L'Esprit Éditorial
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Aux Sources · Vie de couple

L'épreuve de l'infertilité

L'épreuve de l'infertilité

Avec Élise & Emmanuel14:52

Le berceau qui ne vient pas, les questions maladroites au culte, la prière qui n'a plus de mots. Élise et Emmanuel ouvrent 1 Samuel 1 avec Anne, relisent honnêtement le Psaume 127 et se laissent surprendre par Ésaïe 56 : Dieu ne doit d'enfant à personne, mais il est près de ceux qui pleurent — et il donne un nom qui ne périt pas.

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Chapitres & repères

  1. Élise — Derrière chaque « c'est pour quand ? » lancé au culte, il peut y avoir un couple qui pleure dans la voiture : ce soir on parle doucement, sans recette et sans promesse.

    Emmanuel — L'infertilité n'est pas un sujet rare ni honteux : elle traverse nos assemblées en silence, et le silence pèse plus lourd que l'épreuve.

  2. Élise — La prière d'Anne, des lèvres qui bougent sans voix, est reçue par Dieu comme une vraie prière : l'Esprit intercède par des soupirs inexprimables quand nos mots s'arrêtent.

    Emmanuel — Même Elkana qui aime et même Éli le sacrificateur se trompent sur la douleur d'Anne : la Bible nous prévient que l'entourage, même croyant, comprend mal cette épreuve.

    « Elkana, son mari, lui disait: Anne, pourquoi pleures-tu, et ne manges-tu pas? pourquoi ton coeur est-il attristé? Est-ce que je ne vaux pas pour toi mieux que dix fils? »

    1 Samuel 1:8 — Louis Segond 1910

    « Et, l'amertume dans l'âme, elle pria l'Éternel et versa des pleurs. »

    1 Samuel 1:10 — Louis Segond 1910

    « Anne parlait dans son coeur, et ne faisait que remuer les lèvres, mais on n'entendait point sa voix. Éli pensa qu'elle était ivre, »

    1 Samuel 1:13 — Louis Segond 1910

    « Ne prends pas ta servante pour une femme pervertie, car c'est l'excès de ma douleur et de mon chagrin qui m'a fait parler jusqu'à présent. »

    1 Samuel 1:16 — Louis Segond 1910

    « De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables. »

    Romains 8:26 — Louis Segond 1910
  3. Élise — Un héritage ne s'achète pas et ne se mérite pas, il se reçoit : le Psaume 127 dit que l'enfant est un don souverain de Dieu, pas le salaire de la foi.

    Emmanuel — Zacharie et Élisabeth étaient justes ET sans enfant dans le même passage : l'Écriture elle-même interdit de lire l'infertilité comme une punition ou un manque de foi.

    « Voici, des fils sont un héritage de l'Éternel, Le fruit des entrailles est une récompense. »

    Psaume 127:3 — Louis Segond 1910

    « Tous deux étaient justes devant Dieu, observant d'une manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur. »

    Luc 1:6 — Louis Segond 1910

    « Ils n'avaient point d'enfants, parce qu'Élisabeth était stérile; et ils étaient l'un et l'autre avancés en âge. »

    Luc 1:7 — Louis Segond 1910

    « Abraham et Sara étaient vieux, avancés en âge: et Sara ne pouvait plus espérer avoir des enfants. »

    Genèse 18:11 — Louis Segond 1910
  4. Élise — Un couple sans enfant n'est pas une famille en attente : dès la Genèse, l'homme et sa femme sont une seule chair, une famille entière devant Dieu.

    Emmanuel — Sur les chemins médicaux, personne ne tranchera à la place du couple : discerner devant Dieu, avec la Parole, le conjoint, les anciens et le médecin — sans culpabiliser, sans banaliser.

  5. Élise — À celui qui se croit un arbre sec, Dieu promet dans sa maison une place et un nom préférables à des fils et à des filles : ce n'est pas une consolation au rabais, c'est une parole d'éternité.

    Emmanuel — Il existe des fécondités que la biologie ne mesure pas — l'accueil, le service, la foi transmise — mais elles ne sont pas un pansement qu'on impose : elles se découvrent avec Dieu, chacun à son heure.

    « Que l'étranger qui s'attache à l'Éternel ne dise pas: L'Éternel me séparera de son peuple! Et que l'eunuque ne dise pas: Voici, je suis un arbre sec! »

    Ésaïe 56:3 — Louis Segond 1910

    « Car ainsi parle l'Éternel: Aux eunuques qui garderont mes sabbats, Qui choisiront ce qui m'est agréable, Et qui persévéreront dans mon alliance, »

    Ésaïe 56:4 — Louis Segond 1910

    « Je donnerai dans ma maison et dans mes murs une place et un nom Préférables à des fils et à des filles; Je leur donnerai un nom éternel, Qui ne périra pas. »

    Ésaïe 56:5 — Louis Segond 1910
Transcription de l'épisode

1. La question qu'il ne fallait pas poser

Élise : Bienvenue dans Aux Sources, l'émission où l'on ouvre la Parole au milieu de la vie. Ce soir, je voudrais qu'on parle d'une douleur qui traverse nos assemblées en silence : l'infertilité. Emmanuel, tu es là ?

Emmanuel : Je suis là. Et je crois qu'on va faire attention à chaque mot, ce soir.

Élise : Oui. Je commence par une scène. Des amis proches, que j'appellerai Claire et Thomas… ce ne sont pas leurs prénoms. Mariés depuis sept ans, fidèles, engagés à l'église. Un dimanche, après le culte, une sœur pleine de bonne volonté lance à Claire, devant tout le monde : alors, c'est pour quand, le bébé ?

Emmanuel : Mmh.

Élise : Claire a souri. Elle a même plaisanté. Et dans la voiture, sur le parking, elle a pleuré pendant vingt minutes. Ça faisait quatre ans qu'ils essayaient. Personne ne savait.

Emmanuel : Personne ne savait… et c'est presque toujours comme ça. On porte cette épreuve-là en silence, parce qu'elle touche à ce qu'il y a de plus intime. Et le silence finit par peser plus lourd que l'épreuve elle-même.

Élise : Et ce n'est pas un sujet rare. Je le vois dans mon travail à l'hôpital : les couloirs des services concernés ne désemplissent pas. En France, environ un couple sur huit consulte un médecin parce que l'enfant n'arrive pas. Un sur huit, Emmanuel. Dans une assemblée de trois cents personnes… fais le calcul des visages.

Emmanuel : Alors posons le cadre tout de suite, parce que sur ce sujet, les paroles peuvent guérir ou blesser. Pas de recette ce soir. Pas de promesse de miracle. On ne dira à personne : priez plus fort et l'enfant viendra. Ce langage-là n'est pas celui de la Bible.

Élise : Et on le dit d'où nous sommes, avec pudeur : Marc et moi avons deux enfants, Rose et toi en avez trois. Nous n'avons pas traversé cette vallée-là. Alors on ne fera pas semblant de savoir. On va marcher à côté, avec l'Écriture… parce que l'Écriture, elle, connaît cette douleur de l'intérieur.

Emmanuel : Elle la connaît par cœur. Sara, Rébecca, Rachel, Anne, Élisabeth… la Bible est pleine de berceaux vides. C'est frappant, quand on y pense. Dieu n'a pas caché cette épreuve dans les marges de son livre. Il l'a mise en pleine page.

Élise : En pleine page… Voilà notre chemin ce soir. D'abord Anne, dans le premier livre de Samuel : l'amertume, la prière sans paroles, et même le regard qui juge mal. Puis le Psaume cent vingt-sept, qu'on va lire honnêtement. Ensuite l'église et les chemins de la médecine. Et pour finir, une promesse d'Ésaïe qui m'a bouleversée en préparant cet épisode.

2. Anne, ou l'amertume de l'âme

Élise : Alors ouvrons le premier livre de Samuel, chapitre un. Anne est mariée à Elkana, qui l'aime… et elle n'a pas d'enfant. Et chaque année, en montant au sanctuaire, l'autre femme d'Elkana la blesse là-dessus, exprès. Année après année.

Emmanuel : Et il y a ce détail que je trouve tellement humain : Elkana l'aime, sincèrement, et il dit une parole complètement à côté. Le verset huit : « Anne, pourquoi pleures-tu, et ne manges-tu pas? pourquoi ton coeur est-il attristé? Est-ce que je ne vaux pas pour toi mieux que dix fils? »

Élise : Est-ce que je ne vaux pas mieux que dix fils… Il croit consoler. Il dit son amour, et c'est vrai qu'il l'aime. Mais il demande à sa femme de ne plus avoir mal. Et l'amour ne remplace pas la douleur. Il l'accompagne.

Emmanuel : Voilà. Et ça nous apprend quelque chose pour nos couples : même le conjoint le plus aimant peut se tromper de consolation. L'un des deux porte parfois l'épreuve autrement que l'autre… et il faut se le pardonner.

Élise : Alors regardez ce que fait Anne. Elle ne s'enferme pas dans la maison. Elle monte au temple, et le verset dix dit : « Et, l'amertume dans l'âme, elle pria l'Éternel et versa des pleurs. » L'amertume dans l'âme. La Bible ose ces mots-là. Elle ne demande pas à Anne de sourire d'abord.

Emmanuel : Elle prie amère. Et Dieu la reçoit amère. C'est une porte immense pour tous ceux qui croient qu'il faut se présenter devant Dieu en bon état.

Élise : Et sa prière, Emmanuel… le verset treize me bouleverse à chaque fois : « Anne parlait dans son coeur, et ne faisait que remuer les lèvres, mais on n'entendait point sa voix. » Une prière sans son. Des lèvres qui tremblent, et rien qui sort. Qui n'a jamais prié comme ça ?

Emmanuel : Et le texte ajoute, dans le même verset : Éli pensa qu'elle était ivre. Le sacrificateur, l'homme de Dieu du lieu… il regarde cette femme brisée et il voit une femme soûle. Il la reprend durement.

Élise : Même au temple, elle est mal jugée. Même là. La Bible nous prévient avec une honnêteté incroyable : l'entourage croyant peut se tromper complètement sur cette douleur.

Emmanuel : Et Anne répond avec une dignité qui me touche, au verset seize : « Ne prends pas ta servante pour une femme pervertie, car c'est l'excès de ma douleur et de mon chagrin qui m'a fait parler jusqu'à présent. » Elle ne s'enfuit pas, elle ne s'écrase pas. Elle nomme sa douleur en face.

Élise : Et Éli, à ce moment-là, fait enfin ce qu'il aurait dû faire dès le début : il la bénit et il la renvoie en paix. Quand il cesse de juger et qu'il écoute… il devient utile.

Emmanuel : Il y a un verset de Paul qui ramasse tout ça, dans Romains huit : « Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables. » La prière d'Anne, sans voix, sans phrases… c'était une vraie prière. Peut-être la plus vraie du livre. Quand vos mots s'arrêtent, l'Esprit continue.

Élise : Quand vos mots s'arrêtent, l'Esprit continue. Si vous ne retenez qu'une phrase ce soir… retenez celle-là.

3. Psaume 127, lu jusqu'au bout

Élise : Il faut maintenant ouvrir un psaume que les couples sans enfant entendent parfois comme une gifle. Psaume cent vingt-sept, verset trois : « Voici, des fils sont un héritage de l'Éternel, Le fruit des entrailles est une récompense. » Un héritage. Une récompense. Et quand l'enfant ne vient pas… qu'est-ce qu'on entend ?

Emmanuel : On entend : je n'ai pas été récompensé. Donc j'ai raté quelque chose. Donc Dieu me note, et ma note est mauvaise. Voilà le poison.

Élise : Alors lisons mieux, parce que le psaume dit exactement l'inverse. Un héritage, Emmanuel… est-ce que ça s'achète, un héritage ?

Emmanuel : Non. Ça se reçoit. On n'a rien fait pour l'avoir. C'est le mot le plus anti-salaire qui existe. Et l'entrepreneur que je suis peut te le confirmer : un héritage, ce n'est pas un bulletin de paie.

Élise : Donc le psaume ne dit pas : les fidèles reçoivent des enfants en paiement. Il dit : quand un enfant vient, c'est un don souverain de Dieu, pas un produit de nos mérites. Et si c'est un don… alors son absence n'est pas une facture. Dieu ne doit d'enfant à personne. Pas même aux plus fidèles.

Emmanuel : Ça peut sembler dur, dit comme ça. Mais c'est la seule lecture qui protège. Parce que si l'enfant était un dû de la foi, alors chaque berceau vide serait une condamnation. Et ça, l'Écriture le refuse noir sur blanc.

Emmanuel : Et la preuve est dans l'évangile de Luc, chapitre un. Écoutez bien ces deux versets qui se suivent. D'abord : « Tous deux étaient justes devant Dieu, observant d'une manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur. » Zacharie et Élisabeth. Justes. Irréprochables.

Élise : Mmh… et le verset d'après ?

Emmanuel : « Ils n'avaient point d'enfants, parce qu'Élisabeth était stérile; et ils étaient l'un et l'autre avancés en âge. » Dans la même phrase de l'Écriture : justes devant Dieu, et sans enfant. Le texte lui-même interdit de faire le lien entre infertilité et péché. Il le casse d'avance.

Élise : Justes… et sans enfant. Et Sara, avant eux : « Abraham et Sara étaient vieux, avancés en âge: et Sara ne pouvait plus espérer avoir des enfants. » La mère de la promesse elle-même a passé des décennies devant un berceau vide. Alors non, l'infertilité n'est pas une punition. Pas un manque de foi. Que personne ne porte ce fardeau que Dieu n'a jamais posé.

Emmanuel : Et il faut une honnêteté de plus, Élise. Sara, Anne, Élisabeth… toutes les trois ont fini par enfanter. Ce sont des miracles que la Bible raconte.

Élise : Oui… et c'est là qu'il faut être très prudent. Parce que la Bible raconte ces miracles, elle ne les promet pas à chaque couple. Dieu reste libre. Il a exaucé Anne… et d'autres serviteurs fidèles n'ont jamais eu d'enfant, hier comme aujourd'hui.

Emmanuel : La foi n'est pas une pièce qu'on glisse dans une machine. On prie, on demande, on espère… et on laisse Dieu être Dieu. C'est Jacques qui nous l'apprend : si le Seigneur le veut. Sur ce sujet-là plus que sur tout autre.

4. L'église, la médecine et le couple

Élise : Revenons à Claire et Thomas, et au parvis de l'église. Parce qu'il faut parler de nos maladresses. Le c'est pour quand. Le vous y pensez, à devenir parents ? Et le pire, à mes yeux… le il faut avoir la foi, lâché avec un grand sourire.

Emmanuel : Celui-là fait des dégâts terribles. On vient de le voir : Élisabeth était juste ET stérile. Celui qui dit il faut avoir la foi contredit l'évangile de Luc sans s'en rendre compte.

Élise : Et pourtant… je veux le dire avec grâce : la plupart de ces phrases ne sont pas cruelles. Elles sont gauches. Les gens ne savent pas, alors ils remplissent le silence. Mais la gaucherie blesse quand même. Alors apprenons à nous taire un peu plus, et à porter un peu mieux.

Emmanuel : Concrètement : on ne demande pas à un couple où en est son berceau. Jamais. Si eux veulent en parler, ils ouvriront la porte… et là, on écoute comme Éli à la fin : sans juger, et on bénit. Et je pense aussi aux fêtes des mères au culte, à ces moments où toutes les mamans se lèvent… pensons à celles qui restent assises.

Élise : Celles qui restent assises… oui. Une église attentive, ce n'est pas une église qui supprime les fêtes. C'est une église qui voit tout le monde. Et il y a une vérité à redire haut et fort : un couple sans enfant n'est pas une salle d'attente. Dès la Genèse, l'homme quitte, s'attache à sa femme, et ils sont une seule chair. La famille commence là. Pas au premier berceau.

Emmanuel : Une famille entière devant Dieu. Claire et Thomas ne sont pas un couple incomplet. Ils sont un couple. Point.

Emmanuel : Et puis il y a une pièce dans laquelle beaucoup de ces couples entrent un jour, et dont l'église parle rarement : le cabinet médical. Les examens, les traitements… ce qu'on appelle l'assistance médicale à la procréation.

Élise : J'en croise, de ces couples, dans mon métier. Et je sais le poids de ces parcours : les protocoles, les attentes, les espoirs qui montent et qui retombent. Pour un couple chrétien, s'ajoutent des questions devant Dieu : jusqu'où aller ? Que penser de chaque technique, de chaque étape ? Ce sont des questions réelles, sérieuses… et intimes.

Emmanuel : Et on va être clairs : on ne tranchera pas ce soir. Pas parce qu'on esquive… parce que ce discernement-là appartient à chaque couple, devant Dieu. Ce serait présomptueux de décider depuis un micro ce qui se décide dans la prière.

Élise : Mais on peut dire comment discerner. Pas seuls. Avec la Parole ouverte, d'abord. Entre époux, dans une vraie transparence… pas l'un qui traîne l'autre. Avec les anciens de l'assemblée, qui connaissent votre histoire et peuvent prier avec vous. Et avec le médecin, en posant toutes vos questions, sans gêne. Prenez le temps. Personne ne discerne bien dans la précipitation.

Emmanuel : Et quelle que soit la route : ni culpabilité pour ceux qui consultent, comme si la médecine était un manque de foi… ni pression sur ceux qui s'arrêtent, comme s'ils renonçaient. Chacun se tient devant son Maître. Et le Maître est bon.

5. Un arbre sec ? Un nom éternel

Élise : Je voudrais finir avec le texte qui m'a bouleversée en préparant cet épisode. Ésaïe, chapitre cinquante-six. Dieu s'adresse à ceux qui n'auront jamais de descendance… les eunuques, dans le texte. Et il commence par citer leur plainte : « Et que l'eunuque ne dise pas: Voici, je suis un arbre sec! »

Emmanuel : Un arbre sec… c'est exactement le sentiment, non ? Un arbre qui ne portera rien, qui ne laissera rien.

Élise : Et voici la réponse de Dieu, au verset cinq : « Je donnerai dans ma maison et dans mes murs une place et un nom Préférables à des fils et à des filles; Je leur donnerai un nom éternel, Qui ne périra pas. » Préférables à des fils et à des filles. Ce n'est pas un lot de consolation, Emmanuel. C'est Dieu qui dit : ce que je te donne est plus grand.

Emmanuel : Et remarque à qui il le promet : à ceux « Qui choisiront ce qui m'est agréable, Et qui persévéreront dans mon alliance ». Des gens qui sont restés, malgré tout. Qui ont continué de croire avec leur berceau vide. Dieu ne les voit pas comme des arbres secs… il grave leur nom dans sa maison.

Élise : Un nom éternel, qui ne périra pas. Un enfant porte votre nom une ou deux générations… Dieu, lui, le porte pour toujours. Et de là peuvent naître d'autres fécondités. Des maisons ouvertes. Des enfants de l'assemblée qui trouvent chez vous une deuxième table. Une foi transmise plus loin que le sang.

Emmanuel : Mais disons-le avec précaution : ces fécondités-là ne sont pas un pansement qu'on colle sur la douleur des autres. On ne dit pas à un couple qui pleure : vous n'avez qu'à servir davantage. Ça se découvre avec Dieu, chacun à son heure… et parfois l'heure, c'est d'abord pleurer, comme Anne.

Élise : Comme Anne. Et Dieu reçoit les pleurs comme il reçoit les louanges. Je prie pour nous ? Notre Dieu, notre bon Papa, tu vois les berceaux vides et les larmes qu'on ne montre pas. Approche-toi des couples qui traversent cette épreuve, comme tu t'es approché d'Anne. Garde-les de la culpabilité que ta Parole refuse, donne-leur ta paix dans les décisions difficiles, et écris pour eux, dans ta maison, un nom qui ne périra pas. Au nom de Jésus, amen.

Emmanuel : Amen. Merci de nous avoir écoutés… et peut-être, cette semaine, une parole de moins et une présence de plus pour ceux qui portent ce fardeau. Si Dieu veut, on se retrouve très vite, Aux Sources.

Élise : À bientôt. Et que le Dieu d'Anne vous garde.

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