Aux Sources · Vie intérieure
Pardonner : tout de suite ou en chemin ?
Aux Sources · Vie intérieure
Pardonner : tout de suite ou en chemin ?
Avec Élise & Emmanuel14:03
Emmanuel a été trahi par son associé de douze ans ; Élise a mis deux ans à pardonner. Décision d'obéissance ou chemin que Dieu accompagne ? Une conversation franche qui ramène à la croix : la source du pardon, jamais un gourdin.
Chapitres & repères
Élise — Écoute la blessure d'Emmanuel et la nomme avec le Psaume 55 : la trahison d'un ami est la plus profonde des blessures.
Emmanuel — Ouvre l'épisode avec sa propre histoire, la trahison de son associé, et pose la question du soir.
« Ce n'est pas un ennemi qui m'outrage, je le supporterais; Ce n'est pas mon adversaire qui s'élève contre moi, Je me cacherais devant lui. »
Psaume 55:13 — Louis Segond 1910« C'est toi, que j'estimais mon égal, Toi, mon confident et mon ami! »
Psaume 55:14 — Louis Segond 1910Élise — Démonte trois idées fausses : pardonner n'est ni excuser, ni oublier, ni se réconcilier automatiquement — Joseph nomme le mal avant de le remettre.
Emmanuel — Reçoit cette clarification comme une libération : on peut pardonner sans mentir sur la gravité de la faute.
« Vous aviez médité de me faire du mal: Dieu l'a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd'hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux. »
Genèse 50:20 — Louis Segond 1910Élise — Reconnaît le commandement, mais alerte : imposer un pardon immédiat à une personne fraîchement brisée peut la briser davantage — elle l'a vécu après son épuisement.
Emmanuel — Le pardon est un ordre de Jésus, une décision d'obéissance posée avant les sentiments : il l'a prononcée un matin dans sa cuisine, six mois après la trahison.
« Alors Pierre s'approcha de lui, et dit: Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il péchera contre moi? Sera-ce jusqu'à sept fois? »
Matthieu 18:21 — Louis Segond 1910« Jésus lui dit: Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois. »
Matthieu 18:22 — Louis Segond 1910« Et, lorsque vous êtes debout faisant votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi vos offenses. »
Marc 11:25 — Louis Segond 1910Élise — Le chemin du pardon passe par la plainte des psaumes et la remise du dossier au seul Juge juste — un lâcher-prise à recommencer autant de fois qu'il faut.
Emmanuel — Reconnaît que sa décision d'un matin a dû être reprise cent fois : décision et chemin tiennent ensemble, l'une ouvre la porte, l'autre la traverse.
« Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère; car il est écrit: A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. »
Romains 12:19 — Louis Segond 1910Élise — Ouvre le mot grec charizomai, « faire grâce » : le pardon est une grâce reçue à la croix qu'on laisse circuler — la source, jamais le gourdin.
Emmanuel — Converge : décision et chemin puisent à la même source, le pardon reçu en Christ ; il conclut par la prière.
« Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. »
Colossiens 3:13 — Louis Segond 1910« Jésus dit: Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. »
Luc 23:34 — Louis Segond 1910
Transcription de l'épisode
1. Un coup de fil, un matin
Emmanuel : Bonsoir à tous, et bienvenue dans Aux Sources. Ce soir, Élise, je dois t'avouer quelque chose. J'ai un peu le trac.
Élise : Toi, le trac ? Ça promet.
Emmanuel : Oui. Parce qu'on parle de pardon. Et je ne pars pas d'un livre. Je pars d'une blessure.
Élise : Ton ancien associé.
Emmanuel : Mon ancien associé. Douze ans de travail ensemble. Nos familles partaient en vacances ensemble. Rose l'appelait le tonton.
Élise : Mmh.
Emmanuel : Et un matin, mon comptable m'appelle. Des mouvements étranges sur les comptes. Depuis deux ans, cet ami détournait de l'argent derrière mon dos. Ça a précipité le dépôt de bilan.
Élise : Douze ans de confiance… et tu apprends ça par un coup de fil.
Emmanuel : Je… je suis resté assis dans la voiture, sans démarrer. Longtemps.
Élise : Tu sais à quoi ça me fait penser ? Au Psaume cinquante-cinq. David écrit : « Ce n'est pas un ennemi qui m'outrage, je le supporterais »… et puis : « C'est toi, que j'estimais mon égal, Toi, mon confident et mon ami! »
Emmanuel : C'est exactement ça. Un ennemi, on s'en méfie. Un ami, on lui avait donné les clés.
Élise : Et c'est là que le pardon devient une vraie question. Pas le pardon des petites rayures du quotidien. Le pardon quand ça coûte, quand ça a saigné. Et peut-être que quelqu'un nous écoute ce soir avec un nom précis en tête. Un visage. C'est pour lui, pour elle, qu'on parle.
Emmanuel : Alors voilà notre question du soir. Pardonner, c'est tout de suite… ou c'est en chemin ?
Élise : Et je crois qu'on ne répondra pas pareil, toi et moi.
Emmanuel : Je crois aussi. Moi, je le dis simplement : le pardon est une décision. Un acte d'obéissance à Jésus. On ne l'attend pas, on le pose.
Élise : Et moi je dirai : c'est un chemin que Dieu accompagne, pas à pas. J'ai vu trop de gens sommés de pardonner à chaud, comme on arrache un pansement. Vouloir forcer le pardon, parfois, ça brise au lieu de relever. Une cicatrisation forcée, ça se rouvre.
Emmanuel : Mmh.
Élise : Mais avant de nous chamailler fraternellement… il faudrait s'entendre sur le mot. Parce qu'autour du pardon, il y a beaucoup d'idées fausses. Et ces idées fausses font autant de dégâts que les blessures elles-mêmes.
Emmanuel : Alors déblayons le terrain. Là-dessus, je t'écoute.
2. Ce que pardonner ne veut pas dire
Élise : Première idée fausse : pardonner, ce serait excuser. Dire que ce n'était pas si grave, chercher des circonstances atténuantes à l'autre.
Emmanuel : Minimiser.
Élise : Minimiser, voilà. Or regarde Joseph, à la fin de la Genèse. Ses frères l'ont vendu comme esclave. Des années d'exil, de prison. Et quand il leur pardonne, il ne maquille rien. Dans Genèse cinquante, verset vingt, il leur dit : « Vous aviez médité de me faire du mal: Dieu l'a changé en bien. »
Emmanuel : Il commence par nommer le mal.
Élise : Il le nomme, en face. Le pardon commence par appeler la faute par son nom. Sinon ce n'est pas un pardon, c'est un déni. Et un déni, ça ne guérit personne.
Emmanuel : Tu sais que ça me libère, ça ? Pendant des mois, je croyais que pardonner, c'était me convaincre que ce n'était pas si grave. Et je n'y arrivais pas… parce que c'était grave.
Élise : C'était grave. Et Dieu ne te demandait pas de mentir. Il ne nous demande jamais de mentir.
Emmanuel : Mmh.
Élise : Deuxième idée fausse : pardonner, ce serait oublier. On l'entend partout, pardonne et oublie. Mais la mémoire ne s'efface pas sur commande. Une personne trahie se souvient, c'est humain. La vraie question, ce n'est pas la mémoire. C'est ce que le souvenir… enfin, ce que la blessure commande encore en nous.
Emmanuel : C'est-à-dire ?
Élise : Pardonner, c'est décider que l'autre ne me doit plus. Comme une ardoise qu'on cesse de présenter. Je me souviens de la dette… mais je ne viens plus l'encaisser. Ni en reproches, ni en froideur, ni en ruminations la nuit.
Emmanuel : Ne plus encaisser… mmh.
Élise : Et tu sais ce que ça change ? La personne ne squatte plus la maison. Parce qu'une rancune, ça se nourrit, ça s'entretient, ça réclame. On repasse les scènes, on aiguise les répliques qu'on aurait dû dire. Pardonner, c'est cesser de servir le couvert à la rancune.
Élise : Et il y a une troisième confusion, lourde de conséquences : pardonner et se réconcilier, ce n'est pas la même chose.
Emmanuel : Développe, ça.
Élise : Le pardon se joue d'abord dans mon cœur, devant Dieu, même si l'autre ne demande rien, même s'il ne reconnaît rien. La réconciliation, il faut être deux. Elle demande du temps, des actes… euh, des preuves de changement, disons.
Emmanuel : Et parfois elle n'est pas possible.
Élise : Ou pas prudente. Je pense aux situations de violence. Pardonner ne veut pas dire retourner se mettre en danger, ni remettre les clés de la maison à celui qui a fracturé la porte.
Emmanuel : Mmh.
Élise : J'ai accompagné une dame, une fois, dans le cadre de mon travail. Elle avait pardonné devant Dieu, dans la petite chapelle de l'hôpital, à quelqu'un qui lui avait fait beaucoup de mal. Elle m'a dit : je lui ai remis sa dette, mais je ne remonterai pas dans sa voiture. Les deux phrases tenaient ensemble.
Emmanuel : Elle avait compris les deux choses à la fois. Le pardon donné, la prudence gardée.
Élise : Et Joseph, d'ailleurs, a fait pareil : il a éprouvé ses frères avant de se faire connaître. Le pardon était déjà là ; la confiance, elle, se reconstruit.
Emmanuel : Bon. Maintenant qu'on a déblayé… laisse-moi défendre mon bout de la vérité. Jésus, sur le pardon, ne nous laisse pas une option.
3. Septante fois sept fois
Emmanuel : Dans Matthieu dix-huit, Pierre pose exactement notre question à Jésus. Tu te souviens de sa formule ?
Élise : Verset vingt et un : « Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il péchera contre moi? Sera-ce jusqu'à sept fois? » Il se trouve déjà très généreux, Pierre.
Emmanuel : Très généreux ! Et Jésus répond : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois. » Autrement dit : arrête de compter.
Élise : Mmh.
Emmanuel : Et Marc onze, verset vingt-cinq, est encore plus direct : « lorsque vous êtes debout faisant votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez ». Debout, en pleine prière. Là.
Élise : Et toi, tu l'as vécu comme ça ?
Emmanuel : Six mois après le coup de fil, je priais un matin dans la cuisine, tôt, avant que Rose se lève. Et impossible d'avancer. Comme un mur.
Élise : Le mur, c'était lui.
Emmanuel : C'était lui. Ce verset de Marc m'est revenu, tel quel. Le Seigneur ne me demandait pas d'attendre de ne plus avoir mal. Il me demandait de décider. Alors j'ai dit à voix haute : Seigneur, je choisis de lui pardonner.
Élise : Tu ne le sentais pas.
Emmanuel : Pas du tout. Je l'ai décidé. Mes sentiments n'ont pas bougé ce matin-là… mais la clé était posée sur la table. La cellule était ouverte. Et le prisonnier que je libérais, c'était moi.
Élise : Je te rejoins entièrement sur la décision, Emmanuel. Personne ne dérive vers le pardon par hasard, il faut un acte. Mais j'irais moins vite sur le tout de suite.
Emmanuel : Vas-y, bouscule-moi.
Élise : Dans mon métier, je croise des gens cabossés. Et j'ai vu ce que ça produit quand on dit à quelqu'un de fraîchement brisé : tu dois pardonner maintenant, sinon tu désobéis à Dieu.
Emmanuel : Mmh.
Élise : J'ai vu des personnes se forcer, proclamer un pardon du bout des lèvres pour être en règle… et s'effondrer plus tard, avec en plus la honte de ne pas y être arrivées. Le verset était devenu un gourdin. Et un verset transformé en gourdin, ça éloigne de Dieu au lieu d'en rapprocher.
Emmanuel : Un gourdin… c'est un mot fort. Mais je vois ce que tu veux dire.
Élise : Attention, je ne dis pas que le commandement est optionnel. Je dis qu'il s'adresse à un cœur que Dieu lui-même vient soigner. Chez Jésus, l'ordre et l'aide arrivent toujours ensemble.
Emmanuel : Mmh.
Élise : Et je l'ai vécu de l'intérieur. Après mon épuisement, il y a cinq ans, il y avait une personne au travail que je devais pardonner. Quelqu'un qui m'avait vue couler, qui le savait, et qui a chargé la barque quand même.
Emmanuel : Tu ne me l'avais jamais raconté comme ça.
Élise : Parce que ça a mis du temps à pouvoir se dire. J'ai mis presque deux ans. Pas par refus d'obéir. Parce que la blessure devait être regardée avant d'être remise. On ne peut pas donner à Dieu un paquet qu'on refuse d'ouvrir.
Emmanuel : Et Dieu, pendant ces deux années ? Il t'attendait au bout du chemin ?
Élise : Non, justement. Il marchait avec moi. Chaque pas. C'est tout mon point : le pardon est un chemin que Dieu accompagne. Il ne nous regarde pas ramer depuis le rivage. Il descend dans la barque. Et souvent, c'est lui qui rame.
4. Le chemin que Dieu accompagne
Élise : Ce qui m'a portée, ce sont les psaumes. Tu me connais. Parce que David ne pardonne pas proprement, en une phrase bien repassée. Il crie d'abord. Il dit à Dieu sa colère, sans filtre.
Emmanuel : Il dépose la plainte au bon guichet.
Élise : C'est exactement ça ! Et Paul dit la même chose dans Romains douze, verset dix-neuf : « Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés »… « car il est écrit: A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. »
Emmanuel : Mmh.
Élise : Pardonner, ce n'est pas déclarer que justice ne sera jamais faite. C'est remettre le dossier entre les mains du seul Juge qui juge juste. Voilà ce qui m'a pris deux ans : lâcher le dossier. Je le reprenais sans arrêt, la nuit surtout. Je refaisais les conversations, je plaidais, j'accusais.
Emmanuel : Le tribunal de trois heures du matin.
Élise : Tu connais aussi ? Et je vois la même chose chez les patients, tu sais. Une plaie qu'on recouvre sans la nettoyer, elle s'infecte en dessous. Le pansement propre par-dessus ne trompe personne. La colère rentrée, c'est pareil : elle travaille en dessous.
Emmanuel : Mmh.
Élise : Nettoyer, pour un cœur, ça veut dire nommer devant Dieu, pleurer s'il faut, dire l'injustice. Les psaumes m'ont prêté leurs mots quand je n'en avais plus. Et c'est une prière parfaitement honnête, ça aussi : Seigneur, voilà ma colère, je te la montre avant qu'elle me morde.
Emmanuel : Alors comment tu as lâché, finalement ?
Élise : Un jour, en priant, j'ai posé une chose toute simple : Seigneur, ce dossier est à toi. Si je le reprends demain, je te le rendrai demain. Et après-demain aussi. Septante fois sept fois, ça vaut aussi pour ça, tu vois. Reprendre le même chemin de remise, pour la même blessure, autant de fois qu'il faudra.
Emmanuel : Il faut que je sois honnête, du coup. J'ai décidé un matin, c'est vrai. Mais cette décision, j'ai dû la reprendre… je ne sais pas, cent fois ?
Élise : Ah, quand même.
Emmanuel : Chaque fois que le souvenir remontait. Ou que je croisais sa voiture en ville.
Élise : Donc ta décision était aussi un chemin.
Emmanuel : Oui. Tu m'as eu. Ma décision était le premier pas du chemin.
Élise : Et sans chemin, la décision devient un slogan. On dit je pardonne, et on garde le poison au frais. Mais sans décision, le chemin ne commence jamais : on attend un sentiment qui ne viendra pas tout seul. En fait, on tient chacun un bout du même câble.
Emmanuel : La décision ouvre la porte. Le chemin la traverse. Et Dieu tient la lampe sur les deux.
Élise : Et il y a eu un signe, pour moi, que le chemin débouchait quelque part. Le jour où j'ai réussi à prier pour cette personne. Pas contre elle, pas à propos d'elle. Pour elle. Demander à Dieu de la bénir… et le penser vraiment.
Emmanuel : Ça, c'est l'œuvre de Dieu.
Élise : Oui. Parce que la mienne, de force, elle s'épuise vite, je le sais bien. Et c'est pour ça qu'il nous reste la vraie question : d'où vient cette force, si elle ne vient pas de nous ?
5. Comme Christ vous a pardonné
Emmanuel : On y est. La source. Colossiens trois, verset treize. Élise, lis-le pour nous, tu veux ?
Élise : « Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. »
Emmanuel : De même que Christ vous a pardonné… Tout est là.
Élise : Et il y a un mot magnifique sous ce verset. En grec, pardonner, ici, c'est charizomai. Ça vient de charis… la grâce. Littéralement : faire grâce. Le pardon porte le mot grâce dans son nom. Paul ne dit pas seulement : passez l'éponge. Il dit : faites-vous grâce, de la même grâce dont Christ vous a fait grâce.
Emmanuel : Faire grâce… Donc le pardon n'est pas d'abord un effort à produire. C'est une grâce qu'on laisse circuler.
Élise : Reçue à la croix. Jésus, les clous dans les mains, prie dans Luc vingt-trois : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. »
Emmanuel : Et c'est pour ça que la croix ne peut pas être un gourdin. Le texte ne dit pas : pardonne, sinon gare à toi. Il dit : regarde combien tu as été pardonné. Et laisse déborder.
Élise : La croix comme source, jamais comme gourdin. Celui qui n'y arrive pas encore n'a pas besoin d'une menace. Il a besoin de revenir à la source, et de boire. De mesurer, tranquillement, tout ce qui lui a été remis à lui.
Emmanuel : Amen.
Emmanuel : Alors, avant de se quitter, du concret. Une chose faisable cette semaine. Élise ?
Élise : Écrire. Prendre une feuille et nommer la blessure devant Dieu, comme un psaume. Ce qui a été fait, ce que ça a détruit, ce que ça coûte encore. Sans embellir personne. C'est le premier pas du chemin, et Dieu le reçoit tel quel.
Emmanuel : Et j'ajoute une prière d'obéissance, même minuscule. Pas : Seigneur, donne-moi l'envie. Plutôt : Seigneur, je choisis de poser la clé sur la table. Viens faire le reste.
Élise : Et ce qui me touche, c'est que le même Seigneur qui commande le pardon est celui qui panse les cœurs brisés. Il ne commande jamais sans donner de quoi obéir. Alors si ce soir, même ça, c'est trop… dis-le à Dieu tel quel. Le bon Berger marche au pas des brebis blessées.
Emmanuel : Et pour finir, mon associé… on ne dirigera plus rien ensemble. Mais quand je prie pour lui aujourd'hui, il ne me vole plus ma paix. Ça, c'est la grâce.
Élise : Mmh… Merci de l'avoir partagé.
Emmanuel : Je prie pour nous. Notre Dieu, notre bon Papa, merci parce qu'en Christ tu nous as pardonné, une fois pour toutes. Pour ceux qui ont posé la décision et qui tiennent bon, donne la persévérance. Pour ceux qui sont encore en chemin, marche à leur pas, comme tu sais le faire. Que ta croix soit pour nous une source, jamais un gourdin. Au nom de Jésus, amen.
Élise : Amen.
Emmanuel : Merci de nous avoir écoutés. Et si Dieu veut, on se retrouve très bientôt… aux sources.
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