la banque. Je ne les ouvrais plus.

Élise : Mmh…

Emmanuel : Je les empilais, c'est tout. Rose passait devant sans rien dire. Et un soir, elle s'est assise en face de moi et elle a dit : on les ouvre ensemble.

Élise : On les ouvre ensemble… C'est très beau, ça.

Emmanuel : Ce soir-là, j'ai compris que l'argent, ce n'est jamais seulement des chiffres. C'est de la peur, de la honte, de l'espérance aussi. Tout ça dans un relevé de compte.

Élise : Et c'est peut-être pour ça qu'on en parle si peu entre chrétiens. Parce que c'est intime. On prie pour la santé de quelqu'un, on prie pour ses enfants, mais son découvert, on n'ose pas le dire. Et pourtant, dans les couples autour de moi… enfin, ceux qui se confient un peu, c'est souvent le sujet qui tend les soirées. Pas le grand drame, non. Les petites phrases devant le relevé de compte.

Emmanuel : Alors la question du jour, la voilà : prudence ou confiance ? Gérer, épargner, prévoir, c'est un manque de foi, ou c'est justement la fidélité ?

Élise : Moi, la question que je porte, c'est celle de la frontière. Parce que je sais épargner, je sais prévoir, c'est mon métier de prévoir. Mais je sais aussi me réveiller à deux heures du matin pour vérifier un compte.

Emmanuel : Ah oui ? Toi ?

Élise : Ça m'est arrivé, oui. On y reviendra. Et là, ce n'est plus de la prudence. C'est autre chose, qui porte un autre nom. Où finit la sagesse, où commence l'inquiétude ?

Emmanuel : Alors on va tenir les deux bouts. Moi je vais défendre l'intendant qui calcule, parce que je crois que la Bible le défend. Et toi, tu vas nous amener vers Matthieu six.

Élise : Et on verra où la Parole nous conduit. Parce que c'est elle qu'on veut écouter, pas nos tempéraments. Toi tu es entrepreneur, moi je suis prudente de nature. Si chacun reste sur sa pente, on défendra nos caractères, pas l'Écriture. Allons-y.

2. L'intendant qui calcule

Emmanuel : Ce qui m'a frappé, en relisant les évangiles après la faillite, c'est que Jésus parle d'argent tout le temps. Et pas pour le fuir. Dans Luc quatorze, verset vingt-huit, il dit : « Car, lequel de vous, s'il veut bâtir une tour, ne s'assied d'abord pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi la terminer, »

Élise : C'est Jésus qui parle de budget, donc.

Emmanuel : C'est Jésus qui parle de budget. S'asseoir, calculer la dépense, regarder si on peut finir. Avec Rose, après le dépôt de bilan, on a repris comme ça. Des enveloppes, encore, mais dans l'autre sens cette fois. Une pour le loyer, une pour la nourriture, une pour donner.

Élise : Une pour donner… même à ce moment-là ?

Emmanuel : Surtout à ce moment-là. Parce que ça remettait l'argent à sa place. Il circule, il sert, il ne règne pas.

Élise : Mais dis-moi, en quoi c'est différent d'un bon conseil de gestion qu'on trouverait dans n'importe quel livre ?

Emmanuel : La différence, c'est le point de départ. Rien de ce que j'ai n'est à moi. Tout m'est confié. Alors tenir ses comptes, ce n'est pas de la méfiance envers Dieu. C'est du respect pour ce qu'il me confie.

Élise : Tout t'est confié… c'est ça, un intendant, au fond : quelqu'un qui gère le bien d'un autre. Ça me fait penser au maître de la parabole, dans Matthieu vingt-cinq, qui confie ses biens à ses serviteurs avant de partir en voyage. Il ne leur demande pas d'enterrer l'argent par peur. Il leur demande de le faire travailler, et il appelle ça de la fidélité. La peur enterre, la fidélité gère. C'est deux rapports à l'argent complètement différents.

Élise : Je te rejoins sur l'intendance, vraiment. À l'hôpital, je passe mes journées dans des budgets, des plannings, des prévisions. Sans ça, rien ne tient debout.

Emmanuel : Mmh.

Élise : Mais je vois aussi, autour de moi, des gens très prévoyants et très angoissés. Les deux en même temps. Des collègues qui maîtrisent des budgets énormes au travail, et qui n'arrivent plus à dormir pour les leurs. Comme si le tableau de comptes n'avait jamais rassuré personne, au fond.

Emmanuel : Ça, c'est vrai.

Élise : Alors je te pose la question, à toi. Dans les années après la faillite, ton épargne, elle était quoi ? De la sagesse, ou une forteresse ?

Emmanuel : Les deux, honnêtement. Il y a eu des années où chaque euro mis de côté, c'était une pierre de plus sur le mur. euh… je veux dire, je n'épargnais plus pour prévoir. J'épargnais pour ne plus jamais avoir peur.

Élise : Pour ne plus jamais avoir peur… Et est-ce que ça a marché ?

Emmanuel : Non. La peur ne se calme pas avec des chiffres. Elle en redemande. Il n'y a pas un montant sur un compte qui dit : voilà, maintenant tu peux dormir.

Élise : Elle en redemande… C'est exactement ça. Le seuil recule à mesure qu'on l'approche. Et c'est là que je voudrais qu'on ouvre Matthieu six, parce que Jésus met des mots très précis sur ce que tu viens de décrire.

3. Où commence l'inquiétude

Élise : Alors ouvrons Matthieu six, verset vingt-cinq. Jésus dit : « C'est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement? »

Emmanuel : Mmh.

Élise : Et juste après : « Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux? »

Emmanuel : Mais il ne dit pas : ne travaillez pas, si ?

Élise : Non, justement. Les oiseaux qu'il montre passent leur journée à chercher leur nourriture, ils ne restent pas au nid. Mais ils n'amassent pas par peur. Et j'ai lu que le mot grec que Jésus emploie pour s'inquiéter, merimnaô, porte l'idée d'un esprit partagé, tiré en morceaux.

Emmanuel : Tiré en morceaux…

Élise : Un cœur inquiet, c'est un cœur divisé. Une partie est là, avec les siens, à table. Et une autre partie est déjà happée par demain. C'est exactement ce que je vivais avant mon épuisement.

Emmanuel : Et Jésus donne la raison de fond, non ?

Élise : Oui, au verset trente-deux : « Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. » Tout tient dans ce mot, Père. L'inquiétude vit comme une orpheline. Elle croit que si elle ne porte pas tout, personne ne portera rien. La confiance, elle, sait qu'il y a un Père qui sait, avant même qu'on demande.

Emmanuel : Tu veux bien nous en dire un mot ? Tu parlais de deux heures du matin, tout à l'heure.

Élise : Oui. Dans les mois avant mon arrêt, il y a cinq ans, je vérifiais nos comptes la nuit. Marc dormait, les enfants dormaient, et moi je refaisais des calculs. Une nuit, Marc s'est réveillé, il m'a trouvée dans la cuisine avec l'ordinateur. Il n'a pas fait de discours. Il a juste dit : Élise, qu'est-ce que tu cherches, là ? Et je n'ai pas su répondre. Parce que tu sais le plus étrange ? On ne manquait de rien, Emmanuel. De rien.

Emmanuel : Mmh… et pourtant tu calculais.

Élise : Et pourtant je calculais. Jésus pose la question au verset vingt-sept : « Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une coudée à la durée de sa vie? » Mes nuits blanches n'ont rien ajouté du tout. Elles ont enlevé.

Emmanuel : Alors comment tu fais la différence, aujourd'hui, entre la prudence et l'inquiétude ?

Élise : La prudence fait quelque chose, puis elle dépose. L'inquiétude refait la même chose dix fois et ne dépose jamais. Le psaume cent vingt-sept le chante : « En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard, Et mangez-vous le pain de douleur; Il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil. »

Emmanuel : Le pain de douleur… c'est le pain qu'on gagne sans paix.

Élise : Et Jésus conclut au verset trente-quatre : « Ne vous inquiétez donc pas du lendemain; car le lendemain aura soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. » Prévoir demain, oui. Porter demain, non. Demain, c'est lui qui le porte.

4. Dieu ou Mamon

Emmanuel : Avant d'aller vers la conclusion, il faut qu'on nomme un piège. Parce que sur l'argent, il circule un faux évangile.

Élise : Tu penses à l'évangile de prospérité.

Emmanuel : Celui qui dit : donne, et Dieu te rendra riche. Crois, et les affaires marcheront. J'ai entendu ça, y compris de la bouche de prédicateurs. Et je le dis posément : c'est faux, et ça fait des ravages.

Élise : Ça transforme la foi en placement. Et Dieu en distributeur. Alors que Jésus dit, toujours dans Matthieu six : « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. » Donc si ma foi est devenue un moyen de m'enrichir, le maître que je sers n'est plus Dieu. C'est Mamon, avec un vernis de cantiques.

Emmanuel : Et Paul écrit à Timothée que ceux qui veulent s'enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, dans des désirs insensés qui plongent les hommes dans la ruine.

Élise : Avec cette phrase juste après, dans Première Timothée six, verset dix : « Car l'amour de l'argent est une racine de tous les maux; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments. » Remarque bien : l'amour de l'argent. Pas l'argent lui-même. La racine est dans le cœur, pas dans le portefeuille.

Emmanuel : Mmh, c'est juste.

Élise : Et j'ajoute une chose, parce que je l'ai vu de près. Les premières victimes de ce faux évangile, ce sont souvent des gens fragiles, qui donnent ce qu'ils n'ont pas en espérant un retour promis. Quand la richesse ne vient pas, on leur laisse entendre que leur foi était trop petite. C'est une double peine. Et ce n'est pas l'Évangile de Jésus-Christ.

Emmanuel : Et je veux être honnête : ce piège, je l'ai senti de l'intérieur. Quand l'entreprise s'est remise à marcher, il y a eu un glissement. euh… une envie de plus, qui ne s'appelait plus prévoir.

Élise : Merci de le dire. Parce que la réponse biblique, ce n'est ni la richesse promise, ni la pauvreté glorifiée. Il y a cette prière dans Proverbes trente que j'aime beaucoup : « Ne me donne ni pauvreté, ni richesse, Accorde-moi le pain qui m'est nécessaire. »

Emmanuel : Ah, la prière d'Agur.

Élise : Et il explique pourquoi, au verset suivant : « De peur que, dans l'abondance, je ne te renie Et ne dise: Qui est l'Éternel? Ou que, dans la pauvreté, je ne dérobe, Et ne m'attaque au nom de mon Dieu. » Les deux extrêmes peuvent m'éloigner de lui.

Emmanuel : Et pour ceux à qui Dieu confie davantage ? Paul leur demande d'avoir honte ?

Élise : Non, justement. Il leur recommande de ne pas mettre leur espérance dans des richesses incertaines, mais de la mettre en Dieu, qui nous donne avec abondance toutes choses pour que nous en jouissions. J'aime que cette parole tienne les deux bouts. Ne t'appuie pas sur l'argent, et reçois avec joie ce que Dieu donne. La reconnaissance, c'est peut-être l'exact contraire de Mamon. Mamon dit toujours : encore. La reconnaissance dit : merci, c'est assez.

5. La fourmi et le Royaume

Emmanuel : Alors, où est-ce qu'on atterrit ? Moi je crois que la Bible nous donne deux images qui se répondent. La première est toute petite : la fourmi. Élise, tu veux bien nous lire Proverbes six, à partir du verset six ?

Élise : Volontiers. « Va vers la fourmi, paresseux; Considère ses voies, et deviens sage. Elle n'a ni chef, Ni inspecteur, ni maître; Elle prépare en été sa nourriture, Elle amasse pendant la moisson de quoi manger. »

Emmanuel : Ni chef, ni inspecteur… personne ne la surveille, et elle prépare quand même. C'est la prévoyance tranquille. Elle amasse pendant la moisson, dans la saison que Dieu donne. Pas la nuit, en ruminant.

Élise : Et la deuxième image, c'est celle de Jésus, Matthieu six, verset trente-trois : « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. » Ce verset ne supprime pas la fourmi. Il la met à sa place.

Emmanuel : Premièrement le Royaume. Et ensuite, à leur rang, la gestion, l'épargne, les projets.

Élise : C'est ça, la convergence. La question n'est pas : combien j'ai de côté ? La question, c'est plutôt… qu'est-ce que je cherche premièrement ? On peut avoir un livret bien rempli et chercher premièrement le Royaume. On peut n'avoir presque rien et passer ses nuits à servir Mamon en pensée. Ce n'est pas le montant qui dit qui est le maître. C'est la direction du regard.

Emmanuel : Alors, concrètement, cette semaine. Un : on s'assied devant ses comptes, une fois, en plein jour. À deux si on est marié, comme Rose me l'a appris. Sans se juger, juste regarder en face.

Élise : Deux : décider une part à donner. Même petite. C'est elle qui casse l'emprise de Mamon.

Emmanuel : Mmh… même toute petite, oui.

Élise : Et trois : écrire ses projets comme Jacques nous l'apprend, au chapitre quatre : « Vous devriez dire, au contraire : Si Dieu le veut, nous vivrons, et nous ferons ceci ou cela. » Le si Dieu veut n'est pas une formule pieuse qu'on colle à la fin. C'est une détente du cœur. Je fais mes plans, je les tiens ouverts, et je laisse le dernier mot à Dieu. Alors, ta phrase pour résumer ?

Emmanuel : Compte comme un intendant, et dors comme un enfant. Je nous confie au Seigneur. Notre Dieu, notre bon Papa, tout ce que nous avons vient de toi. Apprends-nous à gérer sans trembler et à donner sans calculer. Garde-nous de l'amour de l'argent, et donne-nous chaque jour le pain nécessaire. Au nom de Jésus, amen.

Élise : Amen.

Emmanuel : Merci Élise, merci à vous qui nous écoutez. Si Dieu veut, on se retrouve très vite, aux sources. À bientôt.

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